‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 13 sur 141 · PARTIE IV, — AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE IV, — AGRICULTURE

rendre dans une fosse à purin. Il est bien entendu qu'alors on évitera de l’arroser, de le couvrir et même de le comprimer, Si on voulait l'avoir décomposé, il suffirait de l’arroser quelques jours avant de l'employer.

Toutes ces précautions sont beaucoup plus nécessaires en Algérie que dans nos contrées, non-seulement à cause de la chaleur du climat, mais aussi parce que, dans la culture actuelle, on ne peut en général transporter les fumiers aux champs qu'à une seule époque de l’année, en automne, après que les premières pluies ont humecté la terre. Des colons m'ont assuré qu'on pouvait encore fumer au printemps, c'est-à-dire en février et mars ; mais que, dans ce cas, il était nécessaire de n'employer que du fumier décomposé, ou d’enfouir profondément le fumier frais,

\ 3. Litière. — Force des fumures. — Engrais divers. — Amendements.

La litière, qui sert à préparer au bétail une couche douce et sèche, à absorber la surabondance d'humidité des excréments, et à rendre ceux-ci plus facilement transportables, ne doit pas être donnée en aussi grande quantité en Algérie qu'en France, du moins pendant la saison chaude.

En France, la substance la plus généralement employée est la paille. En Algérie, comme dans tous les pays chauds, la paille a beaucoup plus de valeur que dans le nord, pour la nourriture du bétail, Les colons

seront donc obligés d’avoir en partie recours à d’autres matériaux.

Pendant les premières années, les makis (terrains couverts de broussailles ) leur fourniront le complément nécessaire sous ce rapport. Plus tard, ils trouveront dans le produit des élagages, dans le gazon des herbages destinés à être rompus, dans le foin grossier des prés marécageux, dans la terre des champs et des fossés, le tout joint aux pailles et fourrages gâtés, de quoi garnir de litière leurs étables et écuries.

Ajoutons qu'en été les logements des bestiaux doivent être vidés au moins tous les deux jours; en hiver, on peut ne les vider que toutes les semaines, pourvu que ces logements soient très aérés et disposés de manière à ce que les urines s’en écoulent facilement dans la fosse à fumier.

On sait que 20 mille kilog. de fumier par hectare sont une faible fumure; que 55 à 40 sont une fumure moyenne, et55 à 60 une forte fumure, quand on fume tous les quatre, cinq ou six ans.

Je rappellerai ici que dans les premières années d'une exploitation, surtout lorsque le sol est léger, il y a presque toujours avantage à fumer fréquemment, sauf à donner des fumures plus faibles.

Enfin, je rappellerai qu'outre les excréments des bestiaux, toutes les matières animales ou végétales qui ne sauraient recevoir ailleurs une application plus

fructueuse peuvent être utilement employées à la fertilisation du sol.

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