PARTIE IV, — AGRICULTURE
faut n'employer que des colliers bien faits, suffisamment longs pour ne pas comprimer les conduits aériens de l'animal, posant également sur les épaules, le poitrail et le garrot, et surtout munis d’une sousventrière assez serrée pour que le collier ne puisse remonter. Malheureusement le collier est assez cher, et il exige en outre traits, sous-ventriere, dossière et avaloir, c'est-à-dire un harnachement complet.
Sous ce rapport le joug double, tel qu'il est employé dans une grande partie de la France, présente de grands avantages. Une courroie pour chaque bœuf, une chaine pour la charrue et la herse, une simple cheville pour la voiture, tels sont les seuls accessoires qu'exige cet appareil. Aussi devrait-il être adopté partout sans les inconvénients graves qu'il présente. Les deux bœufs, liés l'un à l’autre par la tête au moyen de cette barre inflexible, se trouvent dans la position la plus gênante, la plus défavorable pour développer leurs forces. Ils s'entravent et se fatiguent mutuellement. De là cette lenteur, l'exiguité de la somme de travail qu'ils fournissent et le peu de forces qu'ils déploient. Ces malheureux animaux sont en outre horriblement tourmentés pendant les chaleurs par les mouches qui les piquent impunément à la tête, au cou, au poitrail, sans qu'ils puissent s'en défendre. Cette considération est très grave en Afrique où les insectes qui attaquent le bétail sont plus nombreux et plus dangereux qu’en Europe. Je n hésite done pas à repousser notre joug double, et je lui préférerais de beaucoup le joug arabe