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Une autre corde fixée aux cornes, comme la première, passe par la bouche et fait le tour de la mâchoire inlérieure. Une personne tenant l'anneau ouvert saisit d'une main les naseaux du bœuf, cherchant avec les doigts l’endroit où la paroi est la plus mince, et avec l’autre main elle perce cette paroï au moyen de l'extrémité À de l'anneau qui est pointue ; après quoi on ferme l'anneau en passant la pointe dans le trou E, et en la recourbant avec une pince. L’anneau est relevé par une courroie qui tient à la partie C, et passe autour des cornes, en sorte que l'animal n’en éprouve aucune gêne. Le taureau le plus méchant se laisse conduire, lorsqu'on le tient par la courroie.
Les colons feront bien d'adopter en Afrique l'usage sénéralement usité dans Ja Haute-Garonne et les pays voisins de couvrir les bœufs, pendant le travail, d’un drap en grosse toile qui prend depuis le cou jusqu'à la eroupe, et qu'on fixe au moyen de cordons attachés aux coins. Cette toile les garantira non-seulement des
PARTIE IV, — AGRICULTURE, 562 insectes, mais encore de la trop grande chaleur et de la pluie.
Dans l'état actuel des choses, la plupart des maladies des bêtes à cornes en Afrique sont le résultat de la pénurie de nourriture pendant l'été et l'automne, et de l’absence d’abri pendant l'hiver. Les colons remédieront à ces deux causes morbifiques; mais en traitant mieux leurs bestiaux ils n'éviteront pas toutes les maladies, car on doit s'attendre à voir les animaux devenir un peu plus délicats. Cela ne doit pas étre. tant s’en faut, un motif pour renoncer à un bon resime et aux soins que j'ai conseillés; si les bêtes indisenes sont robustes, ce n’est pas seulement parce qu'elles s’habituent peu à peæ à supporter les privations, le froid, la pluie, c'est surtout parce que tous les jeunes animaux de constitution faible suecombent et que les plus forts seuls résistent. Or, j'ai à peine besoin de dire que c’est là un très mauvais système, et qu'il est, au contraire, de l’intérèt bien évident du cultivateur de mener à bien tout ce qui naït chez lui. Il n’en est pas moins probable que, malgré la convenance du climat, la vigueur actuelle de la race, l'intelligence et les soins des colons, la présence de vétérinaires instruits deviendra souvent nécessaire en Afrique.
Le bétail constituera, pour les colons et pour la colonie tout entière, une branche tellement importante. qu'il serait vivement à désirer que le gouvernement établit dans chaque circonseriplion un médecin vétérinaire sortant des écoles; ce serait une nouvelle car-
rière ouverte à cette profession si injustement dépréciée chez nous, et cependant si utile et qui renferme tant d'hommes d’un savoir éminent.
Avant de quitter cet intéressant sujet, qu'on me permette quelques mots sur l’éntroduction en Algérie de certains animaux domestiques qui me paraissent devoir sy acclimater facilement et y présenter les mêmes avantages qu'ils présentent dans d’autres pays. Ce n'est pas que je ne sois très convaincu qu'avec les seuls bestiaux actuels de l'Algérie on ne puisse faire de l'excellente et lucrative culture; mais ce n'est pas une raison pour renoncer à un avantage de plus.
Le nombre de ces importations est, au surplus, fort restreint. Au buffle, dont j'ai déjà dit un mot, je me bornerai à joindre le /ama.
\ 13. Bufle.
Le buffle est, comme on sait, un animal des pays chauds, par conséquent de nature à s’accommoder parfaitement du climat de l'Algérie. Depuis longtemps paturalisé en Jtalie, il y rend de grands services. J’extrairai ce qui va suivre d'un excellent article qu'a publié sur ces animaux M. Lalanne, agriculteur dans les Landes : |
« L'éducation et l'entretien du buffle sont très faciles. Extrêmement sobre et peu délicat sur le choix de la nourriture, il s'accommode de toute espèce d’aliments, même les plus grossiers, se maintient en bon état avec la paille de seigle donnée telle quelle, et