PARTIE IV. — AGRICULTURE
Nous eroyons que le gouvernement doit profiter, dans l'intérêt des colons comme dans le sien, du pouvoir que lui donne sa qualité momentanée de distributeur d'instruments araloires, pour forcer les colons, au moins ceux des villages de première classe, à n’employer que de bonnes machines. Nous ne pensons pas quil éprouve beaucoup de résistance. Ces mêmes cultivaleurs qui, en France, se seraient obstinément refusés à changer d'instruments, trouveront probablement assez naturel que dans un pays où tout est nouveau pour eux, on leur impose l'obligation d'adopter de nouvelles charrues et de nouvelles méthodes de eulture ; car ici ils ne pourront plus s'appuyer sur cet éternel refrain qu'ils opposent à toutes les amélioralions : « Cela peut être bon ailleurs, mais chez nous cela ne convient pas; — si c'était avantageux dans notre contrée, 1l y a longtemps que nos pères l’auraient adopté, ete.»
Nous avons en France plusieurs fabriques d’instruments aratoires qui en confectionnent d'excellents, appropriés à presque toutes les circonstances. Je citerai en première ligne la fabrique de M. Mathieu de Dombasle, à Nanci, dirigée aujourd'hui par son gendre, M. de Meixmoron-Dombasie; puis celles de MM. Rielfel et Heuzé, à la ferme-modèle de Grand- Jouan, près Nantes; Bodin, à l'École d'agriculture de Rennes ; Rosé et Laurent, Mothes frères et Cambray, à Paris; Raflin, à Nevers; Lacroix, à Toulouse, Lacaze, à Nimes, etc,
ü4 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE.
Sans vouloir entrer dans de grands détails sur la construction et le mérite respectif des instruments provenant de ces fabriques, j'indiquerai cependant, à mesure qu'il en sera question, ceux d’entre eux qui me paraissent les mieux appropriés aux diverses circonstances de l'Algérie, et dont il conviendrait de doter ce pays.
SEcrion [l. — Labours et charrues.