‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 25 sur 141 · PARTIE IV, — AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE IV, — AGRICULTURE

vront nécessairement être cultivés avee des instruments altelés, et c’est en partie parce que je suis profondément convaincu de cette nécessité que j'insiste beaucoup pour qu'il soit donné partout, aux colons cultivateurs, une étendue de terre qui leur permette d’entretenir l’attelage nécessaire à ces instruments. Si l’on veut que la colonisation réussisse, il faut, je crois, renoncer entièrement à l'idée que paraissent avoir eue quelques personnes, d'établir en Algérie une population de cultivateurs à la bêche, auxquels on ne concéderait que À ou 2 hectares de terrain. Encore une fois, il s’agit, non pas de fairerendre le plus possible à chaque hectare de superficie, mais de faire gagner le plus possible à chaque famille.

Tout en repoussant l'emploi fréquent des labours à bras, je dois cependant mentionner ici un instrument que je considère comme un des meilleurs pour l'exéculion de ces cultures, surtout dans les sols durs, pierreux ou remplis de racines, c’est la bêche à deux el trois dents, qu on appelle aussi bidentet'trident. West à désirer que cet instrument soit adopté par les colons et remplace la bèche ordinaire dans les cas indiqués, de même que dans les cultures données au pied des arbres et de la vigne, pour l’arrachage des pommes de terre, des batates, de la sarance, ete.

Ÿ 2, Espèces de labours convenables en Algérie.

Nous venons de dire que le labour à la charrue était

le seul que les colons pussent adopter d'une manière IT. 5

générale et régulière, dans la eulture proprement dite. Il est done nécessaire d'entrer dans quelques détails sur les diverses manières d'exécuter cette importante façon.

Il y a d'abord les labours à plat et les labours ex billons; il y a ensuite les labours superficiels et les labours profonds.

Les labours à plat conviendraient dans beaucoup de localités de l'Algérie, s'ils n’exigeaient l'emploi d'une espèce de charrues essentiellement défeetueuses, les charrues tourne-oreille. À la vérité, il existe des charrues qui, sans être à tourne-oreille, font des labours à plat: ce sont les charrues à double corps comme celles dites jumelles, de M. de Valcourt, Guimbarde, ou dos-à-dos, de M. de Dombasle, et la même perfectionnée par M. Paris. Ces instruments fonctionnent très bien, mais ils sont lourds, compliqués et chers; et comme, en définitive, le labour à plat n’est nécessaire que pour les terrains en pente rapide, c’està-dire pour les terrains qu'on devra bien se garder de cultiver, et qu'il faudra, au contraire, laisser en bois, il n’y a aucune raison pour introduire en Algérie le labour à plat, et dès lors les instruments propres à l'exécuter.

Ce genre de culture devra donc être rejeté et remplacé par le labour en billons, un peu plus difficile, mais plus régulier, qui se prête à toutes les circonstances de sol et de climat, et qui, d’ailleurs, permet l'emploi de bonnes charrues.

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