‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 4 sur 141 · PARTIE IV, — AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE IV, — AGRICULTURE

en 4815 que Mathieu de Dombasle construisait sa charrue ; ce n’est qu'en 4840 que quelques paysans, voisins de Roville, se sont enfin décidés à en acheter.

Si la grande culture est utile partout, on peut dire qu'elle est indispensable en Algérie; car là il ne s’agit pas, comme en France, de perfectionner une chose qui existe, une agriculture sans doute plus ou moins défectueuse, mais enfin appliquée de longue date, et donnant déjà des résultats ; il s’agit de créer de toutes pièces un système de culture, dans un pays à peu près inculte, sans faits antérieurs, sans antécédents qui puissent servir de guide, et au milieu de circonstances agricoles entièrement différentes de celles qui règnent en Europe. Autant vaudrait charger un aveugle du tracé d’une route dans une localité nouvelle pour lui, que d'attendre de nos petits cultivateurs la combinaison d’un système rationnel de culture dans une oceurrence semblable.

Que l’on cesse done de se montrer hostile à la grande propriété qui, en Afrique, deviendra forcément de la grande culture. Si elle peuple moins que la petite, qu'on ne perde pas de vue qu’elle est une condition indispensable au succès de celle-ci. Ces messieurs, que quelques personnes semblent vouloir mettre à l'index aujourd'hui, non-seulement apporteront en Algérie les capitaux qui seuls peuvent vivifier le pays, et dont profiteront naturellement les colons-paysans, mais encore ils se livreront aux études et aux essais nécessaires pour arriver à la connaissance des assolements,

16 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE, procédés, plantes, bestiaux, instruments, spéeulalions les plus appropriés aux circonstances diverses du pays, pour trouver enfin celte voie dans laquelle s'engagera la petite culture.

Sans doute le monsieur a un inconvénient : 1l n’est pas d'aussi bonne composition que le paysan, et ne s'accommode pas aussi facilement que lui du régime iilitaire exercé avec rudesse ct arbitraire. Peut-être est-ce là une des raisons pour lesquelles plusieurs chefs supérieurs repoussent la grande culture, raison qu'ils ne s'avouent pas, mais qui n'en est pas moins forte. J'ainéanmoins assez de confiance dans leur patriotisme et leurs lumières pour croire que, mieux renseignés sur cette question, ils ne persisteront pas dans leurs préventions contre l’un des premiers éléments de succès de la colonisation, et ne voudront pas justifier ce reproche qu’on leur a déjà adressé, de mettre leurs convenances personnelles au-dessus de l'intérêt du pays.

D'un autre côté, la grande culture, qui seule ne saurait peupler convenablement notre colonie, ne saurail pas davantage se suflire à elle-même, Quel que soit le système agricole qu’elle adopte, à certaines époques elle aura besoin d’un supplément de bras qu'elle ne pourra {trouver que dans Ja petite culture. De la réupion de la #rande et de la petite culture, en Algérie, peut donc seul résulter le succès de la colonisation, car elles viendront se compléter mutuellement.

il serait à desirer qu’il y eùt au moins une et plutôt

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