PARTIE IV, — AGRICULTURE
canaux secondaires, même pour les terrains qui touchent à la grande dérivation, car il est de règle de ne jamais arroser directement par celle-ci, afin de ne pas être obligé d'y multiplier les ouvertures et les barrages. On établit done toujours, comme je l’ai dit plus haut, soit parallèlement, soit perpendiculairement au canal principal, suivant les circonstances, un canal secondaire qui reçoit par une seule bouche toute l'eau nécessaire à la superficie arrosable et donne cette eau directement aux rigoles d'arrosage ou à des rigoles de conduite et de distribution qui alimentent ces dernières.
Une irrigation bien entendue présente ainsi..le tableau renversé de ce que nous voyons dans la nature où l'eau coule d’abord en petits filets, qui par leur réunion forment des ruisseaux, puis des rivières et enfin des fleuves, où le mouvement, en un mot, se fait des brindilles vers le tronc, tandis que dans l'irrigation l’eau se dirige du tronc vers les brindilles.
A ce que j'ai dit plus haut sur les canaux secondaires et le canal principal, je me bornerai à ajouter que les premiers peuvent recevoir une pente plus forte que ce dernier, et qu'en général, l’eau doit y couler assez rapidement, surtout dans des terrains perméables, pour que les infiltrations soient aussi faibles que possible.
Les canaux secondaires demandent presque toujours à être construits en remblai et avec beaucoup de soins. |
Quant aux rigoles de conduite et de distribution, ce
sont de petits canaux secondaires, destinés à alimenter un certain nombre de rigoles d'arrosage qui ne communiquent pas directement avec le canal secondaire. Leurs dimensions, comine celles des autres canaux , varient à l'infini, suivant le volume d’eau et la pente.
En traitant des divers systèmes d'arrosage, j'ai parlé des rigoles d'irrigation. A ce que j'en ai dit j'ajouterai que, autant que possible, l'espace arrosé par une rigole ne doit pas dépasser 42 mètres de largeur. Quant aux rigoles mêmes, on leur donne en moyenne 0°,45 à 0°,25 de largeur sur 0",40 à 0",42 de profondeur; plus dans les terrains légers, moins dans les terres fortes.
J'ai également signalé les canaux et les rigoles de desséchement, où ce qu'on appelle les grands et les petits colateurs. W me suffira de dire ici que ces canaux qui, de même que les cours d’eau naturels, occupent la partie la plus basse, le thalweg, du terrain, exigent en général plus de pente que les canaux d'arrosage. La seule limite, sous ce rapport, est dans le danger d’occasionner la dégradation du lit.
Si les colateurs ne servaient qu'à écouler l’excédant des eaux d'arrosage, c’est-à-dire les cofatures, ils seraient Ja plupart peu utiles en Algérie, où, comme je l'ai déjà dit, il conviendra généralement de réduire les colatures à zéro ou à peu près. Mais ces canaux seront souvent indispensables pour écouler les eaux pluviales de l'hiver,