PARTIE IV, — AGRICULTURE
serait la plupart du temps une économie mal entendue que de supprimer le seuil.
Il est à peine nécessaire d'ajouter que cette pièce est permanente, attendu qu'elle ne gène en aucune manière le courant, lors des crues. Il en est de même des poteaux de soutènement. Quant aux poutrelles, fixées seulement par de simples chevilles de bois, quand elles le sont encore, elles s'enlèvent dès que cesse l'arrosage.
Dans les cours d’eau dont les bords sont en terre, mais où il convient, du reste, d'adopter ce système de barrage, on établit non-seulement un seuil, comme nous venons de le dire, mais encore deux poteaux doubles ou simples, placés de chaque côté et destinés à maintenir les poutrelles. On leur donne une rainure dans laquelle entrent les planches ou les poutrelles. Quand l’eau passe habituellement par-dessus le barrage, on établit, contre le seuil et en aval de celui-ci, un
radier, C'est-à-dire un plancher destiné à protéger
Figure 49,
le sol du lit contre les affouillements. Les figures 49
et 50 sufliront pour donner une idée exacte de ce
genre d'ouvrage.
Figure 50,
Les poteaux à rainure doivent être noyés dans les bords de la rivière, et avoir par conséquent la même inclinaison que ceux-ci.
Comme il est très essentiel de ne perdre aucune portion de l'eau dans l’étiage, les barrages, quels qu'ils soient, doivent être parfaitement étanches, c’est-à-dire parfaitement imperméables, surtout dans la partie inférieure. On conçoit, dès lors, que les deux barrages précédents ont besoin de quelques accessoires pour remplir complétement ce but. On les rend étanches, d'abord en bouchant les interstices qui règnent entre les poutrelles, avec du foin et de la mousse; ensuite, si cela ne suffit pas, en garnissant le seuil, en amont, de terre glaise sur laquelle on place une ou plusieurs couches de gazon qu'on élève contre les poutrelles jusqu'au niveau que doit atteindre l’eau pour alimenter convenablement le canal.
Lorsque le fond de la rivière est en terre friable, on doit, pour prévenir les affouillements, placer le seuil
PARTIE IV, — AGRICULTURE, 193 sur une rangée de palplanches où de pilots enfoncés côte à côle et coupés à quelques centimètres au-dessous du sol, comme on le verra plus loin pour les vannes.
On est obligé d'enraciner le barrage dans les bords lorsqu'ils ne sont pas formés de matériaux résistants. A cet effet, on y pratique une tranchée que l’on garnit de pierres ou dans laquelle on fixe des pieux qu'on réunit par un clayonnage.
Dans les Pyrénées-Orientales, on établit encore des barrages à peu de frais, avec des chevalets consistant en une pièce de bois brut, en tête de laquelle on fixe deux pieds (figure 54). Sur les chevalets sont plactes
Figure 51,
TANIE SAULT
des planches et des fascines assujetties par des pierres,
du gazon et de la terre. Ces barrages peuvent égale-
ment être démolis facilement à l'approche de l'hiver. IF, 12
Les petits pilots qu'on aperçoit au pied des chevalets sont destinés à retenir les pierres et dalles qui empéchent les affouillements, lesquels pourraient occasionner la chute des chevalets.
Enfin, on emploie aussi, pour barrer un cours d’eau, les vannes ordinaires à coulisses.
Ces vannes sont simples ou doubles selon la largeur du cours d’eau. Les figures 52 à 54 représentent une vanne double.
La figure 52 donne l’élévation de côté, la figure 55
Figure 52.
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