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PARTIE IV, — AGRICULTURE

le plan du seuil et du squelette du radier, la figure 54, l'élévation de face.

Figure 54.

Ces vannes conviennent surtout lorsqu'on ne dispose de l’eau qu'à certains intervalles et qu'on tient alors à en élever le niveau le plus possible.

La hauteur du barrage est réglée en France par décision administrative. Cette hauteur doit être telle que Jes propriétés riveraines, en amont, ne puissent en souffrir. Il en sera nécessairement de même en Algérie. Mais, à part cette considération, qui, dans beaucoup de localités sera nulle, la hauteur du barrage dépend également du but que l’on a en vue. S'il s’agit de détourner la totalité de l’eau que contient le ruisseau dans son état ordinaire, le barrage devra nécessairement être plus élevé que lorsqu'on n’en prend qu'une portion. Dans ce dernier cas, le barrage sert habituellement comme déversoir. Dans le premier cas, 1l ne le devient qu'exceptionnellement, lors des grandes eaux. Comme tout barrage peut devenir déversoir, on

196 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. l'établira en conséquence, e’est-à-dire qu'on prendra les dispositions nécessaires pour que l’eau qui passe par-dessus le barrage ne dégrade pas le lit de la rivière. Nous venons de décrire plusieurs moyens également propres à atteindre ce but. Une méthode aussi fort usitée, c'est d'offrir à l’eau un plan incliné sur lequel elle coule sans affouiller et qu'on termine soit par un enrochement, soit par une espèce de piscine ou d’excavation.

Dans les barrages importants établis sur des cours d'eau à régime irrégulier, on pratique soit sur les bords, soit dans le barrage mème, un ou plusieurs canaux de décharge destinés à donner issue à la surabondance des eaux, lors des crues.

Quant à la place du barrage relativement à la bouche du canal, elle varie suivant un grand nombre de circonstances.

On est dans l'habitude de l’établir à 5 ou 4 mètres et plus, en aval de la prise, quand le cours d’eau charrie beaucoup, afin que la bouche ne soit jamais obstruée. Dans ce cas, le barrage reçoit ordinairement une direction perpendiculaire au courant, à moins qu’on ne tienne à détourner celui-ci de l’un des bords où les affouillements sont plus à craindre que sur l’autre. Mais, lorsqu'on ne redoute pas l’ensablement, on fait partir le barrage de l’épi mème de séparation, et on lui donne ordinairement une direction oblique qui porte le courant vers le canal. La figure suivante, qui représente un barrage établi sur l’Adige, en Lom-

PARTIE IV, — AGRICULTURE. 197 bardie, fournit un exemple d’une disposition de ce genre.

Figure 53.

TAIEBAULT

U ex

On comprend déjà que À (figure 55) est le barrage; B, le canal d'arrosage ; €, le canal de décharge; D, un perré construit pour empêcher que la rivière ne se fasse jour à côté du barrage; et Æ , est la rivière.

Cette disposition est surtout utile lorsque la rivière a très peu d’eau pendant l’étiage.

Prise d’eau. — Quelque simple et primitif que soit un canal d'arrosage, il faudra cependant donner des soins particuliers à tout ce qui concerne sa prise d’eau ou bouche. La largeur et le niveau du seuil de la bouche auront naturellement été déterminés dans l'acte de concession. Îl est essentiel que ces dimensions restent toujours les mêmes, ce qu'on ne peut obtenir qu'en revêtant le seuil et les bords de la prise, sur une longueur plus ou moins grande, de matériaux résistants, dalles, maçonnerie, bois où mème clayonnages. Ce dernier convient peu pour les bords du canal, mais on l'emploiera avantageusement pour les bords du cours d'eau entre le barrage et la bouche, et en amont de

celle-ci. Les pierres taillées ou autres et les pilots sont préférables pour la pile aiguë qui forme l’épi de séparation.

Pour les petites dérivations, un revêtement en planches formant une espèce de coursier, partant de la bouche et allant jusqu’à la vanne qui est placée à un mètre, plus ou moins, de celle-ci, est souvent ce qu'il y a de mieux.

La vanne qui doit se trouver dans tout canal d’arrosage, un peu enaval de la bouche, est destinée à empêcher l'introduction de l’eau à temps inopportun, et à régler le volume qui doit en arriver dans le canal. Elle est indispensable, même lorsqu'on a également une vanne pour barrage.

On la construit comme celle qui a été mentionnée précédemment, si ce n'est qu'on lui donne un seul pale, et en général des dimensions moindres. Du reste, les détails d’une vanne de ce genre avec l’espèce de coursier qui la précède et forme la bouche même du canal sont représentées par les figures 56, 57, 58 et 59.

Figure 56. Figure 57.

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