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PARTIE IV, — AGRICULTURE

Figure 62.

EM IDE AL pareille. Ces constructions sont trop généralement connues en France pour qu'il soit nécessaire d'en donner iei une description plus détaillée.

Les siphons en bois sont, je erois, les seuls qu'on pourrait appliquer avec avantage aux petites dérivations de l'Algérie.

Partiteurs. — L'épi qui sépare les deux branches d’un canal demande à être construit avec le plus grand soin, car la quantité d’eau que reçoit chacune des branches en dépend. C’est cet épi qui a reçu le nom de partiteur.

Quand on divise un canal en deux branches symétriques, nulle difficulté. L’arête du partiteur est placée dans la ligne du milieu du canal. Les deux embranchements divergent sous le même angle et ont Ia même section et la même pente. Le volume d’eau se trouve donc partagé en deux parties égales. Mais cette régularité cesse dès qu'il s’agit de donner à un embranchement une fraction autre que la moitié. Pour comprendre ce fait, il suffit de se rappeler que l'eau coule

moins vite près des bords qu’au milieu, de sorte que, même dans un canal à section rectangulaire, le partiteur, placé au tiers de la largeur, par exemple, ne donnerait pas un tiers de l’eau à l’embranchement. La différence entre ce qu’on obtient et ce qu’on devrait obtenir, si la vitesse de l’eau était uniforme dans toute la section, est d'autant plus grande que la fraction s'éloigne davantage de la moitié.

On n'arrive à compenser cette différence que par des moyens qui n’ont eux-mêmes rien de rigoureux. Ainsi, pour donner à un embranchement le tiers, le quart du volume d’eau d’un canal, on place le partiteur de manière à ce que cet embranchement ait un peu plus du tiers, du quart de la largeur ; ou bien, on établit le seuil du petit embranchement plus bas que celui du grand ; car il est nécessaire d’établir un seuil à l’origine de chaque branche et jusqu'à une certaine distance en aval du point de partage, pour régler les pentes de l’eau ; ou encore, on place en amont et en face de la branche principale qui serait trop favorablement partagée, une petite pile avancée ayant pour objet de rejeter le courant vers la branche latérale.

Les partiteurs ne doivent être établis que sur des portions rectilignes des canaux, dont les sections sont régulières et comprises entre deux plans bien parallèles, sur une longueur d'au moins 40 ou 50 mètres.

Les piles des partiteurs se terminent par une arête. On les fait en bois ou en pierres taillées.

$ 5. Des sources,

Je crois devoir extraire, de l'excellent ouvrage déjà cité de M. Nadault de Buffon , sur les canaux d’arrosage, quelques détails sur ce sujet qui, en Algérie, a beaucoup plus d'importance encore qu’en France.

Nous avons journellement la preuve qu'il est possible de faire surgir à la surface du sol, à l’aide de quelques travaux souvent fort peu coùteux, des sources qui se perdaient entre deux terres.

Malheureusement la recherche des sources n’est pas chose facile. Voici néanmoins quelques indications qui meltront sur la voie. On peut soupçonner la présence d’une source :

Dans les places où, pendant l'été, l'herbe a conservé plus de fraicheur, et, si c’est une terre arable, où le sol garde une couleur plus foncée qu'ailleurs ;

Là où, dans la même saison, des moucherons voltigent en colonne et se tiennent en un même endroit, à peu de distance au-dessus du sol ;

En toutes saisons, sur les points où des vapeurs s’élèvent lematin et le soir. On distingue ces vapeurs, à la pointe du jour, en se couchant sur terre et regardant avec attention dans la direction du soleil levant.

Mais, à part les sources qui n'existent pas encore, il est également bien constant, que par des travaux intelligents, on peut accroître le débit de celles qui sont déjà en activité et les empécher souvent de tarir pendant l'été.

Voici, pour l'un et l'autre cas, comment on procède en Lombardie, suivant M. Nadault de Buffon :

« On commence par creuser un puits jusqu'à la profondeur nécessaire pour v mettre distinetement en évidence les jets des différentes sources qui se manifestent généralement à un même niveau. On élargit l'excavation à mesure que l'on découvre de nouvelles sources, et l'on se procure ainsi un bassin, que l'on nomme dans le pays tête de fontaine.

« Quand, par la découverte de plusieurs sources, on a formé une tête de fontaine d’une capacité plus ou moins grande, ces sources que, dans ce cas, on nomme en Lombardie yeux de fontaine, étant ainsi mises à nu par les déblais, sont exposées à s’obstruer promptement, soit par l’éboulement des terres de la fouille, soit par la chute de divers corps étrangers dans le bassin,

Figure 63. soit enfin par des matières que l’eau jaillissante charrie assez fréquemment. Dès lors il est d’une grande importance pour la conservation des ouvrages que l’on pourvoie à cet

inconvénient.

« Le moyen que l’on emploie consiste à placer sur chaque source une

tinelle (tina ou tinella), espèce de

tonneau de forme cylindrique ou

légèrement conique, en bois d'aune

ou de chêne, représenté par la fi-

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