‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 60 sur 141 · LL LS 7Z · texte numérisé non relu

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THIEBAULT

« Leur hauteur est variable suivant celle du niveau que l’on juge devoir maintenir dans ce bassin; leur épaisseur varie de 0",05 à 0,05; elles sont couvertes ou non et reliées par trois cercles de fer, et mieux par quatre.

«On pratique dans le bord supérieur des tinelles, figure 65, une échancrure proporlionnée au débit de chaque source.

« La source qui doit former une tête de fontaine est poussée ordinairement jusqu'à 0,50 au moins en contre-bas du niveau où les sources jaillissent distinetement.

« L'action de la source sur les parois plus ou moins molles du conduit souterrain par lequel elle coule entraine loujours avec elle des particules terreuses qui se déposent naturellement dans le premier récipient qu'elles rencontrent, et ce récipient est la tinelle elle-

206 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. même. L'expérience prouve, en effet, qu'il faut assez souvent recourir à un véritable curage dans l’intérieur de cés linelles où l’on rencontre de la vase en plus grande quantité que dans le reste du bassin environnant. »

Ce curage doit être fait avec précaution pour que la vase n'engorge pas la source.

Quand on a terminé les déblais d’une tête de fon-

taine, on ouvre la rigole de dérivation. La figure 65 Figure 65.

SE

représente une de ces têtes de fontaines, dont la fig. 64 est la coupe suivant AB. |

Quand le produit de la source est faible et Le terrain où doit passer la rigole de dérivation assez perméable pour faire craindre une grande perte d’eau, on emploie de petites conduites en bois ou en terre cuite ayant la forme d’un demi-tuyau.

(6. Travaux de terrassement.

Je me bornerai ici à quelques indications pratiques

PARTIE IV, — AGRICULTURE, 207 pour les personnes qui ont peu l'habitude des travaux de ce genre.

Soit qu'on exécule des redressements de terrain pour en rendre le relief propre à l'arrosage, soit que l’on creuse un canal, on commence toujours par faire, sur le terrain, le tracé de la figure au moyen de jalons. On les remplace ensuite par des piquets qui sont plantés, avec le secours du niveau, de façon à être tous à la même hauteur au-dessus de la surface future du sol, à la place où ils se trouvent. Je suppose que sur un certain point qui deviendra, par exemple, le sommet d’un billon, il faille exhausser le sol de 0",20, et qu’à 6 mètres plus loin il soit au contraire nécessaire de l’abaisser de 0°,60 : si le piquet planté sur le premier point dépasse le niveau actuel du sol d’un mètre, le piquet planté sur le second point ne devra le dépasser que de 0",20. Les deux piquets seront ainsi à 0°,80 au-dessus de la surface lorsque le terrassement sera fait, car 4°®,00— 0°,20 — 0",80, et 0,60 + 0",20 —0",80. Lorsqu'ils’agit de déblais dont la hauteur dépasse celle du piquet, on fait un trou en forme d’entonnoir et plus ou moins profond, au milieu duquel on enfonce le piquet à la hauteur voulue. S'il faut, au contraire remblayer, on le plante sur une butte artificielle assez levée pour que la tête du piquet soit dans le rapport voulu avec le niveau qu'on veut donner au sol, dans cet endroit.

Quelques personnes marquent en outre, sur chaque piquet, au moyen de crans, le nombre de centimètres

de remblais ou de déblais qu'il faut exécuter sur ces points, lorsqu'elles craignent des erreurs par le déransement des piquets.

Quand on arrive, dans les déblais, plus bas que n'est le piquet, on a soin de laisser autour de celui-ci une petite butte en sol naturel, afin de lui conserver un appui suffisant. D'ailleurs ces témoins, comme les appellent les ouvriers, servent à calculer le cube des déblais, par conséquent le travail exécuté. |

Il est indispensable que les piquets soient très solidement fixés en terre. Et néanmoins, on ne doit commencer ni terminer aucun travail dans lequel le piquet sert de guide, sans avoir à plusieurs reprises vérifié sa position au moyen des nivelettes (voyez plus loin). *

Les piquets doivent ètre placés d’abord partout où il y a changement de direction, soit du plan, soit de la ligne, lors même que ces changements seraient très rapprochés les uns des autres; ensuite, à défaut de changement, à une distance de 10, 45 ou 20 mètres. Pour terrasser dans cet intervalle, tout en conservant au {terrain la pente uniforme ou la parfaite horizontalité qui est nécessaire, l'ouvrier emploie deux moyens: pour les petites distances de 40 à 42 mètres, il tend fortement un cordeau, soit de la tête d’un piquet à la tète de l’autre, soit d'un point quelconque des deux piquets situé à la même distance au-dessous de la tête. Le cordeau, fortement tendu dans cette position, est pour eux un guide sûr, qui, au moyen d’une règle,

PARTIE IV. — AGRICULTURE. 200 leur indique S'il faut remblayver ou déblaver ; l'autre méthode, dont on fait usage lorsque les piquets sont trop éloignés l’un de l’autre pour que le cordeau conserve une direction rectiligne, consiste à planter, dans l'intervalle qui sépare deux piquets principaux, un cer- {ain nombre de petits piquets. Au moyen de trois nivelettes où piquets à voyant dont nous parlerons plus loin, on enfonce ces petits piquets intermédiaires de facon à ce que leurs têtes se trouvent en ligne droite avec celles des deux piquets principaux et représentent exactement l'inelinaison que doit recevoir le terrain. La figure 66 montre une ligne de petits piquets placés

Figure 66.

ainsi entre deux piquets principaux ST", et auxquels on à donné la hauteur convenable, en visant avec la nivelette de l’une des extrémités à l'autre. Quant aux piquets principaux, c'est, comme je lai dit, avee le secours du niveau qu'on a fixé leur position au-dessus du sol.

Enfin, les ouvriers ont encore le niveau de maçon pour se guider.

Lorsqu'on creuse un canal, on place les piquets sur l'axe même, c'est-à-dire sur la ligne du centre du canal. Mais, de chaque côté du piquet central, qui indique seulement la profondeur à laquelle on doit creuser, on plante deux autres piquets : le premier,

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210 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. qui marque la largeur du plafond ; le second, Fouverture du canal au niveau du sol.

La largeur du plafond a été déterminée d'avance lorsqu'on a caleulé la section. Quant à la largeur au niveau du sol, elle dépend des talus et de la profondeur du canal. Lorsque l’on connait cette profondeur et l’inclinaison des bords, il est toujours facile de déterminer la largeur au niveau du sol par le moyen

suivant :

Appelant B la base pour 1 de hauteur du talus; H la profondeur ; L la largeur du plafond; X la largeur à la surface ; On aura : X = 2 BH —- L.

Cette formule revient à la règle suivante : multipliez la profondeur par le double de la base pour 4 de hauteur qu'ont les talus; ajoutez au produit la largeur du plafond. La somme obtenue sera la largeur du eanal au niveau du sol.

Dans tous les travaux agricoles de terrassement, une règle très essentielle, en France et dans tout le nord, c'est de remettre toujours la terre végétale en dessus, quelque considérables que soient du reste les remblais ou déblais.

Sans être inutile, cette règle n’a pourtant pas la même importance en Algérie qu'en France. La terre y mürit plus vite que dans le nord. Presque jamais elle n’y est tourbeuse, acide. On n’aura done besoin de procéder ainsi que lorsque le sous-sol qu'on aura

PARTIE IV. — AGRICULTURE. 211 mis à nu sera évidemment de mauvaise nature, pierreux, sablonneux, ferrugineux, etc.

Dans les Vosges et en Allemagne, on considère comme indispensable, pour créer une bonne prairie arrosée, d'en couvrir la superficie de tranches de gazon, après les terrassements faits et avant la première introduction de l’eau. Je crois que cette pratique qui est fort coûteuse, et même l’ensemencement en graines de pré, seront complétement inutiles en Algérie, grâce a la rapidité avec laquelle y pousse l'herbe dans tous les terrains.

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