‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 66 sur 141 · PARTIE 1V, — AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE 1V, — AGRICULTURE

Quant aux eaux fortement salées, on pourra presque toujours en tirer un très bon parti au printemps et en automne, {ant qu'elles sont troubles et abondantes, car alors elles sont ordinairement peu salées et elles ne donnent pas lieu, comme en été, à des efflorescences salines.

Les eaux qui ont déjà servi à l’arrosage, c’est-àdire les eaux des colatures, sont inférieures aux autres, tant 1l est vrai que l’eau n’agit pas seulement en désaltérant les plantes, mais encore par les matières solides qu'elle tient en suspension ou en dissolution.

$ 2. Nature du sol.

Je crois qu'il n'y a pas en Algérie une seule terre qui ne puisse retirer un excellent effet de l'arrosape, sans même en excepler la terre argileuse compacte et froide sur laquelle l'irrigation, dans le nord, donne peu de résultats ou mème des résultats négatifs.

En revanche, il est des terres qui exigeraient une telle masse d'eau, qu'un volume donné d’eau y produirait nécessairement moins d'effet qu'ailleurs. L'exemple que j'ai cité de ce terrain sablonneux des environs de Paris , exigeant de 50 à 60,000 mètres cubes par hectare, en est la meilleure preuve. Il en faudrait peut-être le double en Algérie sur une terre de cette nature, et cela pour y produire moins cependant qu'une bonne terre qui ne recevrait que 40 à 14,000 mètres cubes.

1 faudra donc se garder d’y suivre, sous ce rapport, Ir. 16

242 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. les errements de l'Europe, où l'on a pour règle génévale de consacrer l'eau de préférence aux terres sablonneuses, légères et perméables.

Le sol tourbeux (on sait qu'il en existe fort peu en Algérie), quoique plus léger et non moins perméable que le sol sablonneux, retient cependant mieux l'humidité que celui-ci. Dans le nord, on a l'habitude d’arroser ce genre de terrains à grande eau, afin d’en opérer le lavage. Je pense qu'en Algérie cette précaution serait inutile.

L'exposition, comme la nature du sol, influe également sur le résultat de l’arrosage. S'il est probable que celui-ci sera plus efficace dans les expositions au midi que dans celles au nord, il est à croire, en revanche, que, toutes choses égales d’ailleurs, il y faudra une plus grande quantité d'eau. L'expérience prouve, du reste, que sous ce rapport aussi nos idées septentrionales sont erronées en Algérie. En effet, les terrains les plus complétement exposés au nord n’en éprouvent pas moins un excellent effet de l'arrosage.

Ÿ 3. Engrais et amendements.

J'ai constaté plus haut la nécessité des engrais en Afrique. On a vu que dans ce pays, comme en Europe, la terre ne peut produire indéfiniment sans s’épuiser, et que, pour éviter l’appauvrissement qui suit infailliblement la production non interrompue d’un certain nombre de récoltes , il n’y a que deux moyens : le repos prolongé et les engrais.

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