PARTIE 1V, — AGRICULTURE
Si l’on arrose par infiltration, par planches ou par submersion, on met toujours l'eau immédiatement après avoir ensemencé, Dans les arrosages par ruissellement, surtout sur les pentes, il est bon de ne le faire que lorsque la récolte a levé et a atteint déjà une cerfaine hauteur, à moins que la terre ne soit trop sèche pour que la germination puisse s'effectuer promptement; mais on ne donne alors qu'un léger arrosage.
La manière de conduire l'eau varie suivant la nature du sol et suivant les récoltes. Dans les sols perméables, on dispose la superficie de façon à ce que l’eau se répande rapidement sur le terrain, car si elle coulait lentement, elle s’infiltrerait dans les rigoles ou à proximité, sans arriver jamais aux parties éloignées. Dans les terres compactes, il est, au contraire, bon que l’eau se répande lentement afin qu’elle ait le temps d’être absorbée par le sol et qu’il n’en arrive que la plus pelite quantité possible aux rigoles de desséchement. J'ai déjà dit qu'en Algérie on n'avait pas à craindre l'inconvénient qui résulterait, dans le nord, d'un procédé semblable.
On comprend d’après cela que l'emploi des 400 mètres cubes d’eau que nous avons admis comme le volume nécessaire à chaque arrosage, exigera plus ou moins de temps, suivant que le sol sera plus ou moins compacte.
Je viens de dire que cela dépendait également des récoltes. 11 en est effectivement, comme les pommes de terre, les topinambours, et en général toutes les
250 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. récoltes-racines, qui pourrissent facilement lorsque le sol est trop souvent ou trop longtemps imprégné d'humidité. Il y aura done ici, dans certaines circonstances, à modifier les chiffres donnés plus haut relativement au volume d’eau, soit qu'on réduise ces chiffres, soit qu'on double le nombre des arrosages en ne prenant que 200 mètres cubes par chaque arrosage. L Quant à l'irrigation par submersion, j'ai déjà parlé précédemment de la manière d'y conduire Peau; j'ajouterai que lorsque le terrain est assez favorablement disposé pour que l’eau ne fasse que baigner le pied de la plante, on peut arroser pendant tout l'été, aux mêmes intervalles que dans les autres modes d'irrigation ; néanmoins ces arrosages ne devront être que de quelques heures de durée dans les grandes chaleurs ; on y renoncera même complétement pour les plantes qui approchent de l'époque de leur maturité, si les eaux étaient troubles et si la disposition des lieux forçait à élever beaucoup l’eau sur une partie notable du terrain.
De tous les moments de la journée, c’est le soir, la nuit et le matin qui sont les plus favorables à l’arrosage; on devra donc les choisir de préférence toutes les fois qu'on pourra le faire avec sécurité. Ce sera surtout nécessaire quand on emploiera des eaux de sources conservant, même en été, une basse température. Le contact des eaux froides, pendant les chaleurs du jour, parait nuire beaucoup aux plantes. Dans