PARTIE IV, — AGRICULTURE
blés du nord, et notamment les blés blancs qui présentent à un haut degré le défaut contraire.
J'ai à peine besoin de dire qu'on ne peut eultiver en Afrique que les blés d'automne.
La préparation du sol variera suivant les circonstances. Les terres qui auront porté une récolte fourragère (vesce, bisaille, millet, etc.), ou une récolte racine enlevée de bonne heure, pourront être labourées immédiatement. On les laissera en grosses mottes jusqu'aux premières pluies d'automne , après lesquelles on donnera le second labour pour semer huit ou quinze jours après. Dans les terres dont la récolte n'aura été enlevée qu'au milieu de l'été, on sera souvent obligé de se borner à un seul labour donné pareillement en automne. Mais alors on sémera un peu plus tard. Enfin, quand le sol n'aura rien porté de l’année, on le traitera comme nous l'avons dit précédemment, en parlant de la jachère.
Presque toujours il conviendra de semer sur guéret, c'est-à-dire sur le sol labouré, mais non hersé, parce qu'on obtient ainsi un enfouissement plus profond de la semence.
La fin d’octobre et le commencement de novembre est la meilleure époque pour les semailles. On peut, à la vérité, devancer cette époque, mais il ne parait pas y avoir avantage à le faire. Pour que la semaille réussisse, 1l faut que la terre ait été profondément pénétrée par les pluies ; en Afrique, le blé veut être semé dans la boue. On peut également retarder la semaille
jusqu'à la fin de décembre et mème jusqu'au 45 jan vier, mais non sans qu'il en résulte une notable diminution sur le produit, surtout lorsque le printemps suivant est sec et qu'on n'a pas eu soin de semer dru.
Un hectolitre et demi de semence par hectare parait être une quantité suffisante, qu'on peut même réduire de près d’un tiers dans les très bonnes terres et dans les semailles faites à temps. La douceur de l'hiver, donnant au blé la faculté de taller beaucoup, explique pourquoi on peut semer plus clair en Algérie qu'en France.
Presque toujours il convient de laisser la surface couverte de mottes après l'enfouissement de la semence. Ces mottes s'opposent à ce que les grandes pluies ne battent la terre, Elles contribuent d’ailleurs à rechausser les plantes. On devra donc ne donner que le hersage nécessaire pour recouvrir convenablement la graine.
J'ai déjà parlé du hersage des céréales au printemps. Jajouterai ici que s'il est avantageux dans presque ioutes les terres, son exécution exige quelques précautions relativement à l’époque, à l’état du sol et des plantes. La terre doit être déjà sèche, et néanmoins le blé ne doit pas avoir encore poussé de tiges, ou du moins celles-ci ne doivent pas s'élever à plus de 0,20; mème, dans ce cas, doit-on profiter de l'instant chaud de la journée, parce qu’alors, étant plus flexibles, elles ne risquent pas d'être endommagées par la herse.
Apres le hersage, et même lorsqu'on n’a pas hersé,
PARTIE IV, — AGRICULTURE. 277 il convient souvent de rouler. On écrase ainsi les mottes, on rechausse les plantes et on égalise la surface, ce qui est très important lorsqu'on moissonne à la faux.
Avant le hersage ou le roulage, on répand la graine des plantes fourragères et autres qu'il est avantageux de semer dans les céréales.
La moisson pourra commencer huit jours avant la parfaite maturité du grain, c'est-à-dire lorsque celui-er, cédant encore sous la pression de longle, aura néanmoins pris sa couleur et renfermera déjà la substance larineuse toute formée.
Ce que j'ai dit jusqu'à présent sur la culture colomale indique assez l'importance que j'attache à ce que les travaux agricoles des colons soient rendus le moins pénibles et le plus prompts possible. Aussi je recommande avant tout la faux comme instrument de moisson, quoique, entre les mains d'ouvriers inhabiles et avee de mauvaises faux, on risque d'égrener beaucoup si le blé est très mûr, et, dans fous les cas, de méler le grain, inconvénient du reste fort minime, mème lorsqu'on bat au fléau.
Quand le blé à un metre et plus de hauteur, on Île fauche par la méthode dite contre ou en dedans, e'est-àdire que la faux ramène le blé fauché contre celui qui est debout. Cette méthode n'exige sur la faux qu'une armature très simple nommée playon, el qui est assez connue pour que je n'en donne pas 1et la deseription.
Dans ce travail, les femmes el enfants ne sont pas m-
actifs ; ils ramassent le blé fauché et le mettent en gerbes, ce qui peut se faire immédiatement en Algérie. Pour les grains plus courts, on fauche en dehors; il faut alors sur la faux un râteau avec dents placées dans le même plan vertical que le dos de la lame, lorsque le laucheur tient l'instrument.
J'aurais conseillé Ja sapeflamande comme faisant un travail plus parfait que la faux, mais l’adresse qu'exige l'emploi de cet instrument empêchera longtemps qu'il ne se répande en Algérie.
J'ai dit que le blé pouvait être mis en gerbes immédiatement après la coupe. Cela ne doit s'entendre toutefois que du grain exempt de mauvaises herbes encore vertes ou de fourrages (semés dans la céréale). Pour celui qui en contiendrait beaucoup , un javelage de quelques heures suffira presque toujours avant le liage.
C'est vers la mi-juin, et dans certaines localités mème plus tôt, que commence la moisson. Je ferai remarquer, néanmoins, qu'avec une bonne culture, la maturité se trouvera un peu retardée, inconvénient du reste bien racheté par l'augmentation de produit.
Le battage qui, dans le nord, se fait en hiver et dans la grange, devra nécessairement s'effectuer, comme dans tout le midi, immédiatement après la moisson et en plein air; car, pour ce travail, le soleil est d’un puissant secours. On pourra l’exécuter au fléau ; mais la meilleure méthode sera toujours celle usitée dans toutes les contrées méridionales et en Algérie, e’est-àdire le dépiquage avec des bœufs, ou, mieux encore,
PARTIE IV, — AGHICULTURE. 279 avec des chevaux et des mulets. Cette méthode présente l'avantage non-seulement d'être très prompte, mais encore de procurer de la paille brisée, bien plus recherchée par les bestiaux que la paille entière*,
On se sert aussi de rouleaux de diverses matières et de diverses formes : en bois, en fonte, en pierre ; eylindriques ou coniques, octogones, cannelés ou unis, armés ou non de dents, de saillies quelconques ou mème de bras faisant l'office de fléaux. Toutes ces dispositions sont bonnes en ce sens que le rouleau, quel qu'il soit, produit toujours de l'effet. Mais il est difficile d'indiquer d’une manière générale quelle est la meilleure. De l’ensemble des faits connus jusqu’à présent, il paraitrait résulter que, pour les blés qui se battent diflicilement, les rouleaux à surface inégale sont préférables aux rouleaux à surface unie, surtout lorsqu'on a étendu le grain en couches assez épaisses. Ce sont donc ceux que je conseillerais de préférence pour l'Afrique. De toutes les saillies, les plus efficaces paraissent être celles qu'on obtient au moyen de huit ou dix barres fixées longitudinalement sur le eylindre ou sur le cône tronqué, en bois plein ou creux, qui
(1) J'ai entendu des colons conseiller Pintroduction des machines à battre le grain. Il est possible que dans les grandes exploitations qui se créeront plus tard, ces machines puissent être utiles; mais leur emploi ne me semble pas convenir dans les villages, d’abord parce qu’on y fera de la petite culture dont les céréales ne seront qu’un produit secondaire, ensuite parce que le dépiquage présente en Algérie moins d’inconvénient qu'ailleurs, sous le rapport du
temps qui, à cette époque, est toujours serein, et des animaux qui, depuis la moisson jusqu’en automne, ne sont presque plus occupés.
forme le rouleau. Ce rouleau peut avoir un metre de
diamètre à la grande base, et 0",80 à la petite quand
on le fait conique, ce qui est la meilleure disposition. On lui donne alors 4%,50 de longueur. La figure 82
Figure 82,
représente un de ces rouleaux muni d’un cadre, addition utile, mais non indispensable.
On peut ne pas nettoyer immédiatement le grain battu ; la conservation n'en sera que plus facile. Le nettoyage pourra se faire au moyen du vent; mais il sera utile de donner à chaque village un bon tarare, placé chez le maréchal du lieu, comme les autres instruments de fa commune.
La conservation du grain pourra se faire, pour les quantités assez notables, c'est-à-dire de 20 hectolitres au moins, d'après la méthode arabe, en d’autres termes dans des silos que nos colons apprendront bien vile à confectionner suivant l’usage du pays.
Quoique les modèles ne leur manqueront pas sous ce rapport, je crois uüle de donner ici, d’après M. Caussidou, une courte description de la mamere
de confectionner ces silos.
PARTIE IV. — AGRICULTURE, 281 « Pour faire des silos et les préparer à recevoir les blés, il faut choisir une terre qui se laisse pénétrer difficilement par les eaux ; les points les plus élevés sont préférables.
« On fait des silos de 20 hectolitres jusqu à 400. Il faut que l'ouverture soit assez rétrécie pour éviter de donner de la facilité aux infiltrations ; car le terrain remué est plus perméable que celui qui ne lest pas. Lorsque le silo est creusé, et avant d'v enterrer le grain, on dresse de la paille longue tout autour, en garnissant le fond d'environ 0°,50 ; on la fixe contre les parois du silo à l’aide de branches que l'on contient avec des crochets en bois qui entrent dans la terre; on met dans le fond du silo 0®,25 de balles de blé ou de paille hachée que l’on recouvre avec de la paille longue. La paille est arrangée tout autour jusqu'au haut du silo ; on y déverse le grain sortant de l'aire. Lorsqu'il est empli, on superpose une couche de paille longue sur laquelle on recouche celle qui dépasse les bords. On met ensuite de Ja paille hachée que lon recouvre de terre fortement tassée:; on recouvre encore d'une couche de fumier moitié fait que l’on tasse fortement, et on le recouvre enfin de terre, de manière à former une légère élévation sur toute la orandeur du silo, afin d'éviter que les eaux de pluie puissent v séjourner. »
J'ai supposé le cas le plus général, c'est-à-dire la culture sans arrosage. I arrivera cependant que, soit besoin de céréales, soit nécessité de l'alternat, on eul-
vera du blé dans un terrain arrosable. Dans ce cas, on pourrait donner, suivant les besoins, ou plutôt suivant les moyens, un, deux, trois et même quatre arrosages. Si l'on en donne plusieurs, on commencera dès que la chaleur sera devenue suffisante et que la surface du sol sera complétement desséchée, c'est-à-dire vers la fin d'avril, et on renouvellera tous les quinze ou vingt jours, jusqu au commencement de juin, en ayant soin de laisser un intervalle suffisant lors de la floraison. Si l'on n’arrose qu'une ou deux fois, ce sera entre la floraison et la maturité.
Les arrosages ont pour effet de retarder cette dernière, mais aussi d'augmenter beaucoup le produit en quantité et surtout en qualité, en ce que le grain est mieux nourri.
Plusieurs faits dont j aieu connaissance sembleraient indiquer que la carie attaque le blé en Afrique comme en Europe. Les pertes qu'occasionne cette maladie et le danger qui résulte de l'emploi du blé carié doivent imposer aux colons l'obligation de chauler la sémence. Le meilleur procédé est celui de M. de Dombasle; il consiste à humecter le grain en tas avec de l’eau dans laquelle on fait dissoudre du sulfate de soude, puis à le saupoudrer de chaux récemment éteinte et réduite en poudre par un arrosage modéré. On brasse et remue le tas de manière à ce que chaque grain soit mis en contact avec l’eau sulfatée et la chaux. Huit litres d'eau, quatre kilogrammes de chaux vive et six hectogrammes de sulfate de soude suffisent pour un hecto-
PARTIE IV, — AGRICULTUREs 283 litre de semence. A défaut de sulfate de soude, on peut employer le sel de cuisine.
$ 2. Orge.
Les colons pourront cultiver l'orge en plus grande abondance que le blé, du moins tant que les circonstances actuelles resteront les mêmes, car c'est la céréale dont on cofsomme le plus en Algérie ; et comme cest en même temps celle qui fournit la paille la meilleure et la plus abondante, la culture en est presque toujours avantageuse.
L'espèce cultivée dans le pays peut ètre conservée ; on fera bien néanmoins d'essayer l’escourgeon de France, de mème que la petite orge carrée; cette dernière pour les semailles très tardives, attendu qu'elle est beaucoup plus précoce que l’autre. L'orge nue ou céleste, qu'on a proposé d'introduire en Algérie, ne me parait pas présenter de grands avantages, quoique pouvant ètre probablement semée à une époque tardive. Elle donne peu de paille, et son grain convient moins que l’autre pour la nourriture des chevaux.
L'époque de la semaille est la même que pour le blé, mais elle peut, sans les mêmes inconvénients, être retardée jusqu'en février.
Du reste, tout ce que j'ai dit sur la préparation du sol et les diverses opérations de culture pour le blé s'applique aussi à l'orge, dont la moisson commence d'ordinaire huit ou quinze jours avant celle du froment,
284 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. lorsque la semaille n'en a pas été faite trop tard.
En Algérie, comme dans tout le midi, l'orge pourra être cultivée avantageusement pour fourrage soit à pàturer, soit à faucher. Dans ce dernier cas, c'est au moment de lépiage qu'on la coupe, c’est-à-dire en mars. En Ja semant de bonne heure, on peut la faire pâturer où la couper pendant l'hiver, et en obtenir encore une récolte passable en grain. Cultüivée uniquement pour fourrage, elle peut être” semée jusqu’en avril dans les terrains frais. et toute l'année dans les terl'ains arrosés.
En bonne culture, le produit en grain est au moins
le double de celui du blé.
\ 3. Seigle.
Ce ne sera que dans quelques localités montagneuses et élevées que les colons trouveront de l'avantage à cultiver cette céréale en grand ; mais partout ils pourronten cultiver un peu dans les plus mauvaises terres, pour la paille, préférable à celle des autres céréales pour plusieurs usages (liens de gerbes, couvertures en chaume, ete.).
Tout ce que j'ai dit du blé s'applique à cette céréale qu'on cultive en outre fréquemment pour fourrage, usage auquel on pourra également Pappliquer en Algérie, mais plutôt en mélange avec des vesces et des lentilles d'hiver que seule, car elle ne donne qu'un fourrage médiocre, el sa précocité nest pas, en Algé-
rie, un avantage aussi grand que daus le nord, attendu
PARTLE IV, — AGRICELTURE, 285 qu'à l'époque où on peut la couper, c'est-à-dire en février et mars, les animaux trouvent une nourriture abondante dans les herbages,
( 4, Avoine,
On n'en cultive point en Algérie, et quelques essais tentés par des colons sembleraient indiquer qu'elle y réussit mal. J'ai lieu de croire néanmoins que le mauvais succés tenait aux espèces introduites. La seule qui me paraisse convenir en Alpérie est Favoine d'hiver, très répandue en Bretagne et dans tout l'ouest, et qui fournit, en grain et en paille, un produit beaucoup plus considérable que toutes les autres.
L'usage, dans ces contrées, est de la semer plus tôt que le froment. Je crois que cette règle devrait être observée en Algérie, et qu'alors on obtiendrait un produit très satisfaisant.
Reste à savoir ce qu’on en ferait. L’orge est, comme on sait, le seul grain donné aux chevaux en Algérie, de même qu’en Espagne et en Italie, et beaucoup de personnes pensent que l'usage de l’avoine y présenterait des inconvénients e£ même des dangers. Je crois que l’avoine, donnée sans précaution et seule, pourrait en effet devenir dangereuse; je crois, de plus, qu'aujourd'hui elle est tout à fait inutile; mais il ne me parait pas improbable que du jour où une alimen- {ation plus abondante en fourrages verts et secs sera donnée aux chevaux, un grain plus stimulant que l'orge leur deviendra nécessaire pour combattre l'in-
fluence de cette alimentation, influence qui tendrait à faire prédominer chez eux le système lymphatique, au détriment de leur vigueur. C’est une hypothèse; mais comme elle a quelques probabilités en sa faveur, que d’ailleurs elle touche à un grand intérêt, le bon entretien et la conservation des chevaux de cavalerie en Algérie, elle mériterait, je crois, quelques essais.
$ 5. Maïs.
Les Arabes ne cultivent cette plante qu'à l’arrosage. Beaucoup de colons m'ont assuré néanmoins qu'on pouvait également la cultiver sans irrigation. Ce qui se pratique en Espagne, en Sicile et à Malte ne laisse d’ailleurs plus aucun doute à cet égard.
Je crois que partout, même dans les situations et les terres très sèches, on pourra cultiver le maïs, en ayant soin seulement de bien choisir les variétés. Dans les terrains frais et riches, on sèmera le grand mais ; dans les terrains secs, les variétés moyennes, plus hätives (comme le maïs de Pensylvanie et le maïs des sioux), ou même la variété connue sous le nom de mais quarantain, moins élevée, moins productive que l’autre, mais bien plus précoce. Dans les sols les plus secs, le petit mais à poulet réussirait encore.
L'époque ordinaire de la semaille est du 4% au 45 avril ; mais dans les localités chaudes et surtout sèches, je n'hésite pas à recommander une semaille plus précoce la première quinzaine de mars, et même les derniers huit jours de février. Dans les printemps froids
PARTIE IV, — AGRICULTURE, 247 et humides, ces semailles précoces gagneront peu sur les autres ; mais dans les années ordinaires, elles auront une très grande avance sur celles-ci. Le grand mais pourra, dans ce cas, être récolté dès la première quinzaine de juillet, c’est-à-dire avant que la terre ne soit complétement desséchée, et le maïs quarantain sera bon à couper dès le commencement de juin.
J'insiste sur ce point parce que j'attache une grande importance à la culture étendue de cette plante en Algérie, car j'en attends à peu près les services qu’elle a rendus et qu'elle rend encore aux colons d'Amérique.
Quelle que soit du reste la variété adoptée, il faut que le sol soit naturellement riche ou abondamment fumé si l'on veut cultiver le maïs avec profit.
Quant à la semaille, elle s'effectue, en Algérie comme en France, en lignes de 0,50 à 4",50 de distance, suivant que la variété prend plus ou moins de développement et que le sol est plus ou moins riche. On met environ dix grains par mètre de lonoueur, Plus tard, on enlève les deux tiers des pieds, lorsqu'ils ont réussi ; cela procure un surcroît précieux de fourrage, tout en donnant de l’air à ce qui reste.
Les binages et les sarclages sont plus essentiels encore en Algérie qu'en France. Dès qu’on apercoit les Jeunes plantes et que le sol est bien ressuyé, on se hâte de faire passer la houe à cheval une première fois, en ayant soin de compléter son travail, dans les lignes, même avec la binette. Quinze jours plus tard, on donne un nouveau binage. Lorsque le maïs a
288 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. 0" ,20 ou 0,50 de hauteur, on le butte une première fois, el, quinze ou vingt jours après, une seconde,
La plante ne réclame plus d’autres soins que quelques coups de binette autour de chaque pied, par les temps de fortes sécheresses, et des éclaircies qui se font au fur et à mesure du besoin en fourrages ; enfin, si l’on en a le temps, l'ététage, c'est-à-dire l’enlèvement de la sommité portant la fleur mâle après que la fécondation a eu lieu, ce qu'on reconnait au desséchement des barbes qui pendent de l’épr. Fleurs et plantes entières sont un fourrage recherché.
La récolte se fait dès que l'enveloppe de lépi est desséchée et le grain dur. On détache alors les épis et on les étend au soleil après en avoir ôté l'enveloppe, ou l'on retrousse l'enveloppe qui sert à pendre l'épi sous l'avant-toit. Quand on en a beaucoup, on les entasse, après les avoir effeuillés, dans une espèce de cage élevée sur des poteaux (fig. 85) dont le pourtour et
Figure 83.