PARTIE IV, — AGRICULTURE
le fond sont formés de lattes en elaires-voie, assez rapprochées pour retenir les épis; le lout est recouvert d'un toit en chaume. La figure 85, ci-dessus, re-
présente cette cage vue de face et de côté.
Après la récolte, on coupe les tiges ; elles servent, ainsi que l'enveloppe de l'épi, à la nourriture du bélail qui en est très friand.
L'égrenage se fait au fléau ou à la main, en frottant l’épi contre un bord angulaire dur, ou, mieux encore, au moyen d'une machine spéciale, simple et ingénieuse qu'on fabrique à Toulouse, chez M. Lacroix. Le grain destiné pour semence ne s'égrène qu'au moment de la semaille.
Le produit en grain varie entre 20 et 80 hectolitres par hectare.
Quand on arrose, on le fait après le buttage, en laissant arriver l'eau dans l'intervalle des buttes. On donne deux, trois ou quatre arrosages, suivant la nature du sol, l’époque de la semaille et la quantité d'eau dont on dispose, On peut alors semer le maïs non-seulement en mai et juin, après du trèfle, des vesces, etc., mais aussi en juillet, comme seconde récolte, après le blé.
Cultivé pour fourrage, le maïs fournit en abondance un des aliments les plus précieux pour le bétail. On le sème à la volée, beaucoup plus dru que d'ordinaire, soit au printemps, soit en automne, après les premières pluies, et on le coupe lorsqu'il est en fleur.
Ilest à désirer que l'usage de la polenta italienne et
JT, 19
290 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. languedocienne se répande parmi les colons de FAIsérie, sans cependant devenir exclusif comme dans quelques contrées. Avec addition d’une quantité suffisante de substances animales, le maïs constitue un aliment très sain et particulièrement bon marché.
(6. Millet.
Cette plante ne laissera pas que d’avoir quelque importance pour nos colons, à cause de son aptitude à supporter la chaleur, de la valeur de sa paille comme fourrage, et de la rapidité de sa croissance. Le grain émondé est d’ailleurs un aliment substantiel pour l’homme, de même que pour la volaille et les bêtes grasses ; enfin, on cultive souvent, et avee profit, le millet comme fourrage.
C'est l'espèce à panicule qui me paraît le mieux convenir à l'Algérie.
La culture en est à peu près comme celle du maïs, si ce n'est que le millet redoute davantage une terre forte ou mal ameublie; qu’on le sème à la volée, à raison de 40 à 50 litres par hectare, et qu'on supplée aux binages par de forts hersages donnés dans le moment chaud de la journée, afin de ne pas endommager les pieds.
Comine la maturité de cette plante est inégale, on récolte dès que la majeure partie de la graine est mure, et on met en petites meules après un. court javelage, afin de favoriser la maturation du reste. On
égrene avec les chevaux.