‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 76 sur 141 · PARTIE IV. — AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE IV. — AGRICULTURE

En terres arrosées, on cultive toujours le millet après une céréale d'hiver, en seconde récolte.

Pour fourrage, il est semé plus dru que d’ordinaire, et à toutes époques en terres arrosées, mais jusqu'à la mi-mai seulement dans les aspres. On récolte un peu après la fleur.

4 7. Sorgho.

Cette plante, cultivée dans une grande partie de PAfrique et de l'Inde ainsi qu'aux Antilles, n’est pas étrangère aux contrées méridionales et même centrales de la France, où on l'exploite néanmoins plutôt pour ses panicules, qui servent à faire d'excellents balais, que pour la graine.

Il en existe un grand nombre d'espèces : la seule cultivée en France est le sorgho commun, qu'on appelle aussi balai, millet d'Afrique. D’autres espèces, telles que le sorgho saccharin, lesorgho bicolore ou dourah, le sorgho rougeâtre, fort répandues dans l'Inde, en Égypte, au Sénégal, mais auxquelles le climat de la France convient moins, pourraient également être cultivées avec avantage en Algérie. Elles sont généralement plus productives que le sorgho commun, et leur grain, surtout celui du saccharin et du rouyeâtre, parait être meilleur.

Cegrain, que la plante produit en très grande abondance, car elle donne de cent à deux cents pour un, est traité, préparé et consommé comme le millet, c’està-dire qu'on le triture légèrement au pilon de bois, ou

qu'on le fait passer sous une meule disposée pour le décortiquage, afin de le dégager de son enveloppe dure ; on peut alors le faire cuire à l’eau, au bouillon, au lait, comme le riz, le millet ou la farine de maïs.

Il parait posséder à un haut degré la faculté d’engraisser, et convient, sous ce rapport, aux bêtes à l’engrais et à la volaille qui en sont très friands.

La plante verte est mangée avec avidité par tous les bestiaux, et la paille même, à part les tiges trop dures, a presque la valeur du foin.

Le sorgho commun se cultive comme le millet, soit à la volée, soit en lignes à 0°,40 ou 0",50 de distance. Pour bien venir, les plantes ne doivent pas être à moins de 0®,20 de distance les unes des autres.

On sème en mars, lorsqu'on ne donne pas d’arrosage ; dans ce cas aussi, des binages fréquents sont indispensables.

Les autres espèces étant plus délicates ne devraient pas être semées avant la fin de mars ou le commencement d'avril. Il est à craindre, par cette raison, qu'elles n’exigent un certain nombre d’arrosages, leur végétation avant lieu presque en entier pendant Ja saison sèche.

Le sorgho commun, semé au commencement de mars, peut être récolté en juillet ; les autres espèces mürissent en août et septembre.

Lorsqu'on veut utiliser les panicules pour la confection des balais, on en enlève la graine en les frottant à la main avec précaution.

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