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PARTIE IV, — AGRICULTURE

c'est-à-dire le travail de l'homme et de ses aides (bètes de trait), précisément parce qu'il n'entre que pour une faible part dans la puissance qui produit ( le reste étant le fait de la nature), se trouve être beaucoup mieux rémunéré que dans la culture intensive, où il forme l'élément principal de production.

I n'y a donc aucune raison pour restreindre l’étendue donnée à chaque famille de colons cultivateurs; et il est impossible qu'une famille réduite à ses propres forces, c’est-à-dire n'ayant ni domestiques de ferme, ni journaliers, puisse faire de la culture intensive sur dix ou douze hectares en Alvérie.

Les colons seront done forcément amenés à faire de la culture extensive, ce qui, je ne saurais trop le répéter, ne les empéchera nullement de faire de l’excellente culture et d'obtenir un fort bon résultat péeuniaire; car produit brut et produit net ne sont pas synonymes, tant s’en faut. Or, c'est le dernier seulement qui est essentiel.

On se tromperait fort si l’on croyait pouvoir induire de ce qui précède que, dans le système extensif, la culture peut être négligée. La surface cultivée doit être restreinte ; on peut réduire, jusqu à un certain point, le travail, sur cette surface exiguë; mais il en est un qu'on ne saurait diminuer, auquel on doit au contraire donner le plus d'extension possible : c’est le travail qui a pour objet la fertilisation du sol.

Précisément parce que le travail de l'homme est rare et cher, if ne faut l'appliquer que sur un sel

riche, soit naturellemeut, soit par les engrais qu'il a reçus ; car le sol riche peut seul payer le travail convenablement. Les colons devront donc songer, non pas tant à améliorer leurs terres sous le rapport mécanique, c’est-à-dire par des labours et autres façons, qu'à l'améliorer sous le rapport chimique, c’est-à-dire par des engrais.

Le peu de terres qu'ils cultiveront chaque année devra être abondamment fumé, et ils en règleront l'étendue moins sur leurs besoins que sur la quantité d'engrais dont ils pourront disposer.

Cette règle fondamentale devra surtout être observée avec soin à l'égard des plantes qui exigent beaucoup de travail, telles que le tabac, la garance, le maïs, les récoltés-raeines, et en général tout ce qu’on appelle plantes sarclées.

Ainsi, pour me résumer en quelques mots : emploi d’une grande partie des terres en plantations et en herbages (à pâturer et à faucher) ; application du reste aux cultures annuelles; fumure considérable et fréquente de cette dernière partie ; tel est le seul système de culture qui me semble rationnel pour les colons de l'Algérie placés dans une situation ordinaire, e’est-àdire ne jouissant pas de l’avantage de l'irrigation.

Une fois ce système admis en principe, il en découle, comme conséquence nécessaire, l'obligation de tenir beaucoup de bestiaux, et, sinon de les nourrir constamment au pâturage, ce qui serait contraire à leur bonne venue, du moins de les y nourrir une

PARTIE IVe == AGRICULTURE, ai grande partie de l’année, et de ne les tenir à l’étable que la nuit et pendant les plus mauvais temps de la saison froide, ce qui est parfaitement d'accord avec toutes les circonstances locales.

Une autre conséquence de l'adoption de ce système sera de cultiver beaucoup de fourrages, soit permanents, soit temporaires, fourrages à pâturer dans les terrains secs el pauvres, fourrages à faucher dans les sols riches et frais.

Enfin, une troisième conséquence sera de laisser en bois toutes les terres peu susceptibles de culture, et de complanter en arbres fruitiers non-seulement toutes celles qui sont trop éloignées ou trop inclinées pour qu'on puisse avec profit les utiliser à des cultures annuelles, mais même une grande partie des autres, sinon en plein, du moins en bordures.

Ce sont, en effet, ces deux branches, BEsriaux et CULTURES ARBORESCENTES, qui devront constituer la base de l’agriculture algérienne.

Dans tout ce qui précède, j'ai eu principalement en vue les habitants des villages, les colons auxquels le gouvernement fait des concessions de dix, douze, quinze hectares. Si la culture extensive est la seule profitable, disons mieux, la seule possible pour ces petits cultivateurs, à plus forte raison doit-elle conve- ‘mir à la grande propriété ; car, même dans les localités où les petites exploitations font de la culture très intensive, les grandes sont obligées de faire une eulture plus ou moins extensive.

Ce

J'arrive maintenant à la partie technique, et Îles détails dans lesquels j'entrerai expliqueront ce que les oénéralités qui précèdent pourraient avoir laissé d’obseur dans l'esprit de beaucoup de personnes.

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