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PARTIE IV, —= AGRICULTURE

doit pas craindre de fumer le plus abondamment possible.

On sème en place ou on repique. Comme je suppose qu'on ne cultivera les betteraves que sur une petite échelle, je conseille l'emploi des deux méthodes, suivant les circonstances. J’ajouterai cependant qu'on croit s'être aperçu en Algérie que les betteraves repiquées montaient plus promptement que les autres.

Les premiers semis ont lieu en janvier sur une terre labourée en automne et laissée en guéret. Au moment de semer, on herse, puis on répand la graine en rayons distants de 0",70 les uns des autres. Un léger coup de herse ou un coup de râteau recouvrela graine; souvent même la pluie suffit pour produire ce résultat.

Pendant toute la saison humide, on n’a d’autres soins à donner aux betteraves que de les maintenir exemptes de mauvaises herbes. Mais lorsque arrive le beau temps, fin de mars ou courant d'avril, il leur faut des binages à la houe à cheval pour conserver la surface du sol meuble etempècher qu'une croûte dure, en se formant autour des jeunes plantes, ne nuise à leur développement. On continue ces cultures pendant les mois de mai et de juin, chaque fois que cela devient nécessaire.

L'arrachage a lieu fin juin. En laissant les racines jusqu'en automne, elles prendraient plus d’accroissement, mais on risquerait d'en voir monter à graine une grande partie. La bêche à dents et même la charrue, qu'on fait piquer profondément un peu à gauche

des lignes, servent à exécuter l’arrachage. Cette opération demande à être faite avec précaution, car toute lésion ou contusion faite aux racines provoque là pourriture. On arrachera les feuilles à la main, et on laissera les betteraves exposées pendant quelques heures au soleil avant de les enfermer.

Elles se conservent mieux que les pommes de terre.

Les seconds semis se font en septembre ou octobre, dans un terrain profondément labouré, avant et après les premières pluies d'automne, où mieux encore dès le printemps précédent. On peut rapprocher les lignes dans ce dernier semis, car on a rarement occasion d'employer la houe à cheval, attendu que les soins se bornent à quelques binages dans les commencements, pour ameublir la terre autour des jeunes plantes, et plus tard à des sarelages pour détruire les mauvaises herbes.

L'arrachage se fait en mars, avril et mai. Avril est l’époque la plus favorable. Les betteraves ont perdu une partie de leur humidité etne montent pas encore.

Quand l'hiver a été doux et peu pluvieux, le produit de ces seconds semis est égal et même supérieur à celui des premiers ; mais à l’époque où on l’obtient, il n’est pas aussi utile, attendu qu'en ce moment il y a abondance de fourrages verts.

On sème encore les betteraves de la mème manière que le trèfle, c’est-à-dire dans une céréale, en février ou mars, avant le hersage. Elles restent petites jusqu'aux premieres pluies d'automne, mais alors elles pous-

PARTIE IV, — AGRICULTURE, 313 sent vigoureusement, surtout si on leur donne des binages qu'on peut mème remplacer par des hersages lorsqu'on a eu soin de semer dru. En quelques mois elles acquièrent la grosseur nécessaire pour être arrachées.

Ce dernier mode de culture a l'avantage d’être peu coûteux, mais il offre le mème inconvénient que le second pour l’époque de la récolte. Dans ces deux méthodes, les betteraves paraissent être, en outre, inférieures en qualité à celles qu'on obtient en juin et juillet par les semis de janvier.

Comme, dans ce dernier système, le produit arrive à une époque où les fourrages verts sont déjà rares et où l’on est embarrassé pour la nourriture du bétail, ce sera la méthode que les colons devront adopter de préférence, sans cependant négliger entièrement les deux autres.

Dans les terrains à l’arrosage, on peut semer en toute saison , mais février et mars sont les meilleures.

On a cru remarquer que les eaux froides de montagnes ont la propriété d'empêcher les plantes de monter à graine.

Ajoutons que les betteraves peuvent se suivre sans inconvénient et que l’effeuillage est une très mauvaise pratique, surtout en été.

Toutes les variétés de betteraves pourront être essayées ; mais la disette ou betterave champêtre, la betterave jaune de Castelnaudary et la betterave blanche de Silésie sont celles qui me paraissent les meilleures

pour l'Afrique. Les premières sont plus productives et d’un arrachage plus facile; les autres sont beaucoup plus substantielles et se conservent mieux.

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