‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 85 sur 141 · PARTIR IV, = AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIR IV, = AGRICULTURE

sages, je crois que les colons trouveront encore de l'avantage à en cultiver dans tous les terrains de ce genre, pourvu qu'ils soient assez riches et profonds ; car si la luzerne n’y donne pas un produit à beaucoup près aussi considérable que dans les arrosages, il est probable qu'elle en donnera un plus élevé que les herbages naturels placés dans les mêmes conditions. Elle commence à végéler plus tôt, après les premières pluies d'automne, et offre, à cette époque, un pàturage précieux ; et, en s'y prenant de bonne heure, on peut obtenir deux coupes au printemps et un regain encore assez abondant lorsque le mois de mai n’est pas trop sec. La première coupe se fait vers la fin de mars, avant qu'aucune fleur ne paraisse; et la seconde dans le courant de mai. Dans les sols frais, la première coupe peut être relardée jusqu'au commencement d'avril, et la seconde jusque fin de mai.

On a semé la luzerne en mars, dans les blés et les orges, comme cela se pratique en France, et la semaille a réussi. Mais plusieurs essais tendraient à indiquer l'automne ou l'hiver, en un mot, le moment de la semaille du blé, comme d'époque la meïlleure. La luzerne a le temps alors de prendre assez de vigueur pour résister à la sécheresse de l'été qui suit. Le seul inconvénient, c'est que dans les printemps humides, elle acquiert un développement qui peut nuire parfois à la céréale, mais qui, en revanche, améliorera la qualité de la paille. On répand la semence immédialement après avoir semé el enterré le blé. Presque tou-

mn 29

338 COLONISATION ET AGRICULTURE DE L'ALGÉRIE. jours la pluie suffira pour la recouvrir. 20 kilogr. sont nécessaires pour un hectare.

On sait, du reste, que la luzerne exige, avant tout, un sol profond et profondément remué. Si plusieurs colons n'ont pas été satisfaits de cette plante sous le rapport du produit, cela tient principalement à ce que rarement on lui a procuré celte dernière condition qui lui est cependant plus indispensable en Algérie qu'en France, car ce n'est qu'en enfonçant ses racines profondément qu'elle résiste et continue à pousser malgré la sécheresse.

De forts hersages après chaque coupe, ou du moins après la première, de mème que le plâtrage au printemps sont des opérations qui contribuent beaucoup à augmenter le produit. |

Dans les bons sols et les bonnes expositions, la luzerne peut donner une coupe passable dès le mois d'octobre, lorsque les pluies n’ont pas commencé trop tard. Il vaut mieux toutefois la faire pâturer à cette époque et jusque fin janvier. :

On aura seulement Ja précaution que j'ai déjà recommandée pour les prairies irriguées, celle de ne pas y mettre le gros bétail par le mou, c’est-à-dire lorsque la terre est trempée. :

Lorsqu'on aura la faculté d’arroser la luzerne, on pourra se servir indifféremment de l’un ou de l’autre des systèmes décrits. Toutefois, l’arrosage par infiltration convient peut-être mieux à la plante, et offre en outre l'avantage déjà signalé de n’user que très

Page 1