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Lin de la Nouvelle-Zélande

Il est encore une plante textile dont la réussite en Algérie n’est pas douteuse, et qui, si l’on parvient à connaitre un mode simple et parfait de préparation, offrira incontestablement de l’avantage : je veux parler du phormium tenax, ou lin de la Nouvelle-Zélande, plante de la famille des liliacées, qui vient abondamment dans les marais de fa Tassemanie.

On pourrait avec avantage en garnir les parties humides et marécageuses des grandes plaines de lAIgérie.

La multiplication de cette plante a lieu par ses œilletons, toujours très nombreux.

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Elle dure longtemps, et chaque année on en coupe les feuilles extérieures.

On n'est pas d'accord sur la meilleure méthode de préparer la filasse. Il paraitrait prouvé, cependant, que le rouissage ordinaire ne donne pas de bons résultats et que la cuisson des feuilles dans l’eau bouillante pendant quelques heures est préférable. On les fait sécher, après quoi on les traite à peu près comme le chanvre et le lin rouis. |

L'avantage que présente le phormium tenax, c’est de venir sans aucun soin, sans aucune culture dans des terrains qui aujourd'hui ne donnent point de produit. Et je ne saurais trop le répéter, l'absence ou l'exiguité de travail est en Afrique un avantage immense qui rachète bien des inconvénients.

Sous ce rapport, il est deux autres plantes textiles qui méritent aussi l'attention des colons algériens, le senèt d'Espagne ou spart ( spartium junceum) et l’asave (agave americana), {ous deux irrdigènes en Alsérie et tous deux, le dernier surtout, fort répandus.

Je viens de dire comment on prépare le spart en Espagne. J'ai indiqué plus haut, en traitant de la culture arabe, la méthode employée par les indigènes pour obtenir la filasse des feuilles d’agave.

Voici le procédé usité en Portugal pour cette dernière plante : on coupe les meilleures et les plus grandes feuilles qu’on laisse bien macérer dans eau pendant plusieurs jours, puis l’ouvrier pose obliquement sur sa poitrine un bout de planche bien lisse sur lequel

PARTIE IV. — AGRICULTURE 194 il étend la feuille qu'il racle avec nn morceau de fer anguleux ou une vieille baïonnette pour en faire sortir le suc et séparer la pulpe des filaments. Ou fait sécher ces derniers, après quoi on les passe au soufre et on les met en couleur.

Il y aura certainement quelques améliorations à apporter à ces procédés, mais tels qu’ils sont, ils permettent déjà d'obtenir une filasse belle et surtout résistante, J'ajouterai que c'est lorsque la plante est près de fleurir qu'on coupe les feuilles. Quant à la hampe, on l’enlève pendant la floraison, eton l’emploiecomme chevrons où autres pièces semblables dans les constructions légères.

Enfin les colons pourront également tirer bon parti de quelques autres plantes spontanées en Algérie, telles que la stipe (stipa tenacissima }, plante graminée vivace, dont on utilise les feuilles en Espagne aux ouvrages dits de sparterie, tapis, nattes, paniers, cordages, etc., sans aucune préparation préalable.

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