PARTIE IV, — AGRICULTURE
craindre, c’est-à-dire dans la seconde quinzaine de février en plaine, et dans le courant de mars en montagnes.
La graine est répandue à la main en rayons distants d’un à deux mètres les uns desautres, et de manière à ce qu’il y ait cinq ou six grains par mètre de longueur. On recouvre avec un râteau en fer, en rabattant les bords du rayon sur la semence.
On peut aussi semer en toufles. On fait alors des trous superficiels avec la houe à main, à un mètre de distance dans les lignes, et on y met trois à quatre grains qu'on recouvre immédiatement.
Quelques personnes recommandent de faire tremper la semence pendant un ou deux jours avant de la répandre. Cette pratique, qu'on a préconisée pour toutes les graines qui lèvent difficilement, hâte en effet la germination, mais elle compromet aussi fréquemment le succès de la semaille, soit parce qu'on a laissé la graine tremper trop longtemps, soit parce que le sol ou le temps n'étaient pas favorables lorsqu'on a été forcé de semer. La graine non préparée, mise dans une terre sèche, ne lève pas, mais ne meurt pas, tandis que la graine trempée périt infailliblement lorsqu'elle né trouve pas toutes les conditions nécessatres pour germer immédiatement,
Une terre douce, plutôt légère que compacte, mais cependant fraîche et fertile, est celle qui convient le mieux au cotonnier. Elle doit avoir été profondément labourée avantou pendant l'hiver. Un fort hersage, ou
mieux encore une cullure au searifieateur immédiatement avant la semaille complète la préparation du sol.
Des que les plantes ont 0",45 à 0°,20 de hauteur et même avant, on bine dans la ligne mème et on éclaireit de manière à ne laisser que deux plantes environ par mètre de longueur. L’intervalle des lignes est cultivé à la houe à cheval et on doit se hâter de donner la première culture avant que la surface ne soit desséchée, car alors l'instrument enlèverait de orandes plaques de la croûte dureie du sol et pourrait arracher ou du moins léser des plantes. Cette observation s'applique à toutes les récoltes sarclées.
Vers la fin de juin on donne un nouveau binage, et avec le buttoir ou la charrue on chausse les plantes. En juillet on écime, c'est-à-dire on retranche la tête de la plante, etun mois plus tard on pince les branches latérales pour favoriser la floraison et la fructification.
En août on voit s'ouvrir les premières capsules. A partir de cette époque, il faut parcourir le champ de cotonniers tous les trois jours, après la rosée‘et par un temps sec, afin de récolter le coton des capsules qui se sont ouvertes, sans quoi on risquerait d'en perdre une partie. La récolte dure ainsi pendant près de quatre mois. |
C’est là un des inconvénients de cette culture. I perdra sans doute de sa gravité lorsque la sécurilé sera devenue générale et que la culture du coltonnier sera entre les mains de petits et moyens cullivateurs ayant famille. Mais, je le répète, il n’en est
PARTIE IV, == AGRICULTURE, 397 pas moins vrai que d'ici à plusieurs années la produetion du coton ne pourra être recommandée aux colons que comme objet d’essar.
Après la récolte viennent deux opérations moins longues, mais plus difficiles : légrenage et lemballage.
On à plusieurs machines pour l'exécution de la première. M. le ministre a, si je ne me trompe, déjà fait acquisition des deux machines employées aux États- Unis et connues sous les noms de gorra-gin et bollergin, ainsi que d’une fort bonne machine du même genre construite par un habile mécanicien de Paris, M. Merlet. Il à en outre recu de M. de Valcourt, par l'entremise du ministère du commerce, les dessins et la description des presses en usage aux États-Unis pour l'emballage du coton, Ces deux genres de machines, introduits en Algérie et placés dans les localités les plus favorables à la culture du cotonnier, la rendront plus simple et moins coûteuse, Ajoutons toutefois que, vu le peu de distance qui sépare la France de l'Algérie, on pourra sans inconvénient, au moins dans le début, ne pas égrener sur les lieux de production, si ce n'est pour obtenir la quantité de graine nécessaire aux semailles. 11 ne sera pas non plus indispensable de coinprimer les balles autant qu'on le fait aux États-Unis. Ces deux opérations pourront au besoin s'effectuer au port d'arrivée, à Marseille ou Toulon.
Il est à désirer qu'on essaie en Algérie Ja plupart des variétés cultivées ; néanmoins celles qui, par leurs
prix élevés, paraissent devoir offrir le plus de profit sont le coton jumel, cultivé en Égypte, le coton de Malte, et dans les terrains humides, le Sea filand ou Géorgie longue sote.