Garance
Les deux seules plantes {inctoriales dont la culture puisse offrir de l'avantage en Algérie, à cause de leur prix, sont la garance el lindipo.
La parance est une des plantes qui exigent le plus de travaux de main-d'œuvre, tant pour la culture que pour l’arrachaye etla première préparation des racines. Cultivée dans plusieurs parties de la France et notamment dans le midi, elle ne saurait, je crois, être produite en qualité supérieure et surtout à meilleur marché dans l'Algérie. Plus tard, les colons qui auront des terres légères, mais riches en détritus végélaux, trouveront peut-être quelque avantage à en culüver sur une petite étendue; quant à présent, je crois qu'il n'y faut pas songer. ,
\ 8. Indigo.
Il n'en est pas tout à fait de même de l’indigotier qui ne réussit pas en France et vient au contraire parfaitement en Algérie où, d’ailleurs, il est cultivé depuis longues années. Du reste, cette plante, même dans les localités les plus favorisées, ne donne qu'un rendement incertain. Elle demande en outre, pour devenir produit vendable, une préparation qui, sans
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On cultive plusieurs espèces d’indigotiers. Celle qui est répandue sur les côtes de la Barbarie, en Égypte, l’indigotier glauque, parait offrir les conditions désirables, et rien n'indique jusqu'à présent la nécessité d'introduire des espèces nouvelles qu’on pourra cependant essayer dans les pépinières du gouvernement.
Quoique l'indigotier soit vivace, on le cultive presque toujours comme une plante annuelle, parce que beaucoup de souches périssent en hiver, même sous les tropiques, sinon par le froid, du moins par l’humidité.
Il veut un terrain médiocrement compacte, riche en détritus végétaux et frais, sinon arrosable.
Dans les Antilles, c’est d'ordinaire en novembre qu'on le sème; mais dans la Louisiane, l'époque la meilleure est mars et avril. Mars parait également être le bon moment en Alsérie.
Onsème en lignes distantes d’un mètre environ dans un sol profondément remué avant l'hiver et bien hersé. On répand la graine dans toute la longueur du rayon ou en touffes, comme je l'ai indiqué pour le coton.
Des binages fréquents à la houe à cheval dans les intervalles, à la main dans les lignes, et, lorsque le terrain est sec, des arrosages chaque fois quela plante parait souffrir, tels sont les soins qu'exige lindigotier pendant sa végétation.
On récolte lorsque la plante renferme la plus grande quantité de principes colorants, c’est-à-dire immédiatement avant la floraison. On coupe les tiges avec des faucilles tranchantes à 0,05 environ au-dessus de terre, et au fur et à mesure on les lie dans des toiles et on se hâte de les transporter au lieu où on doit les travailler, car le moindre retard dans cette cireonstance peut occasionner un commencement de fermentation qui nuit au produit.
On peut obtenir en Algérie, dans presque tout terrain, une première coupe qui se fait trois mois après la semaille. Mais ce n’est que dans les terres riches et fraiches ou arrosées que la plante en donne une seconde et même une {roisième.
J'ai déjà parlé des procédés suivis par les indigènes pour la préparation de l'indigo.
Voici la description que donne un voyageur de ceux employés en Égypte, On verra qu'ils diffèrent peu entre eux.
« L'appareil consiste en plusieurs jarres de terre cuite qui sont à moitié enfoncées en terre, afin de les soutenir, et en un chaudron qui sert à chauffer l’eau, On rassemble les tiges d'indigotier pour les hacher, puis on les met dans les jarres et on verse dessus de l’eau chaude ; on foule la masse avec des bâtons pendant quelques heures ; on égoutte les feuilles macérées dans des baquets au-dessus desquels on les souüent sur des espèces de claies. On laisse reposer
Peau colorée dans ces baquets pour que la féeule
PARTIE IV, — AGRICULTURE, 361 se dépose au fond ; on fait écouler ce qui surnage. On creuse alors une petite fosse dans la terre, et après avoir saupoudré de sable le fond et les parois, on v verse la fécule recueillie; elle s’y égoutte pendant quelques heures. Enfin, lorsqu'elle est encore en consistance de pâte, on la met dans des moules ronds, où elle achève de sécher, et on lui donne la forme de pains de quelques livres. »
Ces procédés sont imparfaits sans doute, mais simples, et les colons qui voudraient essayer la culture de lindigo sur une petite échelle feront bien de les adopter dans le débutet de recourir à des ouvriers kabayles ou maures connaissant ces opérations pour se mettre au fait. Si l’on perd ainsi une certaine quantité de fécule restée dans les tiges et feuilles, si cette fécule n’est pas d'une qualité aussi belle qu’elle l’eût été avec des procédés plus parfaits, du moins il y aura économie sur les frais d'établissement de l’indigoterie et sur le travail,
Du reste, dans les localités où cette culture offrira de l'avantage, les habitants d'un même village pour ront se réunir en associations analogues aux fruitières pour établir une indigoterie en commun sur le sysème employé dans la Louisiane.
Je n'entrerai dans aucun détail concernant ces usines que je ne connais d'ailleurs que par ce qu’en ont écrit plusieurs auteurs, À défaut d'hommes spéciaux auxquels le gouvernement donnerait mission d'en établir, on en trouvera une très bonne description, don-
née par M. Dutour de Saint-Domingue, dans les dictionnaires d'agriculture de Déterville et de Pourrat.
Ÿ 9. Canne à sucre.
J'ai déjà dit que l'Algérie pourrait produire du sucre de canne, Cette assertion ne saurait être révoquée en doute lorsqu'on sait qu'aux quinzième, seizième et dix-septième siècles la canne était cultivée en grand non-seulement à Madère, aux Canaries, à Malte, mais en Sicile et en Espagne. Ilest vrai qu'aujourd'hui cette culture est presque entièrement abandonnée dans ces trois derniers pays, mais elle existe encore et constitue la branche principale de l’agriculture dans une contrée dont le climat est, sous certains rapports, moins favorable que celui de PAlgérie; je veux parler de la Louisiane, où les étés ne sont pas plus chauds et les hivers pas aussi doux qu’en Afrique.
Dans ce pays, on est obligé de couper la canne tous les ans et de couvrir les pieds de 0*,40 à 0,50 de terre pour les préserver de la gelée. Le vesou qu'on obtient de ces cannes deneuf mois est sans doute fort aqueux, mais cela n'empêche pas les planteurs de la Louisiane de faire de beau et bon sucre et de retirer du profit de cette culture.
On a dit que, loin d’encourager la production du sucre en Algérie, le gouvernement devait au contraire l'interdire, pour éviter les complications et lesembarras que lui a causés la sucrerie indigène. La question me semble entièrement différente, L'Algérie est et sera