PARTIE IV, — AGRICULTURF
recherché pour la douceur et la finesse de son goût.
Aussitôt après l'enlèvement de la première récolte,
les pieds, privés de leurs tiges, émettent de nouvelles
pousses qu'on laisse s'élever à 0",20 ou 0,50 de hau-
teur. On les retranche alors, sauf une seule, la plus
belle, que l'on conserve pour la production des feuilles et qu'on traite comme on a traité la tige-mère.
Si la premiere récolte a eu lieu avant la fin de juillet, la seconde pourra se faire avant la fin de septembre, c'est-à-dire à une époque encore très favorable à la cueillette et à la dessiccation du tabac.
Il y a même, après celle-ci, une troisième pousse qui, favorisée par les pluies d'automne, est ordinairement fort abondante ; mais le produit en est de trop mauvaise qualité pour qu'il vaille la peine de le récolter.
Je suis entré dans de grands détails sur la culture du tabac, parce que, je le répète, je le considère comme pouvant acquérir promptement une haute importance en Algérie, Non-seulement l'administration parait tout disposée à la favoriser par des achats considérables et à des prix élevés, mais les colons trouveront en outre un débouché certain et avantageux chez les nombreux fabricants de tabac du pays.
Ÿ 11. Quelques autres plantes commerciales.
Il est encore plusieurs plantes de cette catégorie dont les colons pourront tirer parti plus tard, soit en recueillant celles qui croissent spontanément, soit en
les eultivant. 1 me suffira de eiter les nombreuses plantes médicinales et aromatiques qui viennent en Algérie el v aequicrent généralement des propriétés plus énergiques et une odeur plus forte qu’en France. Tels sont la réglisse, la rhubarbe, le séné, l'hyssope, la mélisse, la menthe, l'absinthe, la camomille, l'anis, la coriandre, l’'angélique, la lavande, ete.
Toutefois, ces produits n'intéresseront jamais assez la majorité des colons pour qu'il soit nécessaire d'en décrire ici la culture. Il est cependant une plante de cette mème classe qui mérite d’être signalée à l’attenlion des colons par la facilité de sa culture et la valeur de son produit: je veux parler du pavot somnifère dont on retire l’opium.
Des deux variétés cultivées dans ce but, la meilleure parait être celle connue sous le nom de pavot blane, à capsule ovoïde, très grosse, et à semence blanehätre.
La culture en est très simple. En octobre ou novembre, on répand la semence en rayons distants de 0,60 à 0,75 les uns des autres. À mesure”que les plantes lèvent et poussent, on les éclaireit de manière à laisser un intervalle de 0,20 à 0,50 entre elles ; on sarele et on bine, en ayant soin de ne procéder à ces opérations que par le beau temps.
Le moment favorable pour récolter l’opium est celui qui suit la chute des pétales.
il y a deux méthodes de retirer l’opium du pavot. La première, qui fournit l’opium le plus estimé, l'opium en larmes, consiste à pratiquer le soir, avec la