‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 95 sur 141 · PARTIE IV, — AGRICULTURE · texte numérisé non relu

PARTIE IV, — AGRICULTURE

pointe d'un couteau, des incisions longitudinales ou obliques, à partir du milieu de la capsule jusque sur le pédicule qui la supporte. Il s'en échappe un sue laiteux qui, par suite de la chaleur du soleil, s'épaissit et forme un bourrelet à la base de la capsule. On le recueille après trois ou quatre jours, lorsqu'il a suflisamment de consistance. On peut immédiatement après pratiquer de nouvelles ineisions sur la même plante.

Dans la seconde méthode, qui est souvent appliquée après la première, on écrase et pile les capsules, on en exprime le sue sous une forte pression, puis on le fait évaporer sur un feu doux ou au soleil, jusqu'à ce qu'il ait atteint la consistance d’une pâte sèche. C’est Jà l'opium commun, nommé aussi méconium.

C'est surtout aux petits cultivateurs que je recommande cette branche de produit. Lors même qu'ils n'en feraient qu'un objet tout à fait accessoire et qu'ils n'y consacreraient qu'une petite portion, un are, par exemple, de leur jardin, ils pourraient encore en retirer un bénélice qui ne serait pas à dédaigner pour eux, car sur un are de superlicie, en bonne terre, on peut réaliser 50 et 40 francs, soit que l'on se borne à recueillir l’opium en larmes et qu’on récolte ensuite la graine, soit que l’on fasse les deux récoltes consécuüives d’opium dont nous venons de parler.

Les expériences de MM. Simon et Hardy et les analyses de M. Payen ont prouvé que l'Algérie pouvait produire un opium de très bonne qualité.

SECTION VI. — Assolement.

Il ne saurait entrer dans ma pensée de donner ici les assolements qui devront être suivis en Afrique par les colons. Le choix d’un assolement est déterminé par tant de considérations diverses, que ce serait pur hasard si les indications précises que je donnerais pouvaient recevoir quelque part une application fruetueuse. Je dois donc me borner à compléter ce que j'ai dit précédemment sur les systèmes de culture, et à poser quelques règles, quelques notions spéciales, applhication ou, si l’on veut, conséquences des principes développés plus haut.

On sait déjà que le seul système de culture qui me paraisse approprié aux circonstances physiques et économiques de l'Algérie, est le système extensif appliqué de facon à constituer ce qu'on appelle la culture pastorale mixte avec plantations fruitières.

Quant au choix et à la succession des récoltes dans les portions soumises à la culture, je crois que les assolements libres sont ce qui conviendrait le mieux en Afrique. Pour les personnes qui ne sont pas initiées aux termes de la science agricole, et c'est le eas chez la plupart des cultivateurs, je dirai qu’on entend par assolement libre, l’absence d’un cadre fixe et déterminé d'avance, comprenant le choix des plantes à culliver, le nombre des soles et l’ordre dans lequel les récoltes doivent se succéder, ou la rotation.

L'assolement peut être plus ou moins libre, c’est-à-

dire qu'on peut, comme bases el d'une manière générale, adopter certaines récoltes et diviser les terres cultivées en un certain nombre de soles, sans toutefois s astreindre à rien d’absolu sous ce rapport, laissant aux circonstances de chaque année le pouvoir de modifier le cadre élastique qu'on se sera imposé. C’est là ce qu'il y a de plus avantageux dans la plupart des cas.

Quoi qu’on fasse, il y a néanmoins certaines règles qui devront toujours être observées, sous peine de graves difficultés. Sans vouloir les développer ici, je rappellerai cependant que la première de toutes est de ne cultiver dans chaque nature de terre que les plantes qui y réussissent bien. Une autre non moins importante, mais qu'il est à peine nécessaire de mentionner, parce qu'elle est comprise par tout le monde, c’est de s’'adonner d’abord aux cultures nécessaires à l’entretien de la ferme, puis à celles dont on trouve le débouché le plus facile et le plus avantageux dans la localité. Une troisième, que j'ai déjà signalée à plusieurs reprises, est de proportionner l'étendue consacrée à la culture en général, et surtout à celle des récoltes épuisantes et des récoltes sarclées, à la quantité de fumier dont on dispose.

Il est également nécessaire d’avoir égard à l’action qu'exercent les diverses plantes cultivées sur l’état physique du sol et sur son état de propreté. On choisira et on placera donc les récoltes de façon à ce qu'elles se favorisent mutuellement. Après une récolte

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