‹ Colonisation: le nord [microforme]Chapitre 16 sur 17 · DRE · texte numérisé non relu

DRE

se fendiller et à se tordre, aussi l'emploie-t-on de préférence dans la menuiserie,

La PRUCHE, qui parvient à une hauteur considérable, est un bois mou, élastique, pesant, d'une contexture grossière et lâche, de peu de valeur comme bois de commerce ; cependant il a la propriété de résister longremps sans se détériorer lorsqu'il est sous le sol. On en fabrique des traverses pour les chemins de fer, des lattes, etc. Son écorce est presque exclusivement employée dans ce pays pour le tannage des cuirs. Aussi est-elle une ressource pour les colons voisins d’une tannerie. Le Nord a fourni pendant plusieurs années une quantité considérable de cette écorce aux tanneries de' MM. Leduc & Valois, à Sainte- Scholastique. Les terres de la seigneurie de Terrebonne ont été exploitées grandement pour fournir de l'écorce aux tanneries de New Glasgow.

J'ai parlé de l'utilité de quelques-unes des essences qui composent nos forêts du Nord, non avec la prétention d’avoir fait une flore, mais pour donner aux étrangers un aperçu des services que nos bois peuvent rendre à l’industrie. Peut-être quelques Canadiens pourraient aussi tirer profit de cette petite étude, ne füût-ce qu’en acquérant le désir d'étudier les centaines d'autres arbres que je n’ai fait que mentionner.

Au point de vue agricole le bassin de la rivière Rouge est des plus avantageux. Il offre une immense vallée de terre d’alluvion qui pousse avec une vigueur étonnante. Les explorations avaient révélé, il y a déjà longtemps, l'excellente qualité de ce sol. M. Bouchette écrivait en 1859, dans son rapport sur les terres de la Couronne : ‘ Les vallées de la rivière Rouge et de la Lièvre présentent une grande étendue de terres qui sont d’une qualité supérieure et ne sont surpassées par aucune autre du Haut ou du Bas-Canada.”

“ Ceux-là même, dit la brochure ‘ Au Nord,” publiee sous les auspices des sociétés de colonisation, qui avaient apporté des vieilles paroisses des préjugés contre cette terre jaune, la préfèrent maintenant à toute autre. C'est que, disent-ils, elle est propre à toute espèce de grain, plus facile à égoutter et prête à être ensemencée plus à bonne heure au printemps: elle est aussi plus facile à engraisser et à cultiver et souffre moins pendant l'été de l'abondance des pluies, et supporte plus aisément les grandes sécheresses.

Ajoutons que ce terrain pousse merveilleusement l'herbe et le foin et fournit de magnifiques pâturages, ce qui est dû non seulement à la qualité du sol, mais à l’eau si limpide des sources et des ruisseaux qui abondent partout dans ce pays ondulé,

Il se rencontre, il est vrai, des lots ou des parties de lot qui sont impropres à la culture. Ces terrains doivent être laissés en bois pour les besoins du chauffage et des constructions ; et avec le temps ils peu-

dans la

os mou, e valeur er longque des presque 8. Aussi rie, Le considé- | Sainteont été de New

nposent re, mais peuvent nt aussi le désir tionner.

des plus i pousse ,il y a écrivait s vallées due de aucune

uspices hroisses à toute e grain,

heure iver et te plus

e foin tà la Aux qui

hi sont s pour ls peu-

vent acquérir une valeur considérable. Combien de terres, dans les vieilles paroisses, vaudraient le double de leur prix actuel, si elles n'avaient pas été déboisées.

Somme toute le sol a une haute valeur. Il faut bien qu'il en soit ainsi puisque l'on voit des lots, ayant à peine quelques arpents défrichés, se vendre, $500, 8800, $r,000.—(1883.)"

Nous sommes passés là en 1884. et certes, nous avons vu des fermes qui ne se vendraient pas pour plusieurs milliers de piastres.

Tous les habitants de cette vallée de la Rouge, depuis St Jovite jusqu'à la Chute-aux-Iroquois, sont dans une ère de prospérité étonnante. Les bâtisses, les instruments agricoles, les animaux, la tenue de leurs terres, tout fait voir qu’ils ont reçu urie bonne direction et qu’ils ont été payés de leurs sacrifices.

Cette vallée de la Rouge serpente tantôt rétrécie par les montagnes sur le flanc desquelles on chemine, tantôt en prenant ses ébats sur le dos des collines qui se penchent.

Combien de richesses n’a:t-elle pas portées cette Rouge!! Des milbons en billots ont coulé sur ses eaux. C'est la réflexion qu'on se fait en traversant les forêts qui ombragent ses bords. On y voit encore les souches énormes qui s'y tiennent enracinées, comme pour nous faire comprendre que c’est en s’implantant dans le sol qu'on peut résister aux tempêtes de l'existence. Cette leçon est d'autant plus significative que ce sont des étrangers aussi qui sont venus dépouiller notre sol de leurs précieuses richesses. Mais malgré leur dévastation ils n’ont pu faire disparaître la trace des plantes indigènes, pas plus qu'ils n’ont pu faire disparaître les traces des premiers habitants du pays qui redisent encore, par leurs racines et par leurs rejetons, ce qu'était la vigueur de cette race attachée: au sol,

A cette pensée s'échappe de nos lèvres ce’ fier couplet d’un enfant de la France :

Vous avez pris l’ Alsace et la Lorraine, Mais malgré vous nous resterons français ; Vous avez pu germaniser la plaine,

Mais notre cœur, vous ne l’aurez jamais,

Singulière destinée de toute chose! Les corps de ces arbres dont les pieds sont ici, où sont-ils? Ils ont été dépouillés de leurs branches confondues aujourd’hui avec le sol qui en alimente d’autres poussées au même endroit. Ils ont été traïnés à la rivière, en y noyant quelquefois ceux qui les y jetaient. Ils ont flotté, sauté les rapides ; ils se sont heurtés contre les écueils, ils sont arrivés meurtris à une scierie qui les a taillés en lambeaux. Et ces lambeaux ont été dispersés de par le monde ; quelques-uns placés à la corniche d’un palais, quelques

TE Men iraise Sn D Rte

PTT a MEET

at tres couchés sous les murs d’un château ; plusieurs ont servi à construire des chaumières, plusieurs aussi à orner ies appartements du riche. Quelques uns ont même été employés à envelopper les dépouilles de ceux qui leur avaient enlevé la vie.

Quel est le touriste anglais ou américain qui, passant par nos grands bois, pourrait dire à ces pieds séculaires, qu'il n'a pas vu leurs têtes à Londres ou à Washington? Tel le voyageur, visitant les cimetières du Nouveau-Monde, pourrait dire à ces tombeaux muets: j'ai vu sur le vieux continent les souches de vos familles enfoncées sous les mausolés. Nous connaissons, nous chrétiens, un langage propre à entretenir ces restes inanimés de leurs parents reposant ailleurs. Maïs pour ces squelettes végétaux le vent qui murmure dans les rameaux, la pluie qui arrose les racines, le soleil qui fait monter la vie dans la tige, ne redisent-ils pas à ces spectres de la forêt des mots qu'ils comprennent P

Le terrain de cette vallée de la Rouge donne la vie déjà à de nombreux colons arrivés là sans avance. Les pointes que forme la rivière en serpentant dans le canton de Ciyde sont ravissantes de formes et de fonds. J'ai vu avec plaisir, en traversant la plaine, l'établissement d’un ami de St-Jérôme, longtemps voisin de mon père, et qui a eu le courage, pour élever sa nombreuse famille, d'aller ouvrir de nouvelles terres, à l'entrée du bassin de la Rouge. M. Mélassipe Longpré est un rude travailleur et il s'entend en culture ; aussi a-t-il mis sa ferme sur un pied tel, qu'on demande, en l'apercevant, le nom de son proprictaire. A St-Jérôme il était réputé pour avoir de beaux animaux et surtout des Alderneys qui ‘ui permettaient de faire du beurre de première qualité.

Ce courageux cultivateur qui jouissait à St-Jérôme de l'estime de ses concitoyens, s'est courageusement arr:ché à une vie comparativement aisée, pour aller dans les profondeurs de la forêt, assurer l'avenir de ses enfants. Mais, comme me le disait un jour un brave habitant des grandes côtes, les sacrifices que fait le colon en ouvrant de nouvelles terres, sont bien payés par ia joie de voir s'établir autour de lui ses enfants qui, sans cela, auraient été obligés d'aller dans les chantiers ou vivre aux Etats-Unis.

i à consdu riche.

uilles de

s grands s têtes à tières du ru sur le nausolés, tenir ces ais pour rameaux, dans la 'ils com-

\ombreux ivière en es et de lissement ia eu le nouvelles pré est un ferme sur pprictaire.

rtout des e qualité.

me de ses htivement venir de itant des nouvelles e lui ses ntiers ou

C'est dans cette valiée admirable de la Rouge qu'est la paroisse de l'Immaculée Conception. Il n’y a pas de village à la Conception. ‘Quatre ou cinq maisons y sont groupées ; l’une est l'hôtel tenu par un M. Béliveau. M. François Villeneuve, oncle du député d'Hochelaga, y demeure.

Ce M. Villeneuve, qui est un très brave homme, s’est montré d’un courage extraordinaire en s'enfonçant seul, il y a déjà plusieur: années, dans ces forêts où alors il n’y avait aucun déboisement. Chose singulière, il a réussi moins que d'autres qui n’avaient ni :°u courage ni son intelligence. Je crois que la raison en est que l'ambition l’a entraîné à courir plusieurs lièvres à la fois, C'est toujours la fable du livre et de la tortue qui va doucement, mais sûrement, Que va piano va sano, € nue va sano va lontano. C'est un proverbe italien qui comporte sa morale, Et puis i! faut bien avouer que la fortune ne sourit pas à tous, et beaucoup en ce monde peuvent chanter :

Il y’a des gens en France

Qui vraiment n’ont pas d’chance.

La preuve qu’y en a $ C'est que j'suis d'ceux-là. bis,

L'église de la Conception est bâtie sur la rive ouest de la Rouge, qui se relie à la rive opposée par un pont de 284 pieds, bâti en 1882, et pour lequel le gouvernement a donné $200.

En 1884, la population de la paroisse de la Conception, desservie par

. le curé de la Chute aux Iroquois, comptait environ 400 âmes. Cette

paroisse deviendra très riche et sera certainement le grenier du Nord. Le canton de Clyde, où elle est située, avait, en 1880, 4,709 acres de terres arpentés et en vente.

Nous nous dirigeons ensuite vers la Chute aux Iroquois, en longeant presque toujours la Rouge, et comme le chemin Bisson n'est pas terminé, nous suivons le côté ouest que nous atteignons au moyen d’une traverse, à la ferme Hamilton que possède aujourd’hui un M. Valiquette, natif de St-Jérôme. Je ne puis faire de compliments de sa traverse,

qui n’a de mérite que celui de nous rappeler le temps, cet heureux: temps où, à l’Abord-à-Plouffe comme au Sault-au-Récollet, ou à Ste- Rose, on traverssit en chaland, avant la construction des nonts Lachapelle, Jean Veau ou Bélair.

Le chaland de Valiquette n'était prs en très bon ordre et nous avons. eu le temps de l’examiner, car nous avons attendu une demi-heure: avant que le traversier, qui était aux récoltes, vin: nous faire passerl'eau. Et pourtant nous chantions à tue-tête, avec accompagnement de porte-voix :

Batelier, dit Lisette,

Je voudrais passer l’eau, Mais je suis trop pauvrette Pour payer le bateau.

Quoiqu'il en soit, cette ferme de M. Valiquette est de toute beauté, et comme elle a jeté mon ami Beaubien dans le ravissement, il faut en parler un peu en détail.

Cette ferme que traverse la Rouge est l’une des trois qu’exnloitaient les faiseurs de chantiers, et qu'on appelait ferme d'en bas, ferme du milieu, et ferme d'en haut. Celle-ci est la ferme d’en bas ouverte par les Hamilton. Elle comprend environ 1,500 acres de terre de qualités. diverses ; plus de 100 acres en sont défrichées. Les dépendances, maisons, granges, écuries, étables, etc., quoiqu’un peu vieilles, sont encore très propres à l'exploitation. Le terrain défriché est en partie de terre légère, où croissait le pin dont on aperçoit encore les pieds gigantesques, mais d’une terre légère sur laquelle se déverse des substances phosphatiques qui lui conservent une grande fertilité. Toutes les espèces de grains, ainsi que les plantes à pâturages, y poussent admirablement. Les bâtisses sont commodément situées de chaque côté de la rivière que l’on traverse à cet endroit.

Le propriétaire actuel, M. Frs Valiquette, est venu de St-Jérôme où il s'était enrichi sur une terre. Il vit maintenant sur cette ferme comme un roi... non constitutionnel. Nous avons été émerveillés de l’intelligence qu’il apporte dans la culture de cet immense terrain. Ilse livre particulièrement à l’élevage, et il a des troupeaux nombreux qu'il se propose d'augmenter et d'améliorer. Nous y avons vu des animaux de races Durham, Ayrshire, et quelques Alderneys. En fait de moutons nous y avons remarqué des Cotswold croisés, et une race de cochons bâtards faciles à engraisser, qui ne vaut pas la race des Berkshire de M. Beaubien, mais qui m'a paru avantageuse.

A propos de bêtes à cornes, j'ai, moi-même, essayé de différentes. races, et j'avoue que rien ne m'a paru plus profitable que notre petite race canadienne, qui peut avantageusement se croiser avec les Alder-

heureux:

ou à Stets Lacha-

Jus AVONS.

emi-heure:

re passer agnement

e beauté, il faut en

nloitaient ferme du averte par le qualités.

endances, illes, sont en partie les pieds e des sub- . Toutes poussent le chaque

érôme où e comme de l’intelin, Ilse breux qu’il s animaux

fait de he race de des Berk-

différentes.

tre petite les Alder-

neys. On a beau dire, les grosses races ne conviennent pas à nos climats, surtout quand elles sont pures. Elles ne sont pas assez vigoureuses, ne résistent pas assez à notre t:mpérature. D'ailleurs leur taille exige une nourriture trop abondante, qu'un pacage ordinaire ne suffit pas à ieur procurer. Cette petite race canadienne, bien soignée, est certainement celle qui nous rapporte le plus de profit. Outre ma propre expérience, j'ai souvent interrogé des fermiers intelligents qui m'ont exprimé la même opinion.

Pour revenir à notre ami Valiquette, il est sur la voie d’une grande fortune, ayant acheté cette ferme à très bas prix. De fait, on nc pourrait aujourd’hui construire les bâtisses qui y sont érigées pour le prix qu'a coûté à M. Valliquette la ferme entière, avec ses 1,500 acres de terre, dont cent défrichés, et tout le complément, instruments d'agriculture, voitures d'été et d’hiver, etc.

Mais ce qui prouve encore davantage que M. Valiquette est en train de faire fortune, c'est le nombre de ses enfents. Si j'en jugé par ce que nous en avons vu, il doit arriver à la douzaine. Heureux homme, s’il comprend son bonheur.

Et pourtant les Hamilton ont mis cette ferme en vente pendant bien longtemps. Personne n’en voulait. Savez-vous pourquoi? On prétendait que le sol était épuisé. Là! quand on a dit ce mot, tout est dit. On ne s'occupe pas de savoir si c’est le cas; si cette terre, quoique continuellement cultivée, peut s'améliorer, si le sol en est riche, etc. Non, elle est ruinée, et c'est tout. Comme si la terre n’était pas toujours susceptible de s'améliorer, même par le repos. On a des engrais si faciles à composer dans ces endroits où les bois jettent, en se dépouillant, une couche épaisse de débris végétaux, et où les cendres sont si abondantes.

Quoi qu’il en soit, j'ai recommandé l'élevage des moutons à Valiquette. Rien, à mon avis, n’est plus profitable que le mouton à un cultivateur qui a une grande terre. En effet, le mouton produit beaucoup, il'est facile à hiverner, sous un simple abri, et il mange en fourrage ce que les autres animaux ne consomment point, Et voyez ce que l’on retire du mouton: une rente annuelle de son croît, de sa laine et de son fumier. Tout est utile dans cet animal, la laine, la peau, le sang, la chair.

Quant à la race nous recommandons les Cofswold pour les laines longues, et les Soufhdown pour les laines courtes.

Mon ami Beaubien n'a pas manqué de recommander son trèfle blanc si avantageux pour les pâturages, surtout ceux destinés aux moutons.

Nous avons parcouru cette distance de la ferme Valiquette à la Chute aux Iroquois en contemplant d'un côté des terres superbes, de l’autre des forêts magnifiques. La rivière qui coule des eaux pro-

fondes et noires, a été le tombeau de bien des voyageurs. Aussi est elle revêche à bien des endroits. Là on voit encore de vieux billots qu'un obstacle quelconque y retient depuis des années. Ici on aperçoit la place où gisait un tas de billots; là bas la trace d’un ancien chemin de chantiers dans les montagnes ; plus loin un rapide nous fait entrevoir la difficulté qu'ont eue les voyageurs à y conduire le bois. Uue perdrix se lève de temps à autre, mais, sans chien et dans la feuillée, comment. découvrir un bipède qui se perche comme un nœud et défie l'œil le plus exercé.

Tantôt on remarque la trace d’un ours qui intéresse fort n2s jeunes gens. Ils veulent aller à sa poursuite. Tiens, voilà un lièvre qui traverse la route, mais, je vous en fiche, il disparaît aussitôt. Sur la lisière un renard trottine en haletant. Tirez donc! Ah oui! Il est bien temps, le mâtin s’est vu visé, et bonjour. Une affaire pour endêver nos chasseurs. Tout de même ils se vengent de leur contrariété sur le dos des écureuils. Pauvres écureuils ! ! A propos, nous en avons fait une gibelotte superbe. Et pourquoi pas ? Cet animal a une chair tendre et succulante . ... accomodé en civet! ! Je ne vous dis que cela ! Encore est-il qu'il faut savoir l’accoimmoder. Tenez, lecteurs, je ne puis résister au désir de vous apprendre à faire un bon civet. J'en aitant mangé de mal faits dans les hôtels, que je dois supposer que les colons du Nord ne savent pas mieux, et ils sont ainsi privés d'apprécier un mets qu’ils peuvent se procurer si facilement. Et d’abord, pour faire un civet il faut un lièvre...ou un écureuil. Et la manière de le capturer n’est pas indifférente. Celui pris au .collet est le meilleur, car il conserve tout son sang dont on a besoin pour faire le bouillon. Après l'avoir dépouillé, recueiliez-en le sang et le foie, coupez le bien en morceaux, faites le rôtir dans le saindoux ; faites frire à part quelques oignons et quelques petites grillades de lard ; mettez le tout dans une casserole et ajoutez une pinte d’eau chaude ; à cette eau vous joindrez le sang et le foie que vous aurez pilé : mettez y un verre à pied de vin ou de vinaigre, sarriette, thym ou persil —et laissez cuire lentement. Pour lier la sauce répandez pendant la cuisson deux ou trois cueillérées de farine légèrement grillée—Et mangez.

C'est en suivant les plis tortueux de cette rivière Rouge qui roule des sables blancs accumulés en bancs d’un caprice singulier, que nous arrivons au canton Joly, comprenant 13,934 acres, lesquels, en 1880 étaient arpentés, mais non encore en vente,

En 1882, à part le chemin Bisson dont j'ai déjà parlé, on avait terminé un chemin conduisant de la Chute aux Iroquois au Canton Minerve, Tous les lots étaient concédés dans Joly, et la population y était d'à peu près 300 âmes. Il y avait déjà des défrichements considérables.

Aussi est ix billots

on apern ancien nous fait > le bois.

t dans la un nœud

28 jeunes ièvre qui k, Sur la l est bien : endêver été sur le en avons une chair s dis que , lecteurs, bon civet.

supposer asi privés nent. Et ul, Etla collet est ur faire le t le foie, x ; faites de lard ; chaude ; : mettez persil —et a cuisson gez.

qui roule que nous en 1880

avait terton Miulation y bnts con-

Dans cette même année fut construit un chemin conduisant de la Nativité (Chute aux Iroquois) au lac Maskinonge. On y construisit aussi un pont de 50 pieds sur le chemin projeté entre la Chute aux Iroquois et le lac Macassé.

Et d’une et de deux nous voilà à la fameuse Chute aux Iroquois, dont le pied est à 557,06 et la tête à 570,56 pieds du niveau du lac St Pierre. Il faisait beau. Le temps était calme, et le bruit de la chute qui se fait entendre au loin, arrivait à nos oreilles comme un babil de nymphes qui jouent sur les rochers. L'écho redisait aussi le caquet de nos jeunes amis. F4 quand du haut d’une montagne nous aperçumes le village avec son église, son clocher, nous entonnâmes un Kyrié. Rien de beau comme cette mélodie sacrée chantée en chœur dans le silence du soir. Aussi les colons sortaient-ils de leurs demeures en nous applaudissant, Devant plusieurs maisons pétillait le feu destiné à protéger contre les mouches les châtelaines de ces castels. Nos chevaux sentaient l'écurie et battaient la caisse de leurs sabots en poussière, le bruit de nos roues sur la route pierreuse faisait accord avec le cliquetis de l’escouade—et—bientôt nous entrions à l'hôtel, situé tout près de la Chute, dont les vapeurs humides viennent sur l'aile de la brise arroser les galeries et les balcons.

Nous dételons, et nous nous dételons. Ecoutez, quand on a dix lieues dans les reins, par ces chemins raboteux, on est bien aise de désemparer. Et nos pauvrest bêtes, couvertes de poussière ! ! Quels bons chevaux !

Ah ça, garçon, ayez bien soin de ces bêtes là, hein ! Pas d’eau, ni d'avoine à présent, mon ami.—Laissez les se ressuyer— Pas d’ danger, monsieur. Avez-vous des licous ?—Oui, tiens, Bigras, donne donc les licous. Prends garde de mettre Rosée avec J’autres, tu sais qu’elle est mauvaise, et avec cela qu’elle se gêne de voler la portion de ses voisines.

Et nous entrons à l'hôtel, tenu par M. Renaud, dont la femme s’appelle Mde Renaud, et dont les enfants, s'ils en avaient, s’appelleraient des p'tits Renaud. Vous vous imaginez que nous étions dans une hôtellerie commune. Détrompez-vous.—Toit français, balcon couvert, chambres spacieuses, lits moelleux, table ni plus ni moins que somptueuse. Badinage à part, j'ai rarement mangé à mon goût comme dans cette auberge. Mde Renaud, si je n’en rappelle, a longtemps été cuisinière de grosse maison à la ville. Ah! mais.....que c’est dommage..…..je n'ai pas pris en note où elle a demeuré. Dans tous les cas, elle fait une cuisine délicieuse,...et à la canadienne, ce qui veut dire que les sauces sont courtes, qu’il y a des épices, que c'est croustillant, en un mot. Mais direz-vous : Que diable pouviez-vous donc manger à vingt lieues au nord de St Jérôme ? Il est bon de

vous dire, comme dans la chanson : ‘‘ Et dedans cet arbre savez-vous ce qu'il y a ? ” que dans la cour de l'hôtel Renaud il y a-t-une glacière, et qu'on y conserve du bœuf et du mouton — ; que dans la laiterie il y a du beurre de premier choix, que dans la cave il y a un saloir, avec du lard dedans, salé avant qu’ilait commencé à finir d’être frais ; que dans le poulailler il y a des poules noires et des grises, que dans le parcily a des vaches..….et tout ça à M. Renaud et à Mde Renaud, lesquelles vaches donnent du lait avec de la crème, mais pas de café que le marchand fournit avec un peu de chicorée et du sucre. Et puis il y a des pigeons, des tourtes, des poissons. Que vous dirais-je, enfin ! Si bien que M. Beaubien proposa de planter piquet à la Chute et de n’y bouger que le surlendemain. Nous tenons un conseil de paix auquel fut invité le colon. Les jeunes gens votèrent, car M. Beaubien est parlementaire, pour se rendre au Nominingue le lendemain. (Ça c'était le vote des Chambre basses, Mais les Chambres Hautes s’informèrent. Il y avait pour se rendre au Nominingue sept lieues, et de longues, je vous en réponds. L’hôtelier, qui avait voix au chapitre, représentait les dits chemins comme bien mauvais—et des côtes, monsieur ! ! Oui, des côtes—Ah | disaient les Communes, on sait pourquoi il trouve les chemins si mauvais, lui.

Quoiqu'il en soit les raisons du repos étaient nombreuses. C'était le lendemain dimanche, et après messe basse, il ferait très chaud, et nos coursiers avaient quarante lieues dans les pattes...et...et...nous n'étions pas pressés. La discussion dura jusqu’au souper, alors que les deux Chambres, réunies par les whips autour d’une sauce blanche aux fines herbes, en vinrent à s’accorder, et votèrent à l'unanimité que le départ serait remis au lundi. Ah ! les dîners fins ! ! Que de faiblesses n’avez-vous pas causées depuis Capoue |! Et dire que sur la route nous mangions à la gamelle et que nous chantions :

Savez-vous pourquoi les Romains Ont subjugué tous les humains, Amis, n’en doutez pas,

C'est que ces fiers soldats Mangeaient à la gamelle,

Vive le son, vive le son

Vive le son du chaudron.

Allons, Bigras, les chevaux sont-ils bien soignés ?—Oui, monsieur.— Sont-ils bien dans ces écuries-là?—J'cré ben, monsieu, du bon foin, bateau ! Et d’la bonne avoine itou.

—Qu'est-ce que tu dirais si nous ne partions d'ici que lundi ?

—Cher p'tit maître, ça f'rait ben mon affaire, moi, qui ai ici poupa, pi tous mes frères. J’cré ben que ça f’rait mon affaire!!! Et pi,

éz-vOUS Ce lacière, et erie il y a r, avec du ; que dans parcilya les vaches marchand :s pigeons, en que M.

jouger que t invité le ementaire, > vote des

Il y avait vous en réit les dits | Oui, des ve les che-

s. C'était s chaud, et ..€t...nous , alors que e blanche mité que le e faiblesses route nous

onsieur.— bon foin,

di ?

ici poupa, 111 Et pi,

tenez, on sera aussi avancé, parceque comme on ne pourra quitter qu'après la messe, on s’adonnerait à partir en plein soleil, et ces pauv'es chevaux, faut toujours en avoir piquié.

—Tu as raison, mon vieux! C'est entendu. Ainsi, va voir tes parents.

Et il ne se le fit pas dire deux fois, je vous en parle.

Et voilà pourquoi nous rouchâmes deux nuits à la Chute aux Iroquois.

Comme quoi tout n'est pas rose dans le voyage,...pas plus que dans la vie. Il est bon de vous dire que la Chute aux Iroquois est un pays sablonneux, comme Terracine, en Italie, dont je parle pour y avoir été en garnison. Or, à cause du sable, il y a des puces. Oh! oui, des puces. Quel bonheur pour moi de retrouver ces aimables insectes que je n'ai pas su apprécier sur les bords de la Méditerrannée. Il faut entendre raconter tous les traits de finesse attribués aux puces. “ Mais à quoi sert l'inteiligence sans le cœur? dit un auteur très sérieux. On a dit que le plus petit animal, le moins utile en apparence nous étonnerait par la patience, le courage, l'esprit: ajoutons par le sentiment et la tendresse maternelle.

Quand les puces ont pondu leurs œufs dans la poussière, dans les fentes des planchers, sur les coussins où dorment les animaux, dans les langes des jeunes enfants; quand les larves blanches et transparentes, sans pattes, très remuantes, en sortent en se tortillant comme de petites anguilles, la mère puce va leur dégorger dans la bouche le sang dont elle s’est remplie, et on voit sur leur peau transparente se colorer le tube digestif. Ainsi la légère souffrance qu’elle nous cause, la goutte de sang qu’elle nous enlève, c’est la vie de ses enfants.

N'accusez plus de méchanceté cette pauvre et tendre mère ; si elle mord, c’est qu’elle y est contrainte ; la nature lui a imposé cette loi, elle ne peut s'y soustraire ; mais croyez-le bien, elle agit avec tous les égards, tous les ménagements, avec tous les procédés d’un insecte gastronome, si l’on veut, mais qui n’est certes ni glouton, ni méchant. Une fois repue, la puce se hâte de lâcher prise, on dirait qu’elle a des scrupules de conscience. Le théâtre de son méfait elle l’abandonne vite, sautillante, alerte, chatouillant tout le voisinage d'une patte légère et douce comme pour engourdir et calmer la douleur, minime d’ailleurs, que sa piqûre a déterminée.” .

Pardon, lecteurs, de cette citation, mais c'était] pour me faire par donner mon exclamation de bonheur en retrouvant les puces de Terracine. Mes lectrices, plus sensibles, comprendront mon admirae tion pour ces petits cœurs de puces.

Et puis qui sait (il y a tant de choses importantes qu'onsignore) si ces petits êtres ne sont pas chargés d'extraire de dessous l’épiderme un

sang vicié par le séjour en pays sablonneux! La science n’a peut-être pas dit son dernier mot sous ce rapport. Dans tous les cas je la mets en demeure de se prononcer. Elle pourra prendre pour base de son raisonnement qu'il n'aurait pas besoin d'être saigné celui qui aurait pendant une nuit fourni la nourriture à cent puces. Et pourquoi do'ic les sangsues qui piquent si traitreusement, , . et les ventouses qui causent tant de douleurs ?

La Chute aux Iroquois a été érigée en paroisse canonique sous le nom de ‘La Nativité.” Ses colons viennent pour la plupart de St- Jérôme, Ste-Thérèse, Ste-Scholastique, Ste-Anne des Plaines, St-Lin et quelques-uns de Montréal.

La population, lors de notre passage, en 1884, était de 350.

Le village est admirablement situé sur le bord de la Rouge, dominant une chôûte capricieuse et puissante, qui murmure sans cesse en se précipitant sur les rochers usés par ses caresses prolongées. Un pont magnifique traverse cette chute en s'appuyant. sur les rochers énormes qui la forment. C'est un spectacle grandiose que ce bouillonnement des eaux se précipitant de cailloux en cailloux, pour se confondre écumantes dans un large bassin, où elles tournoient avant de prendre leur cours à travers les verdoyantes îles dont ce paysage est parsemé.

De beaux moulins à scie et à farine, prêtent le flanc à ce courant qui leur donne la vie, Ces moulins appartiennent à M. Ulysss Dyonnais. Nous avons eu le plaisir de faire sa connaïssance. L’est un Français comme nous aimerions à en voir beaucoup dans le pays. Il est distingué, affable et poli. Il est bon chrétien et, par sa conduite, fait l'édification des habitants du lieu,

Nous avons eu l'avantage d'être présentés à sa famille, composée de Madame Dyonnais et de deux filles, dont l’une s’est mariée cette annéelà même avec notre ami M. Chavot, officier du service civil.

L'intérieur de cette famille nous peint le caractère de nos gens de France tels que nous les rêvons, nous Canadiens, qui avons gardé tant d'affection pour les Français dont nous connaissons la politesse et l’urbanité. Nous avons conservé de cette famille un des! plus beaux souvenirs de notre voyage.

Un autre Français y est aussi établi depuis plusieurs années. C'est M. Kappe, qui parait être un esprit cultivé, et qui a souvent écrit dans le “Nord” des articles très bien pensés. Comme monsieur était absent, nous n'avons pu le voir à notre passage.

L'endroit où est situé le village a un cachet tout à fait militaire, et la nature semble lui avoir donné nne ressemblance avec ces villes fortifiées de murs en terre et de fossés, à la Vauban. De chaque côté de la rivière, qui y fait angle presque droit, des collines s'élèvent graduellement jusqu’à des montagnes d’une assez grande hauteur pour

peut-être je la mets se de son qui aurait pourquoi touses qui

ue sous le art de St- St-Lin et

ge, domiesse en se Un pont s énormes onnement confondre le prendre parsemé.

e courant ss Dyon-

&'est un pays. Il conduite,

hposée de tte année-

s gens de rardé tant blitesse et.

us beaux

ès, C'est écrit dans était ab-

litaire, et illes fore côté de ent graeur pour

protéger la plaine où ce village est assis. Les rues sont larges et les maisons bien bâties, avec toits français; plusieurs ayant balcons, galeries, châssis saillants, etc. L'église, qui domine le village, est adossée à une haute montagne dont elle se détache artistiquement, Le curé de la paroisse est aussi missionnaire à la Conception; c'est le Rév. Père Leblanc, jésuite, qui semble prendre son rôle à cœur. Dans ses heures de loisir il travaille comme un colon. Il prend la pioche et le râteau et cultive son jardin qu’il a embelli d'une palissade faite de ses mains. Son presbytère est d'une simplicité évangélique. Quand il a plus de deux visiteurs, il leur offre de bons bancs qui peuvent en asseoir dix. Il est muni de bons calumets de paix. Si je me rappelle bien il fume lui-même. Les fumeurs seront consolés d’apprendre qu'un de leurs caprices est partagé par un jésuite. Si, au moins, il avait du bon tabac! Car quelquefois, dans ces endroits, le missionnaire est obligé de fumer pour apaiser la faim, —et aussi pour ne pas se laisser manger par les moustiques. Dommage qu’on ne puisse pas faire une fricassée de ces petites bêtes qui rendraient ainsi à César ce qu’elles prennent à César. Quoiqu'il en soit le Père Leblanc se porte bien, et il ne changerait pas sa place pour un évêché. Qu'est-ce que je dis là! Comme si un évêque n'avait qu’à confirmer |! Mais la Chute aux Iroquois pourrait bien, plus tard, devenir le siège d’une évêché. Ah! quelle belle place!!!

J'y ai rencontré un homme que je n'avais pas vu depuis dix ans, alors que j'étais magistrat de district, et qui, maintenant, tient un hôtel à la Chute, et un très bel hôtel. Il se nomme Marinier, mais son véritable nom est Ermatinger, ou quelque chose en allemand comme ça.

Ce petit homme — car il est petit — s'était établi, il y a plusieurs années, dans le canton d’Arundel, à proximité de protestants, qui lui faisaient la guerre, comme toujours quand ils sont en force. Il était alors seul de Canadien, et il se défendait comme un brave, avec son père qui ne craignait rien. Ils ont été souvent obligés d’en venir aux mains, et dans leurs déboires ils venaient se plaindre au magistrat du district de Terrebonne, C'est ainsi que je lai connu. J'ai été heureux d'apprendre de lui qu’il avait fait enfin triompher la justice, et que ses adversaires avaient été obligés de reconnaître ses droits.

Il y a à la Chute ur M. Buck, venu de Ste-Anne-des-Plaines, et petits-fils d’un ex-député de Terrebonne. Il tient là un magasin général. M. Buck est un homme intelligent qui s'enrichit rapidement, et surtout sûrement, parce que c’est un très honnête homme. Aussi, est-il à la tête des bonnes œuvres de sa localité, et soit en conseil, soit en marchandises, il rend d'immenses services à ses concitoyens.

La chapelle a été construite en 1882. Elle a 60 pieds de long sur 30 de large. Elle se trouve dans la partie supérieure du corps de bâtisse qui contient aussi le presbytère. L'intérieur de cette chapelle est remarquable de propreté.

Les premiers actes d'état civil datent du 23 novembre 1880. Le Rév. Messire Laporte a été le premier curé résident. Il fut remplacé par le R. P. Jean Raynel, S. J., comme curé, et le R. P. Victor Hudon, S. J., assistant, au mois de juin, 1882. Au mois d'août, 1883, le R. P. Louis Leblanc, S. J., leur succéda.

L'école du village a été ouverte au mois de septembre 1883.

Nous avons assisté, le dimanche, à la grand'messe chantée dans cette modeste chapelle, où se pressait autour du sanctuaire cette population croyante qui prie avec tant de ferveur.

Il n’y a ni orgue, ni chœur puissant qui fassent résonner les voûtes des accents de la musique moderne ; c’est le plain chant, dans toute sa suave gravité, qui y traduit les expressions de l'Eglise. C'est du Grégorien tout pur qu'on ne reconnait plus dans certaines églises, où la musique théâtrale s'est faufilée, comme les idées du siècle se sont inintroduites dans plusieurs œuvres religieuses.

Ce chant Grégorien est si simple que tous peuvent y prendre part. Aussi avons nous mêlé nos voix à celles des chantres de la paroisse, qui n’ont jamais appris d'autre musique.

Quelle émotion n'avons nous pas ressentie en assistant à la messe dite dans cette chapelle élevée au Christ, au milieu de ces montagnes, alors qu’il n'y avait encore que quelques colons dispersés ça et là dans les bois ! C’est bien là le Jésus tel que le fait connaître le catholicisme, courant après les hommes, se mettant à la portée de tous, sous le toit le plus humble, sous les apparences les plus modestes, afin d'attirer à lui les misérables. C'est dans ces églises surtout, comme à la crèche, qu'on s'approche avec confiance et que l’on comprend combien le Christ aime l'humanité. Aussi quel bonheur pour ces pauvres colons de pouvoir venir se consoler auprès de Celui qui seul peut apprendre à souffrir, et même à aimer la souffrance en y attachant un prix infini. C'est ce qui explique le courage des hardis pionniers s’attachant au sol avec tant d’opiniâtreté, du moment qu'ils aperçoivent non loin d'eux, le signe de ralliement, l’étendard de la croix planté au milieu de leur camp. Comment feraient les femmes, si dans leur ennui et leur isolement, elles ne pouvaient aller de temps à autre puiser du courage à la table qui fait les forts, et si le prêtre n’était là pour baptiser les enfants, et accourir au chevet des malades ? Oui, je le répète, ça été une heu-

reuse idée de la part de notre clergé, que de commencer la colonisation de chaque canton en y érigeant une chapelle.

J'ai prié pour que Dieu conserve ce peuple bon et vertueux digne de

de long sur du corps de ette chapelle

e 1880. Le fut remplacé ctor Hudon, 883, le K. P.

lantée dans cette popu-

r les voûtes ans toute sa ’est du Gréglises, où la se sont in-

rendre part.

la paroisse,

a messe dite agnes, alors là dans les atholicisme, bus le toit le attirer à lui èche, qu'on n le Christ

colons de pprendre à prix infini.

hant au sol loin d'eux, ieu de leur

leur isoleourage à la es enfants, é une heuolonisation

x digne de

servir d'exemple aux populations des grands centres, et pour que la sève abondante et pure qui coule dans ces rameaux de l'arbre national se répande dans son tronc et ses racines, de manière à le régénérer et lui conserver la vie.

J'ai prié pour que Dieu me rende semblable à ces hommes primitifs qui sont les petits que Jésus a tant aimés.

Ah ! que je me sentais inférieur à ces fervents chrétiens qui, après avoir travaillé toute la semaine à des travaux pénibles, venaient, de plusieurs milles, s’agenouiller dans cette église pour y entendre et la messe et les vêpres ! 1! À

Il est digne de remarque que les enfants de chœur s'y distinguaient par leur bonne tenue : bien peignés, mains nets, surplis propres avec jupon assez long pour cacher un pantalon qu'on ne peut espérer voir toujours de la même couleur sombre. Rien n’est désagréable à l'œil, et je dirai à l’âme, comme, de voir, dans certaines paroisses, arriver dans le sanctuaire les enfants, et même le bedeau, affublés de surplis tirant sur le gris, et d’un jupon se rendant à peine aux genoux, au bas duquel on aperçoit un pantalon bigarré et des souliers crottés. Ça ne convient pas à la sainteté du lieu, car on ne voudrait pas se montrer ainsi dans le salon d’un bourgeois. Il vaut mieux avoir deux enfants de chœur convenablement mis que de voir arriver au pied des autels une volée de perdreaux aux allures effarées et négligées.

Notre présence n’a pu naturellement passer inaperçue. Aussi, après la messe fallut-il nous exécuter et prononcer, M. Beaubien et moi, chacun un discours. M. Beaubien, comme toujours, sut instruire ses auditeurs en les faisant rire. Et moi, je l'avoue, l'émotion me portait à pleurer. Le beau a cet effet sur moi. Or le spectacle d'un groupe de colons, autour de cette église, écoutant avec avidité les réflexions que nous inspirait la circonstance, faisait surgir de mon esprit une foule de pensées qui rejaillissaient sur mon cœur et le gonflait.

Dans l'après-midi nous nous mîmes à faire des visites, non seulement dans le village, mais dans ies côtes.

Nous fûmes surpris de voir de quel bonheur jouissent la plupart de ces gens qui, il y a quelques années sont allés là pauvres, très pauvres, et qui, aujourd’hui, ont un avenir presqu’assuré. Ils ont tous des défrichements suffisants pour semer la quantité de grain, de légumes et de fourrage nécessaire à leur existence, et ils ont encore chacun à défricher quelques centaines d’acres qui leur permettront d'élever leur famille avec espoir.

‘ Ça été un grand sacrifice, disait l’un d’eux, de quitter Ste Anne des Plaines où j'ai été élevé, de m’éloigner de mes parents, de mes amis. Je commençais même à être âgé, et j'avais le pli des vieilles

paroisses ; mais je me disais : en y gardant ma petite terre où je travaille le jour et la nuit pour élever ma famille et vivre dans les dettes, j'aurai pour toute consolation de voir mes enfants prendre la route de l'étranger et m'abandonner pour aller végéter ailleurs. Alors j'ai vendu ma terre et me suis choisi ici des lots que je puis défricher en me faisant aider ; et j'en ai assez grand pour y établir mes enfants qui voudront rester autour de moi. Cette espérance me donne du courage.”

Quand nous visitimes ces fermes, les grains étaient en pleine croissance, et rien n'était beau comme ces champs de blé, de sarrazin, d'avoine, etc. Les patates y avaient une apparence superbe.

Nous trouvions les 4abifants réunis par groupes, fumant à la porte des chantiers, délibérant sur tout et parlant veaux, vaches, cochons, couvées. Vieux, jeunes, hommes, femmes, garçons et filles, tous paraissaient heureux. Et nous revinmes de notre excursion, en canot, fredonnant le vieux refrain : ‘* En roulant ma boule roulant. ”

Tous paraissaient heureux, ai-je dit. Cependant, je ne dois pas oublier dans une des familles que nous avons vues une jeune fille aux grands yeux noirs, à la chevelure châtaine, au teint brun, qui semblait triste au milieu d’un groupe réuni à la porte d’un chantier. Les voisins et les voisines, garçons, filles et enfants formaient, avec pères et mères, un essaim turbulent ; les uns parlant chevaux et vaches, les autres grains et légumes, quelques uns se contant fleurette, et tissant langoureusement la toile qui devait plus tard envelopper leur existence. J'aurais deviné qu'elle soupirait après quelqu'un d’absent ; car a vingt ans, qui peut nous attrister? Je voulais m'en assurer en interrogeant le pater sur l’histoire de la famille. J’appris, en effet, que l’amoureux de cette jeune fille était marié. . . à une autre. Mais quelle avait été la raison de ce délaissement ? Ils s’aimaient tous deux, parait-il, et si j'en juge par la mélancolie de cette dulcinée, et surtout par les soupirs que provoquait l'épisode que nous racontait la mère, elle avait, en effet, aimé celui qui l'avait abandonnée. Le père s’est chargé de nous donner la cause de ce bris de mariage. C’est que lui, père, n'a pas voulu donner son consentement. Mais, encore, pourquoi? Parce que ce garçon n'était pas bien établi, Il avait bien un lot, mais pas de roulant. .. et sa fille aurait pu avoir de la misère. Ce pauvre garçon désespéré prit une autre compagne, et laissa en larmes au foyer paternel l’objet de ses premières amours. Ce jeune homme est aujourd'hui très à l'aise. C'est l’histoire de bien des jeunes cœurs, dans les villes surtout ; mais, je l'avoue, j'ai été surpris de voir cette théorie mise en pratique à la campagne. Autrefois nos pères épousaient nos mères pour leur aider à vivre et ils travaillaient tous deux, s’encourageant mutuellement, amassant tranquillement de quoi élever leur famille à laquelle ils laissaient, avec la terre qui les avait vs naître, des biens

terre où je re dans les prendre la urs. Alors défricher en enfants qui lu courage.'’ t en pleine de sarrazin, >erbe.

it à la porte »s, cochons, 2s, tous pa- 1, en canot, t. ” ois pas oune fille aux jui semblait Les voisins es et mères, utres grains ingoureusee. J'aurais vingt ans, rrogeant le noureux de e avait été rait-il, et si les soupirs hit, en effet, é de nous re, n’a pas Parce que ais pas de e garçon oyer paterujourd’hui s les villes e mise en nos mères

ourageant r famille à des biens

suffisants pour leur assurer un bel avenir. Dans ce bon vieux temps

on se contentait de savoir si le prétendant à la couronne était honnête, :

sobre et travaillant. Et on allait, à l’âge de 15 à 20 ans, se promettre aide, assistance, amour, au pied de l'autel, en présence d'un prêtre qui leur donnait une bénédiction avec les promesses faites à Abraham. On se lançait dans l'avenir pleins de courage, on travaillait ferme, et bientôt se multipliait autour des conjoints une famille heureuse, qui avait pour les parents respect et obéissance,

Les choses sont changées, on se marie souvent, trop souvent, par intérêt, et comme stricte conséquence, c'est qu'on se marie vieux, et les familles s'affaiblissent comme le lien qui doit les unir. Où est donc l'amour désintéressé qui faisait envisager l'avenir avec sérénité sous la protection de Dieu, qui soigne les oiseaux de: bois et orne le lys des champs?

En visitant ces familles nous primes des renseignements sur l’état de leurs affaires. Nous parcourûmes les champs pour voir leurs grains sans oublier le bétail. Nous avons vu là une bonne race de vache canadienne qui a eu Ja chance d'échapper au croisement des races étrangères, lequel ne convient pas au caractère de notre race laitière. En effet, comme l’a bien établi M. Couture, médecin-vétérinaire, il ne faut jamais perdre de vue, dans l'élevage, une démarcation bien distincte entre les animaux de boucherie et les animaux laitiers. On ne parviendra à mélanger ces deux races qu’en formant une race bâtarde propre ni à la boucherie, ni à la laiterie. Mélangez une race laitière avec une autre race laitière, très bien ; une race de boucherie avec une autre race pour la boucherie, bien ; mais ne mélangez pas une race avec l’autre sous prétexte de tirer deux avantages d’une seule race. Notre petite gente canadienne, qui est excellente pour le lait, doit, à ce compte, être croisée avec les Alderneys, les Ayrshires, mais non avec les grosses races comme les Durham, etc.

{1 nous a fait plaisir de voir, chez le père Nantel, une petite jument canadienne pur sang. Quel beau type que cette bête à la forte encolure, à la crinière épaisse et au poitrail ouvert. Pourquoi s’est-on départi de cette famille de chevaux propres à tout, à la route comme aux traits, jouissant d’une santé robuste, qui défiait le froid et la misère, pour adopter une race étrangère qui nous a apporté ies nœuds, les courbes, les ring bones, les... je ne sais quoil Vive la Canadienne! Hein, j'allais dire. .. Et ses jolis yeux doux!

Il nous fallut quitter ce beau pays de la Chute aux Iroquois, un des sites les plus propres qu’il nous soit possible d'imaginer à l'établissement d’un village à la fois plaisant et commode pour l’industrie et pour les résidences privées. Et sain, puisqu'il n’y avait là, depuis un an, qu'un individu de mort, et certes, il était assez vieux pour faire un

Pas

D or

ane Ste

RSS

nd à

CGR Le D ee le Von

RS pr on at ré

ges

mort. À 96 ans il mourut... d'avoir trop mangé. Pendant cette même année six sont morts à la Conception.

A la Chute aux Iroquois on voit, sur la rive est de la Rouge, près du pont, adossée à une colline couverte de troncs dépouillés de leurs feuilles et de leurs écorces que le feu a dévorées, une masure faite de bois de bouleau et entourée d’un petit champ de blé d'Inde ; sur les murs en bois rond de cet abri sont appuyés des canots d'êcorce, des appareils de pêche et quelques peaux de bêtes puantes étendues pour sécher. C'est la résidence de Joe Commandant, fils de Jne Commandant rer, qui depuis longtemps demeure au lac Tremblant, dont on aperçoit les bords dans le lointain, à l'est, Michel Commandant, son frère, est à la Chute aux Bluets, sur la Rouge. Ces trois froquois, avec Xavier Micon, qui demeure à la Montagne du Sauvage, s'étaient taillé un héritage dans ces vastes domaines ; mais comme ces grands seigneurs ne se livrent jamais qu’au noble métier de la pêche et de la chasse, ils ont négligé la culture de leurs terres. Ils faisaient grande vie dans ces forêts peuplées d'ours, d'orignaux, de loutres, de castors, de visons, de perdrix, etc. Aussi fallait-il les voir quand, en hiver, leurs frères du Lac ou de Caugnauwaga allaient, sous les étendards de saint Hubert, y sonner la Valse Aller ou l'Hallalli.

Comme ils faisaient bonne chaire sous les tentes enfumées de la Nord ou de la Rouge ! Aussi descendaient-ils le printemps avec des charges énormes de pelleteries qu’ils trafiquaient à St-Jérôme, en passant au comptoir de M. de Montigny, qui échangeait avec eux, vivres, provisions et argent. ‘

Et ces sauvages, maîtres de la forêt, se laissaient aller au fil de l’eau, évitant les rapides par des portages, jusqu’à l'Ottawa, où se trouve Oka, et jusqu’à Caugnauwaga, sur le St-Laurent. Ils y passaient l'été dans le far-niente, mangeant leurs rentes avec le capital, sans souci et sans prévoyance, n'ayant de goût ni pour l’agriculture, ni pour l’industrie, laissant aux femmes le soin de travailler les raçades, le porc-épic ou l'osier pour subvenir aux besoins de la famille, quand le produit de la chasse ne suffisait pas.

Aujourd'hui que le gibier s’est éloigné, ils ne fréquentent guère ces parages, et les femmes suppléent par leur industrie à ce qui manque à une existence que le seul gain que trouvent ces hommes à conduire les voyageurs à travers les rapides des rivières flottables, est impuissant à soutenir.

Il ne reste donc plus, dans le Nord, que les familles que j'ai nommées. Joe Commandant, qui est à la Chute, semble regarder en philosophe le trémoussement des blancs autour de lui. Il s'étonne qu'on se morfonde à défricher la forêt. Il prétend vivre mieux que tous ces gens-là. ‘ Si je veux un lièvre, dit-il, je l'ai ; si je veux manger

ndant cette

ge, près du és de leurs nasure faite d'Inde ; sur ts d'êcorce, es étendues fils de Jane nblant, dont mmandant, is froquois, ze, s'étaient ces grands he et de la ient grande de castors, 1, en hiver, tendards de

mées de la temps avec -Jérôme, en it avec eux,

i fil de l’eau, ù se trouve isaient l'été ans souci et our l’induse porc-épic produit de

guère ces i manque à onduire les puissant à

es que j'ai egarder en Il s'étonne mieux que ux manger

une perdrix, je vais la chercher; si je veux me régaler de poisson, je le prends, tandis que le canayen, de la galette, toujours.”

Mais quand le gibier manque, par exemple, il faut se frotter le ventre. Ah bah! c'est encore pareil, alors il dort. Personne mieux qu'un sauvage n'a compris ce proverbe: ‘‘ Qui dort dine.”

Le matin, à bonne heure, le soleil n'était pas encore sorti de sa couche empourprée, quand nos chevaux hennissaient attelés dans la cour de l'hôtel Renaud. Il le fallait bien, car la journée s’annonçait chaude et nous voulions profiter de la fraîche |! Quelle belle matinée ! Les vapeurs s'échappaient de la rivière et des lacs qui semblaient secouer les gazes de leur couche, pour sourir à l'aube matinale, les odeurs des prés embaumaient l'air; la rosée brillait des teintes de l'aurore, les oiseaux gazouillaient dans les branches des grands arbres, et les animaux ruminaient aux barrières du parc en attendant les fermières qui venaient les unes après les autres traire qui Marrette, qui Rougette, qui Barrée, etc. Et nous partons flamberge au vent, pavillon à la tête des chevaux. On jetait aux échos des alentours des détonations de nos armes, des cris de nos poitrines et le refrain zouavitique :

C'est le bataillon, morbleu !

Des zouaves du bon Dieu,

Et nous étions déjà sur les hauteurs qui dominent le village quand l'Angelus sonna du haut du clocher de l’église. Ave Maria... Et la Chute aux Iroquois disparut derrière nous, et la forêt s'épaississait.

Nous quittons le canton Joly, l’un des plus riches du nord et qui comptait, en 1880, 13934 acres de terre arpentées.et mis en vente.

En 1883 on constatait que sur le chemin qui conduit de la Chûte, aux Iroquois au lac Maskinonge (Canton Minerve) tous les lots étaient concédés dans Joly, et la population y était alors d'à peu près 300 âmes.

Cette même année fut construit un pont sur le chemin entre la Chûte aux Iroquois ét le lac Macassé,

Nous entrons dans le Canton Marchand, que longe la Rouge à l'est, et qui est un des plus beaux cantons du Nord.

De la Chûte des Pins à quelques milles de la Chute aux Iroquois on prend le chemin Chapleau, qui est aujourd’hui presque tout construit. Ce chemin part de la Rivière Rouge, près du Rapide des Pins, dans Marchand, traverse ce canton, celui de Loranger et celui de Mon-

Ait DATES NE CR DEL SOS A RAS Te er PT ON NO

tigny, puis se continue presqu'en ligne droite jusqu’au canton Kiamika, sur la rivière La Lièvre. Ù

Cette route, par la quantité et la qualité des terres qu’elle ouvre à la colonisation, est peut-être la plus importante de tout le nord. Elle pourra même sc:vir de débouché aux établissements de la rivière du Lièvre qui communique presqu’en ligne directe avec Notre-Dame du Désert, sur la Gatineau, où les Rév. Pères Oblats ont un établissement. Ce chemin jusqu’à la Kiamika a été fait sous la conduite intelligente de M. Pierre Bohémier.

Nous voilà lancés en pleine forêt de merisiers, d’érables, de hêtres; et tantôt dans les ravins, tantôt sur le flanc des montagnes, nous traversons des ruisseaux pittoresques qui nous annoncent le voisinage de poétiques nappes d’eau.

Or, à tout moment nos éclaireurs crient : ‘ Voilà un lac.” En effet, à travers les arbres nous apercevons, là au fond d’un grand ravin creux, ‘un étang en partie couvert d’herbes aquatiques, et dont les abords sont mousseux. Du rivage s'élèvent de grands hérons qui semblent se douter que nous avons parmi nous des Nemrods. Comme fiche de consolation nos jeunes amis leur envoient un salut désespéré de cris sauvages, qui jettent l'alarme jusque chez les grenouilles de la localité, et il y en a, je vous en réponds, et de grosses aussi. Dire que pas un colon ne s’est encore imaginé d'utiliser ces chétives pécores,.… pas pour essoucher, dame ! mais pour en faire un plat dont nos gourmets se lèchent les barbes. Il paraît pourtant que c’est excellent. Dire que moi-même je n’en ai jamais mangé qu’aproximativement. Tout de même, en cas que ce met plaise à la génération qui pousse aux alentours des lacs, (et pour cela il ne fant que l’élever avec l'idée que ce n’est pas écœurrant), je vais donner une recette que je prends dans un petit livre de cuisine, publié par un ancien chef de cuisine, en collaboration avec un docteur en médecine, ni plus ni moins. Et puis ça sert d'entrée ou de rôti. (Comme entrée on les prépare à la poulette. Or, pour faire accroire que c’est de la poulette, voici comment on les prépare, ces bonnes grenouilles.

Passez les cuisses de grenouilles (rien que les cuisses, nom d’un p'tit bonhomme !) à l’eau bouiilante et jetez-les dans l’eau froide; mettez dans une casserole ou poêle un morceau de beurre, une pincée de farine, clous de girofle, des plantes aromatiques telles que thym, persil, sariette, poivre et sel. Mouillez avec un peu de bouillon et de vin blanc ou un peu de vinaigre, mettez vos grerouilles, (toujours les cuisses,) dans cette sauce, et ne les laissez cuire qu’un quart d'heure. Au moment de servir, ajoutez deux ou trois jaunes d'œufs battus.— Bon, très bon,...pour ceux qui l’aiment—c'est-à-dire ceux qui n’en ont pas dédain. Moi, ça dépend ile l'éducation, je n’ai jamais mordu à cét appât.

\ Kiamika,

ouvre à la ord. Elle rivière du e-Dame du n établisseduite intel-

e hêtres; et nous traisinage de

lac. ” En l'un grand es, et dont hérons qui s. Comme : désespéré uilles de la Dire que pécores,.… t nos gourllent. Dire ent. Tout )ousse aux l'idée que ds dans un en collabo- Et puis ça à poulette.

ent on les

nom d’un u froide :

e pincée que thym, lon et de ujours les t d'heure.

battus.—

n’en ont mordu à

Voulez-vous les manger frites, écbutez, messieurs et mesdames, et

“vous all z voir comme le procédé est facile : Faites mariner des cuisses

de grenouilles pendant une heure avec moitié eau et moitié vinaigre, des: tranches d'oignons, gousses d'ail, thym, laurier, clous de girofle, poivre et sel. Puis faites les égoutter et farinez les pour les faire frire. On peut, au lieu de les fariner, les jeter dans une pâte à frire, faite avec de la farine délayée avec un peu d’eau, de. vin blanc, d'huile et de sel, la pâte -- doit pas être trop claire. Servez et vous m'en direz des nouvelles. .

Pauvres grenouilles, comme elles vont m'en vouloir d'apprendre à les manger! C'est à elles maintenant de s'organiser pour se protéger. Et pourquoi ne pas appeler à leur secours la société protectrice des animaux? En étudiant leur constitution les savants pourraient trouver le moyen de leur extraire les pattes sans souffrance, et les cuisses aussi, beau dommage.

La pile de Volta, qui leur doit son existence, profitera peut-être de la circonstanc: pour leur témoigner sa reconnaissance en rendant leurs cuisses périodiques, comme un autre fruit. Je m'’arrête, bonjour les grenouilles, et au revoir au grand Vatel ou chez Mde Duperrouzel, quand j'aurai appris à vous apprécier.

Un fruit nai n’est pas utilisé et qui croît en abondance autour de ces lacs, ce sont les ottocas ou canneberge. Voici ce que dit de ce fruit notre grand naturaliste, l'abbé Provancher ; il donne la manière de le cultiver, à la page 128 du.“ Verger, Potager et Parterre” :

“ I] n’y a guère de fermes en Canada où cette culture ne pourrait être pratiquée. Toutes les terres avoisinant le fleuve ou quelque rivière, présentent d'ordinaire quelques bas-fonds où la canneberge peut croître avantageusement. Mais même éloigné du fleuvé ou de toute autre rivière, n’y a-t-il pas sur votre terre en quelque endroit, un marais, une savane ou petite vallée qui se couvre d’eau à l’automne, et souvent pour tout l'hiver, bien que la chaleur et l'absence des pluies puissent les dessécher pendant l'été ? Voilà la meilleure place possible. pour y asseoir votre culture, pourvu que son humidité ne vienne pas de quelque source trop froide qui arrête presque toute végétation, Et ce marais ou cette savane qui maintenant ne vous rapporte rien, mais vous est même très nuisible parfois, peut être amené avec un peu de soin à vous donner des produits que ne pourraient égaler en valeur, à mesure égale, les arpents les mieux cultivés de votre ferme ; puisque les canneberges, uné fois bien établies, donnent, année commune, 150 à 200 minots par arpent, qui à raison de $2 le minot, vous donneront de $300 à $400, ce que certainement ne pourra vous rapporter aucune céréale, ni même aucune racine.”

Nous cheminons gaiement dans ce pays grandiose où la nature est

de

forte, en passant sous ces hauteË érables, dont les rameaux forment ‘ sur notre route des arcs majestueux. Pas de parc plus beau que ces. solitudes que protègent de leurs grands bras ces géants séculaires qui semblent, là, imposer silence a bruit étranger pour écouter les mille voix qui s'élèvent du sein des forêts. C'est le roitelet qui siffle en duo son petit refrain sur le ton de l'interrogation ; le merle qui roulé dans son gosier les notes les plus tendres.—Aussi est-ce le temps où les petits sont nés.

Là-bas est une cascade qui gémit en se jetant sur les pierres du ruisseau, et du sein de ce sol, enrichi des dépouilles annuelles de la végétation, s'échappe une odeur variée des fleurs sauvages et des feuilles croissantes. Des allées formées par le-passage fréquent des chevreuils, qui viennent s’abreuver aux lacs, ménagent des éclaircis où se plonge l’œil enchanté. Des ponts rustiques jetés sur les ruisseaux offrent toutes les originalités de la nature. Les troncs renversés à leurs’ côtés ajoutent à leur aspect champêtre une grande solidité. Sur le bord du grand chemin, des arbres couchés par le vent qui s’engouffre dans ce vaste- tunnel, soulèvent leurs racines chevelues, comme pour nous montrer le secret de leur force ; les plantes les plus variées garnissent les allées de ce parc féérique où tout se trouve : rochers, vallons, collines, lacs, ruisseaux, arbres, plantes, pavillon, terreau excellent, fleurs variées. : À qui est donc destiné ce royal domaine où courent l'orignal, l'ours et le lièvre, où voltigent la perdrix, l’outarde et le canard? Ce ne sont pas Le Nô..e, le Brun, Girardon, Lauvois, qui y ont travaillé, mais bien cet architecte divin qu'ils ont essayé d’imiter. Le seigneur que ce séjour attend, c’est lé colon, qui peut là s'entourer d'affection et d'espérance.

C'est là, dans ces grands bois de hêtres, que la tourte, espèce de tourterelle, se dirigeait autrefois en nombre incroyable. Qui donc conduisait ces pigeons sauvages dans cette direction plutôt que dans une autre? Est-ce aux sens ou à l'intelligence qu'il faut attribuer'ce phénomène? ‘ Assurément, dit un naturaliste, ce n’est pas à la vue, ni à l’ouie, ni au toucher, ni au goût, ni à l'odorat. Ces phénomènes ne peuvent s'expliquer que par la sensibilité générale de l'oiseau, par son impressionabilité au chaud et au froid. Lancé dans l'atmosphère il se dirige d’après les sensations qu'il éprouve ; il sait quelle sortie il doit suivre pour gagner le nord ou le sud. Sa sensibilité lui sert de boussole et de thermomètre.” ;

Nous nous avancions à petit train, car outre qu’à certains endroits la route était gâtée par les eaûx du printemps, nous avions à attendre nos joyeux compagnons qui, le fusil au bras, gambadaient de uroite et de gauche.

Oh ! que c'est donc beau, ces montagnes hautes et chevuiues, ces ravins sauvages, ces lacs profonds qui irriguent le sol !

x forment

Lu que ces.

ilaires qui

: les mille … le en duo

roulé dans

ips où les

pierres du lles de la ss et des quent des claircis où ruisseaux nversés à dité. Sur s’'engouffre mme pour ariées gar- : rochers, terreau exomaine où 'outarde et auvois, qui é d’imiter.

s’entourer

espèce de donc condans une ‘ce phéno-

vue, ni à omènes ne u, par son osphère il rtie il doit

e boussole

tains en- S avions à hdaient de

viues, CES

De distance en distance on aperçoit un défi ichement qu'un squatter

a fait sur un lot, avant que le canton fût arpenté, afin de le choisir chez l'agent des terres avant tout autre, quand il sera en vente, Là est.un

chantier barricadé, construit par un voyageur qui est allé faire la drave et gagner de quoi défricher. Ici est une cabane vacante qu'un

ouvrier, qui travaille en ville, a construit pour y loger les hommes à

gages qu’il envoie faire de la terre neuve.

. Près de la décharge d’un lac se présente une habitation. où toute une famille est en mouvement : les uns abattent les grands arbres, qui en tombant mêlent au grondement de leur chute les craquements de leurs branches qui se brisent ; les autres débitent les troncs couchés en billes de huit pieds ; les grands garçons fardochent. Les bûcherons susnendent les haches et ramassent les gros morceaux et les mettent en tas, puis les enfants y portent les petites branches. Et puis par un temps sec on promène la torche dans ces amas fanés qui grillent en pétillant. Dans ces foyers ardents se font entendre des bruits divers : c'est le vent qui s’engouffre dans l’espace réchauffé ; c’est la sève qui bout sous l'écorce qui éclate ; c’est l’insecte qui sent la chaleur envahir son gite ; c’est la branche qui se brise ; c’est le cadavre qui s'affaisse, Et puis, de ces tronçons calcinés s'élève une flamme qui tourbillonne en sifflant.

Et quand le monceau noirci s’est écrasé à demi consumé, les débris sont ramassés, remis en tas, brûlés de nouveau et consümés en cendres. On les recueille quelquefois pour en faire de la lessive qu’on réduit en potasse,. ;

Sur ce sol on jettera de la semence de blé-sarrasin ou de la graine de navets, après l'avoir déchiré avec la pioche ou la charrue traînée par

des bœufs. Et puis, Dieu fera le reste.

Il faut le voir, ce colon, avec ses deux grands bœufs blancs marqués de roux. Comme ces animaux ont l'air bête et comme ils sont fins! Ils vous traînent des charges, mais, dame ! d’un pas tranquille et lent, comme au temps de cet heureux temps, où ils promenaient dans Paris les monarques indolents. Pauvre animal va, comme tu me fais réfléchir sur ta patience et ta constance au travail ! Quelle leçon tu nous donnes en nous apprenani à creuser tranquillement le sillon d'où doit surgir le bien-être, et souvent la fortune, mais la fortune solide ! Et puis, comment, en voyant ces animaux si forts, munis de cornes aiguës, se ployer si docilèement aux volontés de l’homme, ne pas penser à la bonté de Celui qui les a faits pour nous, pour notre utilité, en leur commandant de nous obéir !

Mais ce n’est pas tout : sur le bord de la route se présentent des plantes aromatiques, médecinales et industrielles, qui invitent l’homme à s'en servir ; les lacs lui offrent le poisson qui y fourmille ; dans les

Eh ne

bois un gibier abondant se tient à sa disposition. Mon Dieu! avec : quelle générosité vous avez traité l'homme! Aussi cette prodigalité

Jevrait-elle faire surgir de nos cœurs de continuelles actions de grâces.

“ Benedicite, omnia opera Domini, Domino ; laudate et super exaldate eum in secula ! !

eu | avec rodigalité le grâces.

per exal-

Nous faisons halte, la grande halte, auprès de la décharge du Lac Lacoste, dont une des sources nous fournit une eau limpide et froide. Hommes et bêtes s’en donnent à qui mieux mieux, La popote est bonne. Et du café ! 1 ! à renverser les nerfs d’un caporal de garde. Sucrez moi ça! et imbibez. Ça vous égaie comme du jus d'avoine.

Mais le jour monte, et il fait chaud, tonnerre de Brest! Cependant ce n'était pas une chaleur comme celle qu'avait éprouvée ce Marseil- , J lais, qui affirmait que dans le pays d'Afrique d’où il venait, il faisait une:chaleur de go degrés à l'ombre.

— Tronc de l'air! demande 1 Gascon, comment faites vous donc pôur y vivre.

—Eh bien ! nous nous mettons au soleil.

Aussi nous nous mettons à l'ombre. Quel bien être, de goûter de la fraicheur quand le soleil brule l’espace. Pourtant le colon est là, non loin de nous, qui fait de la terre neuve, et les rayons de l’astre plombent sur ses reins en sueurs. Il sernble nous plaindre d’être aussi peu courageux. Et pour nous en faire reproche il nous raconte qu'il va quelquefois à la Chute aux Iroquois à pied, emportant sur son dos une poche de grain pour l'y faire moudre, et qu’il en rapporte la farine dans la même journée, ainsi que du lard. Et la distance est de quatre lieues.

Quel mérite ont ces hommes, auprès desquels nous sommes des fillettes, s'ils savent offrir leurs t'avaux et leurs privations dans un bon esprit.

Quelle race énergique va se multiplier dans ces montagnes |! Constatons-le avec plaisir et jetons avec confiance les regards vers l’horizon, car de ces généreux défricheurs surgiront, dans les âges futurs, nos hommes de profession les plus en renom, ceux qui dirigeront la société. Et tant que la source de nos générations sera purifiée par les rudes travaux des champs, nous aurons foi dans l'avenir. C'est le diamant qui polit le diamant, et c'est aux dures épreuves de la vie rustique que se taillent pour la société ces pierres précieuses qui formeront l’ornementation de notre écrin. Et, certes | nous pourrions en citer un grand nombre. De fait tous ceux qui persistent à rester sur

mais des hommes de courage, que je comparerais volontiers aux héros dont les noms sont inscrits dans les pages de rotre histoire. «. Accomplir des exploits, c'ést un peu dû à la chance ; faire des actes de bravoure que l'on sait retentir aux quatre vents de la renommée, c'est facile ; exposer sa vie dans un moment d'enthousiasme en présence d’une armée, qui inscrira votre nom dans le livre d'honneur, c'est d'un grand cœur ; mais lutter Sans cesse, sans témoins, du matin au soir, du commencement de l’année à la fin, et même toute la vie, c'est d'une grande âme et si méritoire que Dieu semble, à dessein, ne lui ménager que la seule récompense digne de tels sacrifices. Aussi est-ce l'espoir d’une telle couronne qui soutient l'énergie de ces soldats de la charrue.

Mais l'être qui se dévoile particulièrement en ces longues épreuves, c'est la femme. Combien en avons nous vu, seules, loin dans les bois, travaillant au défrichement, attendant le mari qui était allé à plusieurs arpens et quelquefois à plusieurs milles, gagner quelques sous pour aider à acheter des vivres? En voyant cette faible créature couper des branches, les ramasser, y mettre le feu, vous ne pouvez résister au désir de lui demander d’où elle vient, ce que faisait son père ; et vous êtes tout surpris d'apprendre que c'est la fille d'un ouvrier à l'aise de la ville ; ; qu’elle a épousé un brave graçon, et que dans l'espoir d'établir leur famille ils se sont enfouis ainsi dans les forêts avec peu ou point de ressources,

Et vous demandez à cette femme si elle s'ennuie. Mais non, ditelle; nous n'avons pas le temps d'y penser. Au contraire nous sommes

très heureux.

De fait, c'est la femme qui encourage le mari à rester sur les lots nouveaux. Si elle se décourage le mari ne peut pas tenir. A voir ces hommes aux prises avec la forêt, on ne peut comprendre comment ils peuvent résister à de si rudes travaux, surtout quand ils n’ont à manger que de la galette, sans lard souvent. Pour moi j'étais sous l’impression qu'il n’y avait que les fils de cultivateurs,et encore de

ceux qui sont bien pauvres, qui puissent résister à cette vie de priva-.

tions. Eh bien ! écoutez l’histoire de cet ouvrier, et un bon ouvrier de Montréal, qui m'a fait connaître les motifs de sa détermination de venir prendre des lots au Nominingue et sa persistance à y demeurer, C’est l’histoire de la plupart d’entre les défricheurs :

— ‘Je travaillais à Montréal de mon métier de menuisier, et j'étais bon ouvrier, gagnant continuellement de une piastre et demie à deux piastres par jour. Je vivais bien, nous nous habillions convenable. ment ; mais après le loyer payé, les taxes, les cotisations, l’eau, la nourriture et le vêtement, il ne restait plus rien. Pas d'avenir pour

les lots qu'ils ont défrichés sont non-seulement des. hommes de cœur,

le cœur, 1x héros

des actes 1ommée, en préhonneur, lu matin : la vie, sein, ne . Aussi s soldats

preuves, dans -lés t allé à quelques e faible vous: ne le faisait lle d'un , et que jans les

on, ditsommes

ster sur s tenir.

prendre and ils bi j'étais ore de priva-.

rier de ion de neurer,

j'étais à deux enableeau, la r pour

nos enfants que d’être journaliers. Et puis qu'il arrive une maladie,

les arrérages et les’ dettes s'accumulent, les saisies arrivent et nous voilà perdus. Fatigué par ces réflexions je me dis: faisons le sacrifi-

ce, aujourd’hui que nous sommes vigoureux, d'aller prendre des lots, et si nous réussissons nous n’aurons pas la douleur dé voir

nos enfants s'éloigner ou travailler à la journée. Ma femme goûta le projet, et nous partimes, non sans chagrin, car il nous fallait

quittér notre lieu de naissance, nos parents, nos amis. Je la

regardais du coin de l'œil et je la voyais si courageuse que je quittai sans trop de peine, Aujourd'hui nous ne sommes pas riches, non certes,

mais j'ai assez de terre défrichéé pour hiverner, si le bon Dieu conserve

ma récolte, et tous les jours j'agrandis mon désert.

— Vous devez avoir trouvé ça dûr de travailler ainsi à la terre neuve. ‘

—Moins que vous ne le pensez, monsieur. Croyez-vous que ce soit bien doux dans les boutiques, en ville, de mener la verloppe ou le rabot? On commence à sept heures du matin et l’on finit à six heures du soir, conduit par un contremaître, qui n’est pas toujours humain. Si'vous perdez une heure, on vous la compte. Et puis cette idée qui vous poursuit sans cesse de travailler au jour le jour sans espoir d'être jamais audessus de vos affaires, fatigue un homme de cœur; allez. Ici je travaille fort, sans doute, mais ce n’est pas plus fatiguant de bûcher, une fois accoutumé, que de travailler de la menuiserie ; quand le soleil chauffe d’un côté de l’arbre que j'abats, je me mets de l’autre. Et puis si je veux me reposer pendant une heure, je me repose. Surtout je travaille sous l'empire de cette idée fixe que chaque pied que: je défriche est à moi, et me rapportera de quoi vivre, de quoi établir ma famille,

Voilà ce que cet homme nous racontait, et c'est le langage du bon sens. ?

C'est sous l'empire des reflexions qui nous étaient faites par ces colons isolés que nous cheminions le long de la route accidentée par le spectacle d’une si grandiose nature. Tous les lots sur le chemin Chapleau sont pris, et plusieurs par des messieurs de Montréal, qui y ont placé des colons avec lesquels ils font des arrangements avantageux pour les deux parties contractantes. Ils paient au colon défricheur $10 par arpént, et.ils cèdent l'usage de ce terrain défriché pendant trois ans, et à moitié pendant quelques années subséquentes.

C'est ainsi qu'ont contracté MM. Lacoste et Globenski, M. E. de

. Belléfeuille, M. l'avocat Longpré, dans le Canton Marchand, M. Mas-

sue et M. Beaubien, dans le Canton Loranger, et plusieurs autres qui, dans quelques années, auront des établissements de valeur à peu de frais,

Le Canton Marchand est d’une richesse de bois extraordinaire, dont la qualité dénote un sol très riche. Les lacs, dont les décharges offrent beaucoup de ressources à l’industrie, sont poissonneux et pittoresques. t A

Outre le grand chemin Chapleau une autre grande voie, le chemin Boileau, traverse le canton Marchand, de la Rivière Rouge à la traverse de l’Annonciation, jusqu’au grand Nominingue. Il a été parachevé en 1883. Un autre chemin etait ébauché, en 1884, reliant le chemin Chapleau et le chemin Boileau, en longeant le grand Nominingue au Sud. À cette date, les lots, qui sont superbes, sur ce chemin, étaient en grande partie pris.

, reliant le and Nomice chemin,

La route quoique belle commençait à paraître longue. A tout

: moment nos jeunes écoliers se demandaient en voyant poindre une

nappe d’eau à travers les arbres : est-ce le Nominingue? Et nous

\ montions et nous descendions.

| Tout à coup du haut d’une colline nous apercevons devant nous une

petite mer encadrée à l'Ouest de montagnes en pente douce, couvertes

de bois franc ; au Nord d'un pic de rochers abruptes ; au Nord Est ù. par une plage couverte de bois résineux. ‘

C'est le Nomininguel!! Mais le petit Nominingue, qui est à un

mille environ du Grand Nominingue, dans lequel il se décharge.

Il fallait nous entendre faire retentir l'air de cris de joie en apercevant ce lac après lequel nous courrions depuis quatre jours! Les colons des alentours étaient étonnés d'entendre un tel vacarme et les chevaux semblaient comprendre qu'on arrivait au terme du voyage.

Pour paraître moins farouches nous entonnâmes la chanson : ‘“ A St Malo, beau port de mer ” et les montagnes répétaient après nous en cadence “ Nous irons sur l’eau, nous y prom promener, nous irons jouer dans l'Ile, ” C'était à propos, car ce lac contient quatorze belles îles.

Nous traversons la décharge sur un pont solide. Et nous voilà chez nous, dans la presqu'ile formée par le Grand et le Petit Nominingue et où se trouve l'établissement des Rev. Pères Jésuites. Hip, Hip, Hourat

; Ce hip, hip, donna à Louis l’idée de chanter:

Yankee Doo!l quiens toi ben J'entends de la missique :

Ce sont les Américains qe Qui vont dans les townships, hip! hip! j ie

Le Petit Nominingue, dentelé de quelques pointes qui nous en Cachent l'étendue, a environ quinze milles de tour. La rive Est, que nous . longeons l’espace de deux arpents, est couverte d’un sable propre au mortier. La plage se prolonge loin dans le flot, où l’on peut mener une voiture à plusieurs perches du bord.

Les eaux du Petit Nominingue sont profondes dans la partie Ouest, où le rivage est taillé à pic. Les poissons y abondent, surtout le brochet la barbotte, et le poisson blanc.

Nous nous acheminions, par une route sablonneus-,ombragée de pins, de sapins et de cèdres vers la résidence des Rev. rères Jésuites, située sur uñe colline, à environ trois milles de la décharge du Petit Nominin-. gue. C'est le point d'observation le plus élevé des environs, et le panorama qu'il offre est merveilleux. On apercevra de ce lieu,quand le défrichement sera fait, le grand Nominingue, qui en est à 12 acres, et quia 30 milles de tour. C'est-le Roi des Lacs du Nord, et bien couronné de forêts tressées des essences les plus variées : depuis le modeste buis, jusqu’au majestueux pin ; depuis le faible coudrier jusqu'au merisier robuste. Les montagnes qui l’enlacent y descendent tranquilement en s'y baignant les pieds, sur lesquels à une grande distance les eaux se jouent sans les cacher profondément. Des bouquets d'arbres coquets sortent de temps à autres de ce jardin liquide, où les plantes aquatiques croissent caressées par les eaux qu’une brise perpétuelle ride sans cesse. Les rochers-de ses bords, adoucis par la vague, en rendent l'aspect par fois sévère comme le front d’un vieillard dont l'existence a été orageuse, mais qui sourit aux générations sorties de sa source. Le Grand Nominingue se décharge dans la Rivière Rouge et lui paie un tribut généreux, en gonflant son sein devenu voie de communication flottable. D'ou lui vient le nom de Nominingue? Nominingue veut dire en langue-Iroquoise, peinture rouge. De fait on trouve encore une espèce de craie avec laquelle les Sauvages se tatouaient, et dont quelques colons se servent aujourd’hui pour peinturer leurs bâtiments. C’est peut-être de cet incident que la Rivière Rouge tire son nom.

Ce lac devait être connu sous la domination française, et les anciens missionnaires ont dû voguer sur ses eaux. Aussi semble-t-on voir, sur l’une de ses pointes, la plus rapprochée de la Rouge, des restes de fortifications en cailloux. Ce que c’est que les destinées humaines ! voilà plus de deux cents ans peut-être que les Jésuites-accompagnaient les sauvages sur ces lacs semés par delà les Laurentides, et voilà qu'aujourd'hui ils s’en vont retrouver les jalons qu’ils y ont alors plantés.

Ce n'est pas sans une profonde émotion que l’on aperçoit le théâtre des exploits de nos missionnaires. Et qui sait si les PP. \Jogues ou l'Allemand n’y ont pas fumé le calumet de la paix et n'y ont

1ous en Ca-

, que nous .

propre au

Jeut mener :

Ouest, où le brochet

ée de pins»

ites, située

Nominin-.

le panorae défrichetquia 30 uronné de leste buis,

1 merisier f

lement en $ eaux se :s coquets quatiques ans cesse, aspect par orageuse, nd Nomibut généflottable.

e en lane espèce es colons peut-être

S anciens on voir, estes de maines !

agnaient et voilà ors plan-

çoit le les PP.

n'y ont

pas assisté à une levée de boucliers? On, interroge la brise qui caresse la feuillée des vieux témoins de ces scènes anciennes, on cherche à surprendre une attestation dans les sables que la vague respecte, on

-defhande aux rochers l'impression qu'y ont laissée les habitants d'alors.

On nous répond sans doute, mais c'est un langage incompris de la génération qui passe ; les lettres qu'ont laissées les pieds des coureurs des bois sont effacées ; mais l’histoire avec sa grande et impérissable voix nous dit que partout où l'indien a mené son canot le missionnaire l’a suivi.

Où sont les générations qui ont visité ces lieux, qui ont combattu sur ces plages? Peut-être nos ancètres, qui étaient des guerriers, ont ils brandi l'épée ou tiré du mousquet. Elles sont ensevelies dans le sein du sol qui les a vus naître. Toutes sont retournées en terre pour se méthamorphoser en plantes d’une variété infinie, Est-ce leur chant que l’on entend à l'aube, dans les branches des grands bois, quand la brise y passe? Sont-ce leurs plaintes qui s’échappent de la poitrine des gros pins quand le vent les agiteni? Sont-ce leurs sanglots qui s'échappent des creux des rochers quand la foudre y gronde? Sont-ce leurs soupirs que poussent les ondes qui se balancent sur la rive des eaux ? Sont-ce leurs latmes qui coulent lentement des ruisseaux autour de la grande nappe? Mystère! Mystère ! Une seule chose est certaine, c’est que tous ces corps méthamorphosés réssussiteront au printemps de l'éternité, comme le brin d’herbe au printemps des saisons.

Tout ce qu'il y a de certain, c’est que si c'est un champ des morts, le décorateur en a dressé les dessins avec un goût expressif. Autour de la vaste fontaine se croisent des étangs et des ruisseaux, qui, en cascades capricieuses, s’y rendent à travers les sombres cyprès et les saules en pleurs; les montagnes accidentées des ombres du nuage, en descendent doucement ; des avenues tortueuses, donnent à leurs flancs un mystérieux aspect où se dérobe le lit d’une rivfère ou d'un ruisseau, sur lesquels sont couchés les cadâvres des arbres récnment tombés. Les bêtes qui vivent dans ces séjours tranquilles y courent en liberté, mais sans bruit ; les tertres y sont nombreux, et les plantes qui les dérobënt au souvenir des générations présentes, sont odorantes quand le soir y apporte sa sueur froide et que la main de l'aurore essuie du front des arbres couchés les pleurs glacés de la nuit.

Entendez Lamennais : | ‘

‘ Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur. Ils ont aussi ‘ passé sur la terre, ils ont descendu le fleuve du temps. On enten- “ dit leurs voix sur ces bords, et puis l’on n’entendit plus rien.

“ Pendant qu'ils passaient, mille ombres vaines se présentèrent à ‘leurs regards ; le monde que lé Christ a maudit, leur montra ses gran-

4 deurs, ses richesses, ses voluptés ; ils les virent, et soudain ils ne

“ virent plus rien que l'éternité.

‘“ Mais des lieux inconnus où le fleuve se perd deux voix s'élèvent

‘“incessamment. L'une dit : Du fond de l'abime j'ai crié vers vous,

| ‘ Seigneur, Seigneur, écoutez mes gémissements | prêtez l'oreille à ma prière.

‘“ Et l'autre : Nous vous louons, O Dieu, nous vous bénissons, Saint, ‘ Saint, Saint est le seigneur, Dieu des armées.

‘# Où serons nous, qui le dira |

‘“ Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur !”

Ces gigantesques pentes à la criniére touffue sont aujourd’hui ouvertes à la colonisation. Et pour l'accélérer on a concédé aux Rev. Pères Jésuites un millier G'acres de terre qu'ils ont vendus après y avoir planté une chapelleque dessert un des leurs, le Rév. P. Martineau, — qui y réside depuis avril 1883:

Certes ! tout n'était pas rose alors ac s’enfoncer seul avec quelques colons, quand il n’y avait qu’une route pour permettre d'apporter sur son dos quelques livres de lard et quelques terrinées de farine,

Et vous : :yez que le père Martineau s'en gênait! Allons donc! Aussi a-t-il fait un rude apprentissage, C'est le fils d’un ancien colon qui a défriché des lots à Roxton-Fall, dans le comté de Shefford, et y a élevé sa famille, Il est au Nominingue, le vieux défricheur, travaillant toujours, la pipe à la bouche, ramassant ce qui traine, et donnant des conseils. Sa vieille compagne est là aussi, toujours sur pieds,grondant un peu, et il y a de quoi, oui, il y a de quoi dans cette maison où il pleut et grêle, et qu sert d'abri à tous les étrangers qui y arrivent où | fo y passent, à tous les ouvriers des travaux qui s’y font, à tous les colons sans refuge, et à toute la paroisse qui vient aux offices. De fait jamais une heure de repos pour ces vieillards, qui, avec la belle-sœur du curé, sont continuellement à faire la cuisine, transporter les paillasses, blanchir le linge, frotter les planchers.

Le Révérend Père Martineau, lui, ne se fait pas de mauvais sang.

Il prend les choses comme elles viennent. Aujourd’hui il a sur sa table des patates et du pain, et il n’est pas plus heureux qu'hier où il n'avait que de la galette. Cette semaite il fait ses courses lointaines en voiture, et il parle avec plaisir dcs aunes où il parcourait des lieues à pieds ramenant par la bride au milieu de la nuit, son cheval, qn‘ n'avait pu tirer sa voiture d’un marais de la savane. Il récite son breviaire au milieu de la compagnie qui parle et fume à ses côtés, et il confesse, le matin, des voyageurs dans le dortoir converti en chapelle. Il dit la messe sur un autel qui craque, et il n’y voit que Jésus y descendant à sa voix pour venir le fortifier, lui et ses frères prosternés sur les pièces raboteuses recouvertes d'écorces de sapin ;—rien ne lui

udain ils ne

oix s'élèvent ié vers vous,

l'oreille à ma .

issons, Saint,

hui ouvertes : Rev. Pères rés y avoir fartineau,—

ec quelques apporter sur rine, llons donc!

ncien colon ford, et y a r, travaillant lonnant des ds,grondant jaison où il arrivent où s les colons e fait jamais eur du curé, lasses, blan-

uvais sang.' sur sa table où il n'avait es en voieues à pieds n'avait pu breviaire au 1 confesse, apelle. Il e Jésus y prosternés ien ne lui

manque, parce qu'il n’a besoin de rien que de vivre pauvrement. Il a trouvé le secret d'être heureux en comprenant bien qu'il n'est pas ici pour l'être, —Oh ! profondeur des paroles du Christ, qui a dit que son fardeau est léger ! Arrivez donc ici, vous qui êtes ployés sous le poids des plaisirs et qui êtes ridés des veilles de la dissiparion ! Venez sous ce dôme rustique, vous que les affaires font blanchir, et que les soucis de la fortune rongent vivant. Venez vous reposer du ballottement de la vie dans cet oasis où l’âme est à l'abri des exigences sociales et des grandes passions du cœur. Venez prendre une leçon des secrets du bonheur.

Pour moi, rien n'est plus consolant. En vérité, je vous le dis.

Nulle part j'ai senti la paix comme dans cette cabane, car c'en est une, où les bases d’une forte colonie sont jetées au milieu des privations et des sacrifices de toutes sortes, terrain fertile où germent et s'épanouissent les grandes œuvres que Dieu veut bénir.

Dès notre arrivée nous commençons notre vie de colons.

Le soir, dès que le soleil s'enveloppe dans son costume de nuages pour aller voyager sur un autre hémicycle, et que les charmantes voyageuses de la nuit passent en souriant à la terre, d'autres bruits se font entendre, c'est un langage nouveau. A la lisière du bois, on distingue le son d’une cloche fêlée, qu'une vache pilote porte à son cou. Sur les côteaux débouchent les laitières rouges, noires et caïlles qui, à travers les souches calcinées, cheminent, non sans ‘‘tondre dans les prés la largeur de leur langue,” pour se rendre à la barrière du parc, où les attendent près d’un feu étouffé les #ergères de la localité. Chacune a son langage pour inviter sa favorite à ne pas tant s'amuser: Viens, Brunette, viens, ma fine, viens. Viens, Caillette, viens, ma belle, viens,

Et en réponse à ce tendre appel la bonne bête fait entendre un doux mugissement, et vient se ranger près de la fumée pour y offrir àsa maîtresse le plus riche de son lait.

Et puis c’est un arbre qui s’abat dans la forêt en jetant aux échos le râle de son agonie. Sur la route on entend le pionnier atardé qui revient de défricher et qui, pour se donner de l’assurance, chante en faisant filer sa voix une chanson de la 4rauve.

De tous les oiseaux qui voltigeaient dans les bosquets, quelques-uns seuls veillent et font entendre leur nocturne complainte: le huard lance son cri de détresse ; la chouette semble réveiller les sentinelles perdues, et l’agneau‘appelle d’un air inquiet la mère confondue dans le troupeau.

On entend quelques voix qui nous arrivent sur les ailes calmes de l'air embaumé par les parfuns des arbres et des prés—: c'est celle des enfants qni se bousculent dans la prairie ou la voix grave du colon qui s’enquiert si les barrières sont fermées, si la pouliche est dans le

pré ou la génisse à l'étable. C'est sur le lac voisin la c :nversation des pêcheurs qui accompagne le bruit des avirons sur le bord du canot ou sur l'onde tranquille. Et vous demandez, d'où viennent donc ces babils? C'est chez le voisin—qui est à un mille d'ici. Et ce bruit de rames? C’est au Petit Nominingue—à 3 milles d'ici. Et tout à coup un chasseur, qui a fini sa journée et qui veut décharger son arme, lance un coup de feu dont l'écho se répercute de montagnes en montagnes. Il est peut-être à 9 milles d'ici.

La veillée se passe à la porte du presbytère où curé, hommes, femmes, enfants, sont assis autour d’un grand feu que le vieux père Martineau entretient des débris de souches ramassées pour cette fin.—Les uns sont assis sur des roches, les autres sur des bancs, les étrangers sur des chaises. Mais me direz-vous, du feu dans le mois d'août. Et oui, dans le mois d'août. Et vous en voyez à toutes les portes des chaumières et des chalets. D'abord, vous l’avouerez, c’est très agréable, ne serait-ce que de voir les fumeurs allumer leur pipe avec un charbon; et puis c’est utile, pour éloigner les maringouins, les brulots et les moustiques.

Et la conversation roule autour du feu du presbytère, et les pipes se rallument, mais l’on se gratte par exemple. Et tous les sujets se traitent à cette assemblée de Tiers Etat: colonisation, agriculture, pêche, chasse, astronomie, physique, chimie, ÿhilosophie, et de la profonde, je ne vous dis que ça. De fait on émet quelquefois dans ces aréopages de gens ignorants des réflexions qui sont d’une profondeur à mettre bien des savants en déroute. Car voyez-vous, ces’gens là ont la foi. Et, comme le dit Bernardin de St-Pierre : ‘un savant avec sa méthode se trouve arrêté à chaque pas dans la nature ; un ignorant, avec cette clef, peut en ouvrir toutes les portes.”

Nous étions insatiables de ces soirées, que nous prolongions autant que possible, mais il fallait bien laisser reposer ces braves travailleurs, qui avaient sué tout le jour et qui devaient recommencer le lendemain. Et nous nous retirions quand l’éloile polaire était déjà loin à l'occident, quand la grande ours plongeait sa queue dans les régions de l'aurore et que les mouches à feu donnaient seules signe de vie dans la prairie émaillée de leur phosphore.

En prenant possession de nos dortoirs il convient de jeter un coup d'œil sur l’intérieur du château hospitalier où nous passerons nos nuits et qui est, sans contredit, le plus spacieux et le plus somptueux de sept lieues à la ronde.

Le corps de bâtisse est divisé en trois. Le premier est la salle de réception des étrangers qui y mangent avec la famille du frère du curé Martineau, l’Intendant de la ferme.

Ce corps de bâtisses d'environ 40 pieds sur 30, est comme le reste en bois rond, recouvert de pièces fendues. Le plancher de bas est

nversation ur le bord >ù viennent l'ici. Et ce il. Et tout à er Son arme, es en mon-

1es, femmes, > Martineau Les uns sont

gers sur des \

Et oui, dans aumières et ne serait-ce on ; et puis moustiques.

t les pipes les sujets se agriculture, , et de la is dans ces ine profons, ces gens savant avec n ignorant,

ons autant ravailleurs, lendemain.

l'occident, le l'aurore la prairie

un coup 5 nos nuits ux de sept

la salle de e du curé

b le reste e bas est

aussi de madriers équarris à la hache, ce qui veut dire que les deux ou trois chaises qui s'y trouvent ne sont pas d’aplomb. L'une des

extrémités est divisée du reste de l'apartement par des rideaux en’

coton, et forme deux chambres à coucher, dont l'une est aux patriarches de la maison. Le reste, qui le jour sert de cuisine, de salle à dîner et de salon, se convertit quelquefois en dortoir pour les pèlerins ct les ouvriers— qui y étendent des grabats et y ronflent toute la nuit durant. Une table de trente pieds de long, entourée de bancs de la même longueur, est avec le poële et les marmites, l’'ameublement de cette pièce où quelques voies laissent pénétrer les gouttes bienfaisantes de la pluie quand elle tombe en abondance. Il est permis de changer de place à celui sur lequel elle tombe, quand il en a plus quesuffisamment pour se rafraîchir.. Le corps du milieu de. cette bâtisse, à peu près du double de grandeur, est destiné à être la nef de la chapelle, quand les moyens permettront de le couvrir. Il n'était, en 1884, encore qu’à l'abri des rayons du soleil. Aussi est-ce là que le dimanche les colons attendaient assis sur quelques bancs, quelques billots ou lambourdes, l’heure de la messe, qui se dit et ne se chante pas, faute de chantres.

Le 3e corps de cette construction, qui fait pendant avec le premier, est de la même grandeur, et identiquement divisé, L'une des extrémités est séparée du reste par des rideaux de coton jaune, et comprend deux cellules meublées, l’une d'un grabat, c’est celle de monsieur le curé, et l’autre de deux lits, c’est la chambre de Monseigneur que se partagent les étrangers distingués. Quand on veut une chaise, qui a juste sa place en cet alcôve, on passe dans la pièce voisin® qui sert, la nuit, de dortoir où l’on dresse des paillasses et des matelas, et le jour de chapelle, de sacristie et de retraite au curé, qui y confesse. Il y a là quelques chaises boiteuses, de grand bancs à quatre pieds, et un petit autel. Quelques rayons de bibliothèque y donnent refuge à plusieurs centaines de volumes qui en invitent d’autres.

Vis-à-vis le corps principal est la cloche surpendue sur un chêne d'environ 20 pieds de hauteur. C’est l’ancienne cloche de St Eustache, où elle a reçu une écorchure qui lui donne un son de vétéran. Sur ses flancs sont les inscriptions suivantes : W. Parkyn, St Mary foundery Montreal. Cloche donnée par M. Jacques Paquin, 1845.

—C'est le frère Chenard qui est chargé de la mettre en branle, et il nous a plusieurs fois accordé cette faveur pour sonner l’enge/us....Ah, mais, je ne vous ai pas encore parlé du Frère Chenard qui est un pur Canadien d’en bas de Québec. Nous en parlons, à titre de légende, car il ne sera plus là quand vous irez, lecteurs, et de fait il n’est plus au Nominingue. Comme il se faisait mourir à travailler, ses supérieurs l'ont mis à la retraite. Je le vois d'ici cultivant son jardin et son parterre et le champ, car le frère Chenard est jardinier, agricul-

teur, arboriculteur,—et personne n’est plus capable que lui de faire pousser une citrouille sur une souche, et de diriger la sève pour produire une branche ou un fruit, où il les veut.

A trois heures du matin le frère Chenard, qui couche sur le grenier à foin, quand un étranger a pris son grabat,—est en oraison. Il va ensuite soigner les veaux, les chevaux, tuer les vers qni ont mangé ses choux et son tabac, biner ses fèves. Et puis, c'est lui qui fait la politesse aux étrangers, qui les mène au lac, qui les accompagne au bois. Toujours affublé d’une grande blouse que vous ne lui feriez pas ôter pour grand’ chose il ne va ni plus vite ni plus doucement d’un temps : que d’un autre. Quand il passera par chez-vous, si vous avez un jardin et que dans ce jardin il y ait une plante qu’il n’a pas, il lui en faudra une bouture, une tige, ou une graine. Aussi a-t-il une collection qui surprendrait les propriétaires des serres chaudes les plus à la mode, s'ils arrivaient aux confins de la civilisation, et qu'ils aperçussent dans les- jardins du frère Chenard et / Acacia qui signifie Amour platonique, et l'agrimoine qui signifie dévouement, et l'Amarante qui veut dire la gaité, et / Amaryllis qui représente la fierté, et / Egantier qui est la fleur des poètes, et le pavor, qui traduit langueur. Autour des allées de son parterre fleurissent le fzcAsia violet ou rose tendre, /'œif/et à la fleur jaune d’or, ou rouge cramoisi. Sur les ronds croissent le géranium aux feuilles parfumées, à la parure sombre et variée, le /aurier à la douce et brillante verdure et la rose mousseuse.

‘ L'Ange dont le plaisir est de soigner des fleurs, Et qui, pendant la nuit, les trempe de rosée,

Un jour de gai printemps, seul avec sa pensée, Sur un rosier goûta du sommeil les douceurs,

À son réveil, il dit: ‘* Que je te remercie,

Toi, le plus cher de mes enfants !

Pour moi ton doux parfum du Ciel est l’ambroisie, Ton ombrage enivre mes sens !......

Demande donc, veux-tu quelque chose ? ”

‘4 Oui, dit la Rose,

Un nouvel ornement

Qui soit l’orgeuil de la nature, ”

En ce moment

La mousse lui servit de modeste parure.

Mais comme je vous le disais, le frère Chenard n’est plus au Nominingue et il cultive carottes ét navets, céleri et laitue à l’Immaculée Conception, à Montréal. Vous pouvez aller constater si ce que je dis de lui est fidèle, Revenons à notre première nuit au manoir. C'est à qui n'aurait pas

i de faire

pour pro-

le grenier on. Ilva mangé ses it la polie au bois.

: pas ôter

’un temps :

un jardin audra une li surpren-

, S'ils arri-

1s les: jare, et l'agrila gaité, st la fleur ses de son

à la fleur:

antiutr AUX à la douce

au Nomimaculée jue je dis

urait pas

les deux lits de la chambre des étrangers, mais j'obtins que mon ami Beaubien s’y reposât en sa qualité de malade. Et moi je m'étendis sur un matelas jeté sur les dalles de la chapelle. Je dormis bien, mais, nom d’un p'tit bonhomme, je me levai mal. Oh mes côtes et mes reins ! Je n’aurais jamais cru qu'on put dormir ainsi dans une église. J'aurais dû m'en rappeler car quand j'étais soldat, en Italie, il nous est arrivé plus d’une fois, à moi et à mes camarades, de passer la nuit sous les arcades des basiliques ou sur les dalles des couvents. Nous n'étions pas très souples le lendemain. Quoi qu’il en soit le jour suivant il nous prit fantaisie d'aller camper à la décharge du Petit Nominingue, dans un endroit splendide où rien ne manquait, eau limpide, ombre épaisse, plage étendue, etc. S

La tente, qui appartient à M. Beaubien, est spacieuse et confortable. Nous nous mettons à l’œuvre: tandis que je coupe une perche, l'un nivelle le terrain, l’autre enfile des cordes, un troisième affle des piquets, et en haut le pavillon, en forme conique, à l'aspect militaire que l'on surmonte d’un drapeau fleurdelisé .

Nous ressemblions à Jacques Cartier et les siens prenant possession du pays au nom du Roy de France,

Quelques minutes après l'eau bouillait dans la marmite, le thé était infusé, les grillades étaient prêtes, le jambon était sur la pelouse, le beurre développé, et tortillez moi ça. Quels affamés, mes amis {1 Après un repas délicieux—les uns se roulent sur le gazon, les autres appareillent les lignes, et vont à la pêche. Mais les poissons des alentours qui nous avaient entendus manger, merci, n'avaient pas envie du tout de se laisser prendre ; il n’y eut que les barbottes des eaux profondes, qui, ne se doutant pas du sort qui les attendaient, vinrent mordre à nos hameçons et tomber de la brochetée dans la poële à frire, non sans faire à ceux qui ne leur étaient pas intimes, des acrocs aux mains avec le dard qui leur sert de défense.

Le soir arrivé, second au Nominingue, le feu brille au camp. Les jeunes vont fourrager. Les uns ramassent des fagots secs pour alimenter le feu de joie qui pitille à quelques pas, les autres cassent des branches pour étendre sur le sol qui doit nous servir de couches ; d'autres: encore récoltent des feuilles de fougère pour remplir les taies d'oreiller.

En deux temps et trois mouvements chacun travaille à l'ameublement de la chambrée.

La tente, dont la base est relevée pour permettre à l'air intérieur de se renouveler, ressemble aux Kiosques orientaux. La toile de Russie qui s'appuie élégamment sur les cordes tendues, du sommet aux piquets fixés à la circonférence inférieure, s’agite comme un nuage, au gré de la brise qui nous apporte les échosfdu lac. Des branches de mélèze,

& buies” de pins, de rabiné, de cèdire, servent de sommier à nos bts e des valises, des sacs de voyage, servent de tables ; des robes de bufñfle étendues sur les branches, servent à en amortir la rusticité pendant la |

nuit, et roulées en paquet, servent de sièges, per dant le jour, aux digni- : taires de la tribue, A la colonne unique qui soutient l'édifice, et sur

laquelle sont ménagés de longs nœuds, sont suspendus capots, chapeaux

armes et munitions. Au centre, une chandelle, de blanc de baleine,

s-v-p, scintille au gré des courants d'airs ; le candélâbre qui la sup-

porte est raviseant de simplicité, et consiste en un ruban de boweau.

roulé autour et fixé par son extrimité à une baguette fendue on biseau.

Cet ameublement, qui peut faire le désespoir d’un locateur, suffit pourtant aux stricts besoins de l’homme. Et dire qu'il y en a qui setrouvent malheureux avec cent fois plus.

Etavec cela nous attendions l'ennemi de pied ferme, Mais pa pét 164 F comme toujours dans la vie, ce sont les adversaires les plus petits et: dont on se défie le moins, qui sont les plus dangereux. Et tandis que, armés de pied en cap, nou étions en garde contre les ours etles | . loups, voilà qu’une nuée de maringouins et de brulots nous assaillent de toute part, et au son de la musique, encore. Vous savez, ces maringouins, ça vous a un siflement!1! Ah! quel orchestre de régiments anglais précédés de leurs fifres !!! Armer nos carabines, qu'est-ce que ça nous ferait, notre plomb est trop gros; tirer du canon? Sapresti |! Et nous, il faut y penser un peu. Comme quoi une idée merveil-leuse peut surgir du cerveau du plus humble des mortels, voilà que l'un. À de nos plus modestes soldats s'imagine d'apporter dans la tente, dévinez: quoi? Une batterie électrique? Non. Un régiment de chats affamés ? Pas le moins du monde. Des piègés à bêtes à quatreou deux pattes? Encore moins. Quest-ce donc? Un tison, lecteurs, UN tISONese sers snsosossos. CN feu, beau dommage. Et la tente se remplit de fumée. Sans tambour ni trompette voilà nos Iroquois de brulots qui prennent la clef des bois,..…...... pour revenir sans doute ; mais alors nous avions fermé les meurtrières de la porte unique du fort, où se consumait lentement quelques buches amorties par des: bourriers. .

Et nous voilà sauvés. Mais restons sur le qui vive, car nos gaillards reviennent, et toute la nuit, avec sept plus méchants qu'eux, tournant autour de notre tente, sondant toutes les portes, s'introduisant dans toutes les avenues. Quelques-uns même y pénétrent, on ne: réussit pas, vous le savez bien, à chasser une légion de diablotins en un combat, mais la prudence venant à notre secours, nous résistons aux: æmpiètements du plus traître des volatiles,

Pour parier scientifiquement disons que les cousins sont de la famille des bulicides. La femelle pond ses œufs (environ deux mille

À nos lits; êe de buffle

aux digni--

ice, et sur:

chapeaux

e baleine, .

ïi la supe bnuieau.

on biseau.

eur, suffit à a qui se

aperlotte f y petits et:

Et tandis ours etles assaillent ces marinrégiments est-ce que P Saprese merveil-là que l’un.

e, dévinez:

piment de 5 à quatre- , lecteurs, à tente se oquois de ns doute ;, inique du

par des:

nos gaileux, touroduisant.

t, on ne:

ins en un tons aux:

de la fa-

ux mille-

per jour) 6 dans les lie où mieux encore à la ARE des: | eaux stagnantes ; ils-éclosent là, leurs larves se développent, et trois. semaines suffisent pour que l'insecte soit arrivé à l'état parfait et de-.

vienne apte à se reproduire, La femelle seule du cousin, où moustique, est agressive pour l’homme-et pour les animaux ; le mâle, beaucoup plrs petit de taille, est inoffensif, et c'est lui don voit le soir se livrer par myriades audessus des eaux stagnantes ou sous l'ombrage

humide des arbres à des danses circulaires. L'arme de la femelle est

constituée par une sorte de trompe que termine un organe de succion

arrondi et qui loge cinq stylets piquants et barbelés ; ceux-ci perforent

- les tissus ét y introduisent une salive irritante et venimeuse qui pro-

duit un soulèvement du derme avec sensation de brûlure. On dit qu'à la suite d’une longue série de piqüres, on contracte une sorte d'immunité contre les morsuw.s et que celles-ci, une fois produites, n’ont: aucune des conséquences qu'elles entrainent dans le principe.

Le maringouin est le moustique des climats excessifs. Il hante les:

‘lieux humides et marécageux, a des mœurs nocturnes et ne s'élève: . guère audessus du sol. T1 n'est qu'une variété du cousin ordinaire.

Mais si la science se prononce sur la nature de ces communards, elle est presque muette sur les moyens de s’en débarrasser. Mes compa--

-gnons avaient emporté des médicaments avec lesquels ils se tatouaient,.

mais ils ont été inutiles, je vous en donne mon certificat. L'inventeur

“d'un remède maringouinifuge ferait certainement fortune. Voici cepen- ‘dant une recette dont il est bon de se servir, tandis qu’elle est à la

mode, il s'agit de frotter les piqûres avec une feuille de poireau ou d'oignon pour calmer les démangeaisons. La cautérisation avec de l'eau de phénique liquide produit aussi d'excellents effets.

Mais avec ce petit jeu là, le jeu aux maringouins, il était tard quand

- sous pûmes clore l'œil. Le religieux hibou avait déjà fait entendre sa ‘plainte à l'heure de minuit ; le huard avait plusieurs fois lancé son:

cri plaintif, quand la dernière de nos sentinelles, repliée sur le camp, jouissait en paix du fruit d’une vigilante journée. Mais, ne voilà-t-il pas que sur le matin, alors que la fumée s'élève épaisse des lacs, pour leur permettre de voir l'aube, les bêtes de jour se remuent sous notre

couche réchauffée. Ce sont les criquets, les fourmies, les... je ne

sais qui ni quoi. Et l’une entre sans hésiter dans notre bas, l’autre

: sous notre chemise; mais ce qu'il y a de plaisant, c’est que quelques unes

pénêtrent dans nos oreilles—Brrrr... Et comment faire contre cet.

ennemi là? C’est une réponse qu'il faut aller ni plus ni moins chercher dans la théologie. Le moyen... c'est de fuir. Et en effet ‘il a fallu se lever, sous peine de se laisser flétrir par ces insectes, dont + laïmorsure de quelques uns est venimeuse.

D'ailleurs il était temps de saluer le Roi du jour qui se levait radieux.

au-dessus des ctmes ntéyaniss des monts de lorient. Eten peu d'instants nous étions inondés de la lumière bienfaisante, qui'enveloppait la nature pour l'embellir et la fertiliser.—Qui peut voir se lever le soleil sans admiration? Alors que le brin d'herbe lève sa tête pour le. saluer, alors que la feuille se sèche pour lui sourire, alors que l'oiseau entonne son hymne, et que la nature tressaillit à son baiser d'époux Qui lui a dit de venir à l'heure de l’an dernier et des années d'avant caresser les plantes, qui produisent les mêmes fruits ? Quoiqu'il en soit nous tfnmes conseil au wigwam.—L'un avait les ï côtes sur le long ; l'autre avait une fourmi greffée sur le mollet;—tous © NN nous avions la peau bossée comme l’écorse d'un sapin au temps delasève ” . montante.—Et d'après l'opinion des sages du Conseil il fallait pour s'accoutumer à cette existence, trois mois de calendrier républicain, c’est-à-dire trois mois de 30 jours chacun. Or comme nous n'avions que quinze jours à dépenser, nous décidâmes de ne pas exclusivement les employer À assouvir la rapacité des insectes du Nominingue. Cependaït le”. ‘rct humain nous commandait. L'honneur de dire au retour aus » * "3 campé ; la gloire de rentrer au foyer basannés comme des vis. . … ques et balafrés des coups de lances des moustiques! Les jeunes surtout chantaient l’hymne de guerre,quand un ancien dela forêt sur! 41, milieu Ce nous, au moment où nous préparions le déjeuner. Le nouvel :. ivé &csit un homme d’une taille de six pieds et svelte ; un pantalon, fixé à ses reins par une large ceinture fléchée, recouvrait une jambe flexible comme l'arc du carquois d’un Huron ; sa chemise en ‘fançiie grise qui retombait eur sa ceinture, laissait se dessiner un torse élégant et souple ; les muscles de ses bras, que ne recouvraient les manches retroussées de sa chemise, étaient gonflés et poilus. Ses traits d'ailleurs étaient doux, et la sérénité qui couvrait sa figure rasée, le rendait sympathique à qui le rencontrait. Ses yeux bleus, comme les plus fameux de nos guerriers anciens, avaient l'habitude de regarder haut et loin. Sa démarche était fière, comme celle d’un cerf qui porte son panache à travers les bois durs.

Il était accompagné d’un homme trapu, à grande barbe noire, nommé Michauville, chasseur de renom, comme son père, qui a passé sa vie à traquer les bêtes, et qui est mort pauvre comme tous ces chasseurs là. Ils se passionnent à cette vie, négligent la culture ou leur métier et soumettent le sort de leur famille aux éventualités dela chance de tuer, de vendre, des accidents, et des rhumatismes. En apercevant ces voyageurs, mon ami Beaubien s'écria : c'est Bureau | ! Oui ; c'était Bureau, un rôdeur, comme disent les gens. Et bien fait pour Ça, allez. Aussi dans les montagnes et les mauvais pas il ne résiste pas en voiture. Il saute à bas, prend sur ses épaules ce qui surcharge le che”al, et en avant.—Unfohevreui n'a pas meilleure pr ni meil-

ten peu.

5 * jéûir œûk dette: rivières et portages en se dirigeant l'envelop- ‘ sûr les étoiles et la mousse, et tombe juste au point où il veut aboutir. e lever le Aussi le gouvernement l’a:t:il chargé de tracer les chemins dans les tête pour : cantons à ouvrir à la colonisation. Il rend d'immences services en alors que LL évitant par là bien des endroits impossibles ou trop montagneux pour on baiser ‘ : y fixer un chemin à perpétuité. Ïl faut le voir, avec son casse-tête, ï es années träcer.un chemin, et couper les branclies au pas de course, ù | M. Beaubien connaissait M. Bureau, et depuis que nous étions en N navaitles ‘© D marche il répétait souvent: ‘ Bureau doit être en haut, Si nous let;—tous À avions la chance de le rencontrer.” Et bien, nous l'avons ce fameux delasève : : Bureau. Nous l'invitons à déjeuner avec nous. Là, pas de cérémonie. Ilait pour Ce n'est pas qu'ils manquassent de vivres, nôs voyageurs. Ils en étaient publicain, L h certes bien pourvus, Ce n’est d'ailleurs pas un petit personnage que ce vions que LÉ . M: Bureau. Il a le personnel qu'il juge à propos ; s’il faut deux hommes ement les … : ‘il les prend, s’il en faut dix ils les engage Et pourquoi ? , Cepen- Il a du bagage quelquefois pour plusieurs semaines, son canot chargé ‘auretour .- à : & conduire sur les eaux sans compter les portages, etc. Tout de même és comme . il mangea avec appétit de notre gargotte, qu'il nous aida à préparer, et ques! Les | : surtout de notre pain, car il n'avait que du biscuit. Je vais faire bouillir dela forêt | l'eau pour le thé, dit-il. Et en une minute il avait coupé une gaule de déjeuner. quatre pieds dont il effila un des bouts qu'il fixa obliquement en terre, svelte ; un et à l’autre bout encoché il suspendit le bidon sous lequel il uvrait une alluma le feu. Voilà la marmite. Il fallait voir l'assaut sur le jambon, emise en le saucisson, les grillades de lard ! Enfonéés Mde du Perrouzel, Victor, r un torse :. Cizol, Rabat et Cavallo, ne aient les Et ce pauvre M. Bureau avait autre chose à faire que de Howsti- Ses traits failler, il fallait répondre à nos questions qui étaient nombreuses. Il rasée, le revenait de la Lièvre où il avait tracé des chemins dans la Kiamica. omme les Il était enchanté du terrain de cette vallée de la Lièvre, où il a trouvé > regarder des prunes qu'il croit indigènes. Ce n’est pas étonnant, car nous avons qui porte un prunier indigène ; c’est le prunier d'Amérique; le crasus nigra de Loisel, dont l'arbre est quelque peu épineux. C'est, dit l'abbé Provane, nommé cher, la seule espèce de prunier indigène en Cangda. Quelques variétés sa vieà dans la culture, dit-il, produisent des fruits d’une saveur fort agréable, seurs là. bien qu'ils soient encore loin des Damas. métier et I fut question de bien des projets dans cette rencontre au bord du te de tuer, Petit Nominingue :—de faire au plutôt dévier le chemin de la Repousse, de tracer un chemin.au 4e rang du canton Loranger pour ménager un c'est Bu- .… débouché aux colons établis autour du Petit Nominingue, ce qui fut à s. Etbien exécuté le même jour. Et un autre projet fut de faire accompa- ; il ne ré- gner M. Bureau, lors de sa prochaine expédition, par nos garçons en surchatge vacance, ce qui n’est pas encore exécuté.

s, ni meil- Enfin, de …. pris, le soleil commençait à darder ses rayons ;

nous mtmes le fondre sous le briquet. Mais il fallait nous séparer du brave Bureau qui partait pour aller mettre à exécution le projet émis et muri pendant le déjeuner, de tracer une voie de sortie aux pionniers du Nord-Ouest du Petit Nominingue.

Après son départ nous nous mîmes à réfléchir sur notre position. Tous les arguments furent apportés pour la levée instantanée du camp, depuis la proximité des fourmis jusqu'à l'éloignement des voisins, On décida à l'unanimité d’alle: établir le centre de nos opérations au village, où il y avait de l’espace, puisqu'il n’y avait que deux établissements : celui de l'Eglise et la maison d’un nommé Jetté, hôtelier d'Hochelaga, qui a acheté près de l’église un emplacement où il amasse ses économies, L'exécution suivit de près la décision, et, en une demi-heure, tente, bagages, hommes et bêtes étaient en route pour des parages plus hospitaliers. L'endroit choisi pour dresser notre tente était élevé, et les travaux de construction se firent avec encore plus de dextérité que la première fois. D'ailleurs pas d’assemblée des anciens et nouveaux marguillers, ni de paroissiens. Le curé seul nous donna la permission de nous bâtir sur le terrain de l’église sans avoir à passer par la formalité de l'homologation.

Ah! ça, moi, je vous avertis, lecteurs, que je ne couchai plus.s sous la tente. J'en avais assez, de ce jeu là (Ça peut-étre très poétique, mais je n’ai plus de disposition pour cette poésie là. Autrefois j'ai rêvé et fait la vie du camp, j'ai songé à me faire berger et même ermite, Maïs je suis revenu à la réalité.

Je couchai au presbytère où, après tout, on est mieux que sous la tente. Là pas de fourmis, pas de barbeaux, pas de hannetons, pas de criquets, pas de puces, non,car les punaises les avaient mangées. Ah ! des punaises par exemple, je ne vous dis que cela. Le curé les tolère-t-il par esprit de pénitence? Dans tous les cas il ne pourrait les déloger. Figurez-vous donc les réduits où elles peuvent se cacher, dans les fentes des planches, dans les écorces des murs, dans les coins des couchettes. Allez donc vous servir d’un petit soufflet pour introduire du poison insecticide dans tous ces interstices. Vous y perdriez votre latin.

On se demande, toutefois, nous qui ne voyons pas l'utilité des êtres de la nature, à quoi peut servir ce fléau des nuits avec son liquide. infecte. “Elle ne se contente pas, dit un auteur qui a dû se faire piquer, de percer les chairs, d’en extraire le sang dont elle se sustente ; dans la plaie qu'elle a ouverte, au lieu du sang qu'elle a dérobé, elle introduit un liquide âcre, mordant, sécrété par elle.” Pourquoi cette . manière d'opérer ? Je parierais que cette substance qu'elle verse sur : nos plaies est une généreuse compensation de ce qu’elle nous. ôte, Nous sommes trep ignorants pour en connaître le prix, voilà tout.: Est-ce un désinfectant ? Et pourquoi pas ?

position.

du camp, isins, On u village, sements :

ochelaga, onomies,

€, tente, ges plus vé, et les é que la ouveaux rmission Tr par la

lus sous rès poé- Autrefois t même

la tente.

riquets, >s punait-il par er. Figuntes des s. Allez insecti-

ès êtres liquide.

se faire stente ; bé, elle bi cette .

rse sur:

us. ôte, tout:

etiplus vous.êtes sujets aux affections de cette partie délicate de

Les médecins ont exploité, pour nous faire mourir plus scientifiquement, le règne végétal et le règne minéral, pourquoi donc n'sssaieæaient-ils pas, comme remèdes, du règne animal? Tenez, en voici ‘un qui a tenté l'expérience :

Je trouve dans un livre très sérieux la recette suivante : ‘ Prenez une vingtaine de ces petites bêtes noires qui remplissent les prairies et qu'on appelle cris-cris ou grillons. Faites les cuire et infuser dans une grande tasse de café noir ; faites passer à travers un linge et faites ‘boire cette infusion à une personne atteinte d'une hydropisie, même invétérée. Sucrez si vous le préférez.

Au bout de quelques heures commence une évacuation abondante par les urines, tellement abondante, qu'on voit des hydropiques, arrivés au dernier degré de la maladie, complètement débarrassés en

* moins de vingt quatre heures.

Le café des cris-cris a été essayé plusieurs fois et a toujours réussi.

On peut se servir indifféremment de cris-cris vivants ou de cris-cris séchés, mis en poudre et conservés?” (Petites less illustrées 8e série, p. 173:)

Le lendemain, ceux qui avaient couché sous la tente, et ceux qui avaient dormi sous le toit, étaient à bonne heure sur pied pour voir la brume s'élever de la prairie et fuir devant les rayons du soleil, pour entendre le chant des oiseaux matineux et sentir l'odeur des prés qui semblent, eux aussi, se rendre aimables à l’arrivée de l'aurore.

Après enquête minutieuse pour savoir comment chacun avait passé la nuit, et après avoir humé les parfums de la matinée, nous nous rendîmes à la chapelle où l’on assista à la messe,—et avec dévotion, je ‘vous l’assure.

Après le déjeuner nous commençames notre vie de colons. Et d'abord nous nous réduisimes à notre plus simple expression. Mon premier soin fut d'ôter mon faux col et ma cravate. Je vous le demande, à quoi sert de s'emprisonner ainsi le coù? N'y aura-t:il personne d'assez indépendant pour secouer ce joug qui nous gêne, qui nous étouffe et qui à lui seul a causé les trois quarts des apoplexies? Je comprends que dans les villes il faille mettre un linge quelconque qu'on puisse changer tous les jours pour séparer le collet d'habit de la peau. Mais pourquoi ne pas adopter un habit dont le collet n'exige pas cette précaution? Dans tous les cas, je vote pour les collets amples, ouverts, qui permettent au cou, qui y est au carcan, de se remuer à l'aise, et surtout au sang qui y circule de parcourir son chemin librement. Et savez-vous que les maux de gorge seraient alors moins fréquents? J'en suis sûr, car ces maladies viennent pour la plupart du chaud et du froid. Plus-vous vous enveloppez la gorge

votre corps. J'en. ai déjà vu des preuve convaincantés .ét j'en si fait moi-même l'expérience, .

Quoiqu'il en soit la preuve qu'on est plus à l'aise sans cette bande rapportée, c'est que, rendu chez soi, tout bourgeois s'empresse de faire sauter son faux col—en poussant un ouf | qui signifie quelque chose. Vous direz ce que vous voudrez, mais dans les bois, dans les champs, quand on y va pour prendre le frais, s'y délasser, on ne met pas de carcan, Donc c'est une nuisance. Encore un petit détail. tou- Chant la batbe. Comprend on pourquoi l'on s'obstine à se raser # En voilà une corvée celle-là. Dire qu'il faut tous les matins où du moins tous les deux matins se gratter jusqu'à ce que sang s'en suive. C'est une perte sèche d'une demi-heure par jour. Ah! oui, y compris le temps de chercher ses ustensiles, de repasser son rasoir, , Une demi-heure par jour, le temps d'assister à une basse messe 4 laquelle on n'assiste pas, parce que c'est trop long. Une demi-heure. par jour, Ça fait cent quatre vingt deux heures par année, c’est-à-dire quinze jours. Les vacänces d’un homme de bureau. Calculez donc la perte de temps, pour une population de un million d'hommes. Chacun perdant par année quinze jours de travail. Moi, rendu au Nominingue, je jette mon rasoir au fond du sac.

Nous commençons à explorer les environs. Et d'abord le canton de Loranger, où se trouve le Nominingue, ést magnifiquement situé entre le canton Marchand et le canton de Montigny.

* De chaque côté du Petit Nominingue il y a deux veines de pierre à Chaux de bonne qualité. J'ai observé moi-même une pointe qui s'avance dans le lac où j'ai trouvé un métal blanc dans de la pierre qui ressemible au quartz. Un peu plus en haut du lac, à un endroit appelé “ Cric à brochets,” il y a de la bonne argile à briques.

Les Jésuites ont acheté, entre les deux Nominingue, vingt lots qu'ils ont en grande partie cédés aux colons, ne gardant pour eux qu'un terrain pour l'église et une pointe où ils ont dessein de bâtir un collège industriel ou agricole. Ce collège ést incorporé par le 45 Vict., ch: 54.

Ces lots des Pères Jésuites, comme presque tous ceux du Canton Loranger, sont de bonneterre, quoique plus sablonneuse que le reste; mais d’un sable fettile, à l'exception de la plage Est du Petit Nomi-. bingüe,

Ces lacs fournissent une grände quantité de poissons qu'on pourrait dugmenter èn les cultivant. Les forêts donnent des essences précieuses. Lé bois que le colon ést obligé de brûler sur placé: jour faire sd terre; alimentérait les villes de la Province des années:

durant. Le 861 y y est d'uné fértilité prodigieuse, et, sans les gelées. ER y font déb fâvagés laute de déseit, ce serait une vraie terre fidähice. 1! ÿ a bôn noïnbré de pétits lacs. Outre le Pétit et le Grand

et jen ai. * tte bande

se de faire que chose.

dans les ne met pas tail touse raser ?

ins où du s'en suive.

li, y comjoir, , Une \ laquelle heure. par c'est-à-dire ulez donc d'hommes.

rendu au

le canton ment situé

: pierre à i s'avance i ressemié “ Cric à

lots qu'ils qu'un terin collège t., Ch. 54.

Canton le reste; t Nomi-.

7 Notiiningue, on er compte six autour de l'emplacement du village Saint

pas mieux de n'avoir que de l'instinct.

Ignace: Le plus éloigné n'en est pas à un mille: Une des plus jolies rivières qui serpentent entre les montagues est la Sawguay, qui passe au Nord du Grand Nominingue et va se jeter dans le Petit. Elle est charfante de caprices, son aspect est sauvage, mais agrémenté par des lacs qui eh élargissent le cours à différents endroits. Près du chemin Chapléau, qui la traverse, se trouvent entre autres le lac Bourget et le lac Laflèche, qui sont d'une limpidité et d'une sérénité remarquables Ils sont tous deux protégé* par des forêts de haute futaie où s'arrêtent

‘les vents et les tempêtes. Sur ces grands lacs se promènent toujours

déb quantités considérables de canards qui y vont chercher une nourriture substantielle pour leurs petits, lesquels peuvent facilement ÿ prendre leurs ébats.

On voit dans cette rivière Sawguay, plusieurs vestiges des travaux dés castors, qui dénotent de la valeur et de l'intelligence de ces amphibies.

À ceux qui aiment les mots scientifiques il convient de dire que le

castor (*ors la politique,) appartient au septième ordre des mammifères, les rongeurs. Et dans cet ordre il appartient à la division des ron-

géurs claviculés. I1 se distingue dés autres rongeurs par sa queue ovalé et couverte d'écailles et par ses pieds de derrière palmés. Le castor ést l'animal sut l'instinct et l'intelligence duquel on a le plus discuté. M. Filoureux, s'appuyant sur Cuvier, prétend que le castor n'a pas d'intelligence, mais un instinct merveilleusement développé. Quand on voit l'abus que l’on fait de l'intelligence, on se demande si ce” n'est A en croire Buffon les castors sont peut-être le seul exemple qui subsisté comme un ancien monument de cette espèce d'intelligence des brutes qui, quoique infiniment inférieure par sés principes à celle de l’homme, suppose néanmoins des projets communs et des vues relatives. M. Brocan, membre de la société d'Anthropologie de France, p’ouve aussi l'intelligence de cet animal. Partout où les castors ‘:vuveni des conditions favorables, ils vivent en famille et en société, ils bâtissent dés villages où chaque famillé a s4 hutte, chef d'œuvre de construction üù l’art du charpentier s'allie 4 celui du maçon. Le choix de l'emplacement, la préparation des matériaux, la disposition de la digue, l'édifications des huttes, témoignent d’une intelligence vraiment reimarquable. PC . dl y aurait à citér une foule de faits qui prouvent à l'évidence cc ces quadrupèdes raisonnent puisqu'ils prévoient. Aussi on m'a assuréque lorsqu'ils travaillent il y à toujours quelques uris d'entre eux qui faontent la garde pout frappet de la quete sùr Peau; en signe d'alarme; quand il y 4 du —

Sur ces petites rivières du Nord on aperçoit des traces nombreuses de rats mnsqués, autre espèce de rongeurs, qui ressemblent extraordinairement aux Castors,

Leur fourrure est moins précieuse que celle du castor ; mais on en tire un excellent parti, surtout depuis qu'on en arrache le grand poil et qu'on le teint. J'ai vu chez M. Lanthier, notre marchand de fourrures à la mode, et chez M. Desjardins, notre fourreur populaire, des ouvrages en rats musqués qui imitent les plus belles pelleteries.

Voici ce que dit Kalm, dans ses mémoires de son voyage en Ar ‘rique, en 1749, p. 98. ‘ Les rats musqués sont'très communs en A1 rique Septentrionale, et vivent près de l'eau, sur les bords des lacs, des rivières et des ruisseaux. Ils se nourrissent de moules principalement. Linné a donné à cet animal le nom de Castor Zibethicus, et celui de Castor Moschatus au rat musqué d'Europe.”

A la page 142 il dit : ‘“ Les bords de la rivière étaient percés, au niveau de l’eau, de trous nombreux, habitation des rats-musqués, Fiber Zibethicus. Des tas d'écailles d'huitres jonchaient les abords de ces retraites souterraines. ‘‘ Le rat-musqué serait-il ostralège? Kalm le pense et croit avoir fait une observation nouvelle parce que Linné, Buffon et Sarrasin prétendent que cet animal ne se nourrit que d’aconus (Aroïdées) de joncs et de racines.”

C'est incontestable que le rat-musqué mange de ces moules que l'on trouve dans les lacs, et il n’y a qu'à voir dans sa tannière la quantité d'herbes qui s'y trouve et les ravages qu’il fait l’automr dans les champs d’avoine, pour se persuader qu'il affectionne le g1 et le fourrage.

Chose remarquable, et qui dénote chez cet animal un instinct extraordinaire, c'est que les réduits qu'il fabrique sous terre sont généralement à l'abri des inondations, et quand l’eau est pour monter beau- Coup au printemps, il construit l'automne ces caves plus éloignées de l'eau.

A propos des huitres que l’on trouve dans les lacs, je crois qu'elles Offriraient un met délicieux en les assaisonnant convenablement,

Kalm raconte que les sauvages étaient très friands d’une espèce de moules, (Mytilus Anatirus) qu'ils ramassaient dans les rigoles des prairies.

On trouve quelquefois dans ces moules des perles très jolies qui ne dépareraient pas les pierreries précieuses que l’on se procure à grand. prix. N'oubliez pas, lorsque vous irez au Nominingue, mes jeunes arais, d'en recueillir quelques-unes que vous offrirez à celles qui sauront les apprécier. Venant de vous, ces parures si simples trouveront, je suis sû:, leur place dans les écrins les mieux choisis ; elles ajouteront aux grâces de celles qui les porteront, l'inappréciable qualité qui consiste . dans un goût simple et distingué.

mais on en rand poil et le fourrures pulaire, des ries.

e en Ar‘ns en A

les lacs, des cipalement.

et celui de

percés, au s-musqués, s abords de :? Kalm le que Linné,

rit que d'a-

moules que tannière la

l'automr ne le g1

act extraort généralenter beauoignées de

ois qu'elles ment.

espèce de igoles des

lies qui ne

unes arais, auront les nt, je suis teront aux i consiste

nombreuses t extraordi-

Parallèle à la Sawguay est une rivière plus modeste et que j'appellerai rivière St. Ignace. Elle offre 4 l’industrie d'immenses xessources,

| quoique la pente de son cours soit à peu près nulle.

Sur cette rivière sont deux petits lacs: Ste. Marie, de 3 milles de tour, et St Joseph, d'un mille de longueur suÿ dix arpents de largeur. C'est à l'embouchure du St. Joseph, situé à environ 5 arpents en bas du Ste Marie, qu'a été érigé le moulin des Pères Jésuites. La manière d'obtenir ung force motrice sans rapide appurent est remarquable. L'endroit endigué est très étroit, et l’on parvient par les pelles à barrer presque complètement le passage de l'eau, qui s'accumule dans le lac en quantité énorme, sans cependant s'élever d’une manière perceptible. L'eau ramassée pendant une nuit suffit, même dans les temps de grande sécheresse, à alimenter le moulin durant plusieurs jours. D'autant plus que ce moulin, qui a été construit par M. Matte, est à turbine et exige très peu de pression pour faire mouvoir les machines qui sont nombreuses.

Œn l'été de 1884, il n’y avait encore que les scieries, mais bien perfectionnées, certes. Il fallait voir dévorer un billot par ces mâchoires circulaires. Aujourd’hui on y a placé un appareil pour confectionner le bardeau, la latte, la planche pour lambris, et des moulanges pour y moudre le grain. Le tout a coûté environ $5,000. On 4 l'intention d'y ajouter prochainement, un jeu de cardes. C’est d’une importance majeure que le colon ait un moulin. Et, après l'église qui cultive le moral, rehausse le courage du colon, c’est bien le moulin qui doit venir dans le canton, pour préparer le bois avec lequel il bâtira sa maison, et pour moudre son grain. De ce moment le pionnier est chez lui; ilest A l'abri des éventualités causées par les mauvais chemins, C'est ce qu'ont compris les Péres Jésuites qui, aidés par la société de colonisation du diocèse de Montréal, ont consacré à cette construction des sommes assez considérables. Et cette œuvre a eu sa victime. Peu de temps après notre départ,un nommé Bergeron, très habile homme, était venu prendre la direction de ce moulin. C'était un Canadien que l'on avait fait venir de Chicago. Un éclat qui s'échappa un jour d'un billot sous la scie, le frappa au ventre et le tua.

ne ne

A l'heure qu wi est la chapelle, où la sranièrs messe fut dite le 26. avril 1883, et qui ressemblait à la crèche de Bethléem, est restaurée, le. carré en a été relevé et le comble couvert en bardeau.

Le premier baptème y a été fait le 3 août 1883 ; la première spot: ture le 3 mars 1884, et le premier mariage le 25 novembre 1884.

Le premier curé du Nominingue a été le Rév. P. Martineau, et le

premier vicaire le Rév. P. E. Proulx, S. J., arrivé à son poste le 8août

Le jour même de notre visite au moulin, M. Beaubien se mit en frais de faire construire une embarcation pour voyager sur le Petit Nominingué où sont sés lots. Vous dire la peine qu'il s’est donné pour noliser ce vaisseau, c'est incroyable. Il en avait pris le plan dans le Gentleman Farmer qui, d'aprés lui, contient toute science. Voüs savez ce que c'estfquand un homme est toqué d’un livte. Il fallait exécuter là barque exactement comme le plan. Ce n’était pas piètre affaire. Elle devait être en forme de morue, L'apparente n'était pas difficile à atteindre, sa construction non plus n'exigeait aucunë connaissance approfondie de l'architecture navale. Il s’agit de prendre deux grandes planc'es que l’on cloue en avant aux extrémités d'une planché transversale, et que l’on fixé au milieu sur une autre traverse plus longue que celle d'avant, dé manière à faire faire une courbe aux deux grands côtés qué l'on réunit en arrière, On fonce, et voilà votre chaloupe, et très élégante, je vous l’assure. Mais la difficulté était d’avoir du bois pour faire cet ésquif. Il le fallait de 24 pieds de long. Et allez donc trouver un billot de vingt-six pieds sans le couper exprès Le couper, c'était facile à faire à même les grands pins. Aussi ce fut bientôt exécuté, mais le sortir. c'était là que les Romains s’empoignérent. Un billot de vingt-six pieds de long sur trente pouces de diamètre !! Sortir ça du milieu d'une savane, l'été, c’est une grossé affairé. Aussi deux bœufs y pérdirént-ils leur patience. Il fallut deux chevaux en plus. Et, dji, djà.

Enfin, nous y voilà, mais après deux jours de travail. Aussitôt arrivé ce colossal billot eut le privilège de se faire étripèr le premier... cômimé certaines causes à la cour d'appel.

Et de suite le compas, l’équerré, le rabot et l'égotiine firent de ces débris d'un défunt pin une embarcation des plus élégantes. Eticoré là vie qui sort de la mort!!! Il fallait transporter cette barqué d* 24 pieds de long faite de bois vert. Et du moulin à la Sawguay, à lé: droit où nous devions la lancer, il y a bien deux milles. Toüt de même la procéssiün s'y rénidit sähs encombré: Mäis M. Beäubiefi ne voulut pas faire sa premièré éônätruètion si rmodeste qu'ellé fût, sañs sôllicitér pour elle là bénédiction du prêtre, hi la lancér sans les prières de l'église. Aussi le Rév. M. Martitiéau s'y prêté-t-il volontiers. Rieri

ut dite le 26.

restaurée, le ë J

mière sépul- > 1884.

rtineau, et le ste le 8 août

n se mit en le Petit Nodoïné pour plan dans le te science.

un livte, Il é n'était pas rente n’était jeait aucune it de prendre émités d'une utre traverse » courbe aux t Voilà votre était d'avoir ng. Et allez exprès Le Aussi ce fut ins s’empoiuces de diägrosse affai-

t deux che-

issitôt arrivé Tr... Comme

rent de ces es. Ericoré arqué d* 24 4Y; à l'ex:

. Tôüt de Beaubiéti ne lé fût, sans les prières tiers. Rien

de touchant comme - Cette naïve cérémonie au bord de cette srive . sauvage, en présence des quelques colons réunis. Aussi est-ce avec

une voix vibrante et émue que nous entonnâmes l'Ave Maris .Sr://a. Après que l’eau sainte eut touché la poupe de la nacelle, qui reçut le

nom de “Laurette” du nom de Mde Beaubien, la fête civile commença.

Une bouteille gardée intacte et sortie des caves de MM. Mathieu Frères, fut débouchée et versée par portion bien modérée, dans un verre unique qui fit le tour de l'assemblée, en commençant par le prêtre et le haut justicier., Deux bouteilles n’eussent pas été contre les lois de la tempérance. Et c'était du bon vieux Bourgogne qui nous fit fredonner : :

Le vin de Bourgogne

Met la belle humeur au cœur.

Pour faire vie bonne

Faut cette liqueur.

Aussi est-ce avec humeur que nous nous embarquâmes dans cet esquif, que quatre bras vigoureux, armés de fières avirons, faisaient couler sur les eaux de la Sawguay.

Après ayoir constaté que ce que nous avions fait était bien, nous revinmes à la soirée, contents de notre journée, La ‘“ Laurette ” était la première sérieuse embs:2ation du Petit Nominingue.

Le lendemain nous allâmes voir le Grand Nominingue,—et voguer sur ces eaux—non sans y plonger un peu. Ce n’est pas facile, dame ! de résister à cette tentation. Si vous voyiez comme ces plages sont

douces et le fond sablonneux. Aussi pouvions nous chanter :

A la claire fontaine

M'en allant promener,

J'ai trouvé l’eau si belle

Que je me suis baigné.

Il y a longtemps que je t'aime, Jamais je ne t’oublierai.

C'est au Grand Nominingue que nous eûmes l'avantage de faire la connaissance de la famille Richard. Il faut que je vous en parle. M. Pichard est un marchand de St. Jérôme, qui n’est pas né commerçant, mais qui l'est devenu, En eflet, il s’est, je crois, ruiné plusieurs fois avant de venir enkce dérnier endroit. Rendu à St. Jérôme il adopta un système Que personne avant lui n'ayait suivi Ça été de vendre axgent comptant, ce qui lui permettait de débiter sa marchandise à meilleur marché que les autres. Il fallait voir les gens se porter à son magesip. Aussi sacquit-il une clientèle propre à ouvrir les yeux aux

autres marchands, qui voyaient leurs chalands LA énies Et ile finirent par adopter le même système. Mais Richard s'était déjà en: richi et continua à garder une place distinguée dans le commerce de St. Jérôme. Il avait aussi des intérêts dans l'industrie, particulières ment dans une manufacture de boutons de St. Jérôme. M. Richard aime l'agriculture, et il a acheté près du village une petite ferme où il fait du jardinage.

Ces opérations ont marché de succès en succés, et il a amassé une fortune qui lui a permis de bâtir plusieurs maisons de première classe ; elles n’ont qu'un tort, c'est de masquer la vue de la rivière, qui autrefois donnait à la ville un cachet particulier de distinction. Les lots sur lesquels ces maisons sont bâties auraient dû rester vacants et être consacrés à un boulevard. Le conseil aurait dû acheter ces terrains et il les aurait eus pour une bagatelle dans le temps. C’est souvent une faute que commettent les conseillers, de lésiner pour faire plaisir aux élec. teurs, et de compromettre ainsi pour toujours les intérêts d’une localité.

Quoiqu'il en soit, M. Richard s’est procuré sur les bords du Grand Nominingue des lots qu'il tient à exploiter. Et savez-vous quel est son contre-maître ? C'est madame Richard elle-même, qui s'y est rendue pour y conduire les travaux. Nous l'avons trouvée là installée avec trois. de ses jeunes filles et son fils, élève du collège Ste Marie. Mde Richard a fait construire sur les bords ouest du Lac un chantier, qui est un chef d'œuvre de l’art. Pas un clou n’y a été planté, et les jurisconsultes, qui ont coutume de regarder comme immeuble ce qui tient à un immeuble à fer et à clous, y perdraient leur latin, parcequ'il n’y en a pas. Ce château rustique de 20 pieds sur 20, est fait de bois rond, dépouillé de son écorce, surperposé, agraffé aux angles par des mortaisés, Les interstices sont remplis de mousse. La couverture est.en écorce de cèdre qui, en répandant à l'intérieur son parfum résineux, empêche toute gouttière de se pratiquer. Tables, bancs et lits, tout est pris à. même les murs, qui au moyen de trous de tarière ouvrent le flanc à des traverses, servant d'appui aux meubles nécessaires. Il y a dans ce chantier une trappe qui donne ouverture à une cave où pain, lard, etc., sont conservés. Nous avons dîné dans ce chantier et je défie tous les Lucüllus de désirer rien de mieux. Et le service était fait par trois Grâces, c'est le mot. Les trois demoiselles Richard qui étaient là, sont. réellement d’une beauté ravissante, Vous pourriez croire que la poésie du paysage m'a monté la tête. C'est vrai que trois jeunes filles, au milieu d’une grande forêt, sur les bords d’un majestueux lac, mises avec une simplicité angélique, aux manières gracieuses, mais d’un naturel distingué, peuvent paraître comme des nymphes aux jeunes hommes sensibles ; mais pour un jeune vieillard comme moi, père de douze

eurs, Etils 3

ait déjà en-

mmerce de articulière-

£. Richard ferme où il amassé une ière classe ;

ui autrefois

es lots sur

et être con-

rrains et il

it une faute

r aux élec.

d’une loca-

du Grand uel est son est rendue e avec trois de Richard qui est un sconsultes, à un imy en a pas.

, dépouillé mortaisés, .en écorce , empêche est pris à.

flanc à des a dans ce lard, etc., ie tous les par trois nt là, sont.

la poésie

s filles, au nises avec n naturel hommes de douze

enfants, il faut avouer qu'il doit y avoir du solide dans son exaltation.

Eh bien ! j'ai rarement vu un tableau aussi eutrainant comme celui de cette mère entourée de ses jeunes filles quise prêtaient avec tant de gaieté aux soins du ménage, préparant le diner, servant la table, lavant la vais-

- selle, balayant la place, faisant la couture, brodant la dentelle, fabri-

quant des fleurs pour la chapelle du Nominingue, confectionnant des

chapeaux avec l'écorce des merisiers. ÆEt toujours gentilles, contentes, . souriantes, agaçantes. Etavec cela d’une naïveté que seule la vertu peut

produire, Aussi ces jeunes filles étaient-elles d’une piété qui faisaient

: l'admiration de tous ceux qui les connaissaient, Ce n'est pas étonnant:

que depuis, elles se soient mariées et bien mariées. Ca justifie mon opinion qu’elles étaient ravissantes.

Aujourd’hui il y a plusieurs familles nouvelles qui sont résidentes au Nominingue, y ayant pris des lots et entendant s'y implanter. Parmi

celles-ci est la famille de. M. Lalonde, marchand de St. Jérôme. Mde ‘

Lalonde, née Delle Wilson, petite fille de feu le Col. Maxime Globenski, est une femme distinguée. Et dix fois mère de beaux enfants. C’est un bel exemple donné à notre population et qui sera suivi je l'espère. C'est ainsi que le veut le curé Labelle M. Lalonde, qui a des lots voisins de M. Richard, s'est jeté dans la colonisation avec

un courage extraordinaire. Il a eu raison, comme vous l’allez voir.

Ce monsieur avait fait quelques épargnes à St. Jérôme; mais que valent ces épargies, quand il s'agit d'établir dix enfants! Il s'est dit : avec mon argent je vais faire défricier et exploiter des milliers d’acres de terres qui serviront à établir ma progéniture autour de moi. Et tout en faisant son affaire il encourage le colonisateur. Il montre là un bel exemple, et il fait gagner la vie à plusieurs hommes qui prennent des lots autour de lui et y travaillent à temps perdu. Son nom sera béni parmi tous ces braves gens qui lui devront leur existence. + Sur

Combien de gens, dans les villes, dépensent sottement leur fortune à se créer des soucis et des chagrins. Ils pourraient établir tout un canton de familles qui contribueraient à faire la force de notre nationalité, et qui les entoureraient d’égards comme un seigneur vénéré. Combien de bâtisses de luxe servent de refuge à la mollesse qui perd les familles, €. dont le coût suffirait à établir toute une paroisse ! ! ! Je connais bien des fils de familles qui soat inutiles, et même nuisibles, et qui ne seraient pas la honte de leurs, parents, si le père, au lieu de vivre dans l'insignifiance, eût étudié les besoins de son pays et secondé les efforts de ceux qui se morfondent à faire prospérer cette grande cause de la colonisation. Honneur à ceux qui comprennent cette mission. Aussi

leurs dévoués efforts seront-ils bientôt récompensés par la vigueur et ‘le moralité de leurs enfants, la consolation de leurs vieux ans.

n y a d'autres individus plus modestes qui ont quitté les grands centres. Ils n'en sont que plus courageux, car ils sont partis sans retsources, et c'est parcequ'ils se sont tenus les yeux fixés sut l'avenir. de leurs enfants qu'ils ont pu traverser les obstacles,

En automne 1885, il y avait là environ 25 familles. Près du village, en arrière, sont les lots d'une damé Normand, de Montréal, qui y faisait faire des défrichements dans le but de s'y établir Son dessein était aussi d'enseigner aux enfants de la localité, mais des arrangements subséquents permettent d'espérer qu'il y aura bientôt au Nominingue des religieuses Marianites de Ste Croix, qui prendront cette grande tâche en mains. Madame Normand, qui s'est si généreusement offerte, n’en mérite pas moins l'admiration des amis de la colonisation pour son offre généreuse qu'elle aurait exécutée sans cet

. incident.

Avec quel délice n’avons ‘nous pas parcouru ces grandes forêts, où l'on rencontre les différentes espèces de bois propres au chauffage, à l'ébénisterie, à la charpente. Rien ne manque à l'exploitation qu'une main industrieuse et des communications faciles pour conduire les produits au marché. J'ai remarqué dans le bois, sur le bord de la route une infinité de plantes utiles soit à l’industrie, soit à la médecine : l'Aralie à fleurs en grappe, (anis sauvage) dont la racine charnue, aromatique est recherchée comme un ingredient recommandable dans les petites bières ; la salsepareille, dont la racine infusée sert de dépuratif, (exposé à Londres en 1862) l'oseille, dont les feuilles acidules, sont tempérantes, diurétiques et autiscorbutiques ; la patience, dâns les

‘pâturages des montagnes, dont la racine est tonique, diaphorétique, dépurative et même purgative à haute dose ; le plantain, dont les propriétés sont fébrifuges ; la fougère, (Ptéride) si effective comme vermifuge ; la buglose, (langue de bœuf)dont les feuilles sont émollientes ; le buis, dont les propriétés sudorifiques le rendent précieux dans les affections cutanées ; la jusquiaune, (tabac du diable) narcotique puissant qui produit les mêmes effets que la belladone, et qu'on emploie dans les contusions, les entorses, la goutte, l’engorgement des mamelles, etc. ; la savoyanne, (Coptis trifolia) si bonne pour le scorbut, et dont le Dr. Giroux, de Québec, a extrait un excellent sirop stomachique ; le sang dragon, qui peut remplacer la rhubarbe ; le capillaire, (adiante) dont on fait un sirop stomachique en usage contre les rhumes ; la chimaphile (herbe à clef) dont les propriétés sont astringentes et diurétiques. (Ces quatre dernières espèces ont été exposées à Londres en

Mais je m'arrête, car il faudrait un volume pour décrire les mille et

‘ une choses utiles répandues à profusion dans les bois. Il faudrait

d'ailleurs avoir la science de l'abbé Provancher pour pouvoir les con-

les grands

s sans rest l'avenir

Près du de Monts'y établir s, mais des bientôt au prendront st si génémis de la e sans cet

s forêts, où hauffage, à tion qu'une onduire les de la route médecine :

\arnue, ar0le dans les le dépuratif, dules, sont , dâns les phorétique, ont les promme vermibilientes ; le x dans les ptique puison emploie s mamelles, ut, et dont n ique H le humes ; la es et diuréondres en

les mille et Il faudrait

bir les con-

; otre F suit die à ot ie a ds ces forêts des trésors Pour ne

: mentionner que le pin et le sapin, voici ce qu'ils fournissent à l'éco- . nomie domestique, aux arts et à la médecine : essence de térébenthine, * qui sert aux vernis, à la peinture et à des médicaments, l'arcanson, lé colophane, le .brai, la résine, la poix, le noir de fumée, qui servent à fabriquer plusieurs médicaments, des vernis, des bougies, des allumettes; de la cire à cacheter, du collage, du savon, des huiles à éclairage, de la naptaline, l’enpione, la paraffine, du gaz à éclairage, etc. Mais il faudrait mentionner l'alisier, dont les fruits servent contre la dyssenterie ; le tilleul, (bois blanc) dont les fleurs sont antispasmodiques ; l'érable, dont le suc est diurétique ; le frêne dont l'écorce est recommandée dans les hémorrhagies, les diarrhées chroniques, les scorbuts, les affections scrofuleuses et syphilitiques, la goutte et les fièvres intermittentes ; l’aulne, qui peut remplacer le quinquina ; le chêne, qui est un des astringents les plus puissants ; le cerisier, dont l'écorce est fébrifuge ; l'orme; dont l’écorce est utile contre les dartres, la lèpre, les

. ulcères cancéreux ; le noyer, utilisé contre la débilité, les scrofules, les

affections vénéneuses, les ulcères scorbutiques, et dont l'extrait de brou de noix est purgatif ; le hêtre, dont l'écorce est fébrifuge ; le bouleau, dont la sève est dépurative. Enfin tous les arbres de nos forêts

qui, dans leurs feuilles, leurs racines, leur écorce, leurs sûcs ou leurs

fruits, offrent un remède, un soulagement aux maux de l'humanité.

Que de ressources nos médecins pourraient tirer du règne végétal !

# C’est surtout au médecin de campagne, dit un livre précieux que j'ai sous la main, qu'il appartient d'employer les’ plantes indigènes, C'est pour: lui une ressource dont il peut d'autant plus facilement tirer parti, qué l’homme des champs lui-même témoigne de la prédilection pour les simples. Ilen est tout autrement dans nos cités, où les préjugés de l’opulence, entretenus par l'intérêt du pharmacien, et même par celui du médecin, s’opposeront encore longtemps, et peut-être toujours, à l'adoption de la médecine économique.”

‘# Les hommes qui appartiennent aux premières classes de la société, dit Montaleon, ont sur les propriétés des médicaments, des préjugés qu'il serait dangereux de heurter ; ils aiment là multiplicité des remèdes, ils prennent pour de grandes vertus la singularité de leurs noms, leur rareté et surtout leur prix élevé. Médecins ! n’allez pas leur prescrire ces végétaux précieux, mais d’un emploi trop vulgaire, que la nature fait croître abondamment dans nos campagnes ; réservez-les pour le peuple! Voulez-vous donner une haute idée de votre génie ? n’ordonnez jamais que des remèdes extraordinaires, ou des substantes amenées à grands frais des contrées les plus éloignées.” (Dictionnaire des sciences médicales, Du savoir faire, t, XXXI, p, 342.)

à pe puis mdr cette spriciétin sans. TS les EAÈSE, ï plantes aquatiques qui foisonnent dans les lacs et autour.—Parlons

d'abord du Nénuphar, dont les larges feuilles longuement pétiolées,. us et charnues, échancreés en cœur, s'épananouissent à la surface de

l'eau. Ses fleurs blanches ou jaunes sont odorantes. On prête à ses racines et à sa semence un pouvoir modérateur des désirs désordonnés. Ses fleurs sont légèrement narcotiques. k

La prele est prescrite dans l'hydropisie, la gravelle.

La quenouille (Massette) a une racine astringente, et l'on peut employer les aigrettes de la Massette en guise de coton dans les pansements des brûlures. *

Je m'aperçois que j'abuse ; je me tais, mais avant il faut que je vous, offre du thé. Le thé des bois est abondant et j'ai lu, je ne sais plus. où, que sous la domination française on en faisait un grand commerce sous le nom de Gaulthéria ; ce nom lui vient de M. Gaultier de la Verendrye, qui avait découvert que cette plante possédait les mêmes. propriétés que le thé du Japon. Voici ce que je lis dans une note sur le voyage de Kalm en Amérique, p. 241 :

“Le Dr Gauthier était un botaniste distingué. Son nom a été donné: par Linné, d’après Kalm, à un genre important d’arbrisséau du continent de l'Amérique, à fleurs en grappes terminales appartenaht à la. famille des Eritacées.. En France on extrait des fleurs de cette plante: une huile essentielle qui est employée en parfumerie.” (Marchand).

M. l'abbé Provancher l'appelle la Gaultiéria couchée, G. procumbens. L. (Petit thé, thé de montagnes, thé de merisier.) Box-Berry, Wintergreen. On en met dans plusieurs médicaments ; il y en a dans la Salsepareille de Bristol. J'en ai vu beaucoup au Nominingue, La Gaulthéria est comme la Chiogène, un substitut du thé. En faisant. macérer ces feuilles de Gaulthéria dans l'esprit de vin que l’on sucre ensuite, on fait une liqueur délicieuse. La Chiogène appelée aussi petit. thé, a la même saveur que la Gaultheria, c’est-à-dire celle de l'écorce. de Bouleau-merisier. Une des différences marquantes, c'est que celle-

. ci a le fruit blanc, l’autre rouge.

Une plante peu rare après les défrichéments, c’est l’oseille, Et il y en a de deux espèces autour des roches et des souches, la grande oseille’ (Rumex acetosa) et la petite. (Rumex acetosella.) L'une et.

l’autre ont le même goût et ont les mêmes propriétés, et sont toutes deux indigènes en Canada On cultive la grande dans les jardins. comme plante alimentaire.

Les feuilles d’oseilles sont acidules, tempérantes, diurétiques et antiscorbutiques. Elles sont effectives dans les affections bilieuses, les inflammations, ‘les embarras gastriques, le scorbut, les fièvres putrides, etc.

us Parlons tiolées, ace de

e à ses

y désor-

eut emy panse-

> je vous.

ais plus:

mmerce r de la mêmes.

note sur

é donné:

du continaht à la.

te plante:

and).

procumox-Berry:.

n a dans ue, La.

h faisant.

on sucre ussi petit.

b l'écorce:

ue celle-

Et ily a grande L'une et. nt toutes jardins.

iques et.

bilieuses, fièvres.

nn c'est le pissenlit qui n'est pas ce qu’un vain peuple pense, : Qui dirait

a plat qui Lost Qi au tiabiue: comme partout,

que cette plante qu'on foule à nos pieds soit un remède précieux ? sé habitants ne pensent seulement pas à l'utiliser, :

Le pissenlit (Leontodon taraxacum. L) est une nourriture saine pour les vaches, les chèvres et les moutons. L’abeille recherche ses fleurs. .

Il est tonique, diurétique, antiscorbutique, dépuratif. Il convient dans la débilité des voies digestives, les affections chroniques des viscères, les engorgements de la rate, l’hydropisie, les affections chroniques de la peau, le scorbut, etc.

Qui ne connait la verge-d'or, si commune au bord des routes? Celle du Canada (Solidago Canadensis) donne des panicules qui. en pleine floraison fournissent une teinture jaune qu’on emploie dans.les campagnes.

Cette plante est astringente et vulnéraire. Elle est conseillée dans les hémorrhagies internes, la dyssenterie, la pierre, la gravelle, les obstructions des viscères, Arnaült de Villeneuve dit qu'un gros de

poudre de verge-d'or, infusé du soir au matin dans un petit verre de

vin blanc, et continué douze ou 15 jours, | brise la pierre dans la vessie |... ï

Il prétend que ses feuilles et ses fleurs, appliquées sur les vieux ulcères des jambes, les guérissent en neuf jours CRPpHeATERe les renouvelant soir et matin |.

Quant aux fruits qui poussent naturellement au Nominihgue. on y voit les cerises, du Canada (Prunis borealis) appelées petites merises, la prune rouge, (P. Americana), les glands, (Quercus alba), les noisettes, (Corylus Americana), les faînes, (Fagus sylvatica).

Mais le sol et le climat se prêtent à toute espèce de culture, depuis la patate jusqu'au melon. Et certes le frère Chenard en avait de superbes. Ils n'avaient qu’un défaut lors de notre passage : ils n'étaient pas encore mûrs. C'est un défaut dont ils se corrigeaient tous les jours. Les tomates, les concombres, les carottes, les navets y viennent en abondance, ainsi que les choux et la laïtue. Enfin toutesiles plantes potagères y poussent avec une vigueur remarquable.

Les patates sont pour le colon d’une utilité majeure. Aussi viennent elles énormes dans ces terrains. sablonneux, mais imprégnés d’humus. En arrêtant la croissance de la tige qui s’emporte en bois, on a des produits d’une grosseur étonnante. Il en est de même du blé d’inde qui dans ces terrains secs, légers et saturés de cendres, poussent des tiges d'une hauteur extraordinaire, mais qu’on peut raccourcir à l'avantage de l'épi.

J'ai vu sur la ferme des Jésuites du blé très franc, de l'avoine très.

pesante et des pois à facile cuisson. C'est vraiment une terre de béné-

Giction qui ne souffre ni de la sècheresse, ni de la pluie et nds posi- :

Page 1