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Ce n'est pas étonnant que le diable fasse tant d'efforts pour arracher des mains de la religion l'éducation des enfants.
Tous les ans des jeunes filles de ce couvent disent adieu au monde pour se consacrer à Dieu, pour se dévouer à l'éducation de leurs semblables. Ne serait-ce que ce seul résultat obtenu, les sacrifices qu'a faits la paroisse pour avoir cette institution seraient amplement payés.
La ville de St-Jérôme a compris l'importance de l'éducation religieuse non seulement pour les filles, mais encore pour les garçons. Et, au prix de grands sacrifices, ses habitants, invités par leur curé, le révérend M. Labelle, ont élevé un beau collège dont la direction a été confiée aux Frères de Ste-Croix, venus de St-Laurent. Ils ne sont pas inconnus du public, ces religieux de Ste-Croix, qui dirigent avec tant d'habileté et le collège commercial de St-Laurent et l’Institut de Notre- Dame de la Côte des Neiges, où de jeunes enfants de 6 à 12 ans sont élevés avec les soins les plus tendres et les précautions les plus vigilantes,
Ces instituteurs, qui arrivèrent au Canada en mai 1847, enseignent toutes les sciences usuelles, et apprennent à leurs élèves l'agriculture pratique et les métiers dont ils s'occupent eux-mêmes, comme moyen d'existence. ‘ Leur mode d'enseignement, disait M. le Dr Meilleur, en 1860, est très apprécié, aussi, ont-ils déjà plusieurs étblissements en Canada, et la demande que l’on fait de leurs services, les met à même de les multiplier davantage, à mesure qu'ils se multiplient euxmêmes. ”
Les visiteurs ont eu plus d’une fois occasion d'admirer à nos expositions provinciales les produits magnifiques que les frères de St- Laurent y ont apportés et qui les rangent parmi les personnes expérimentées. Pourquoi le gouvernement, qui dépense tant pour des écoles d'agriculture, n’utiliserait-il pas les connaissances et les aptitudes de cette communauté ou d’autres du même genre? On a dépensé des sommes considérables pour établir la ferme modèle de Wetfeld. Certes, le gouvernement a fait là acte de patriotisme. Malheureusement les sacrifices qui y ont été faits n'ont pas été récompensés. Pourquoi? Parce que les dépenses étaient trop fortes. Et elle sont inévitables dans de telles créations par des laïques. Il me semble qu’on pourrait avoir les meilleurs résultats en confiant à quelques communautés le soin d'établir de telles écoles, elles qui font surgir des institutions avec les seules ressources de leur enseignement. (C'est ainsi qu’en Europe on a créé des colonies prospères et qui rendent les plus grands services à l’agriculture. Nous qui avons de si bonnes terres à distribuer dans les cantons, nous pourrions faire des arrangements avec des religieux
pour faire des fermes modèles où les élèves apprendraient l’art agricole
d'une manière raisonnée et pratique.
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Le village de St-Jérôme, dont la municipalité avait été délimitée, en 1870, par le 34 Victoria, Chapitre 34, a été érigé en ville en 1880.
D'après le recensement de 1881 cette ville naissante comptait alors 2032 habitants. Net Mr paroisse, qui forme une municipalité séparée, en comptait alors
Les terres de cette localité sont généralement bonnes et d’une nature variée, convenant à toute espèce de culture, même à la culture des fruits, qui pourtant à été négligée jusqu’à ces dernières années.
Sur le chemin de St-Jérôme à St-Janvier on rencontre une tourbière qui peut facifément être desséchée ; elle est d'environ un demi mille de largeur et d’une superficie d'environ 54 de mille. Ona trouvé dans plusieurs endroits, le long du chemin, que sa profondeur était de deux à dix-huit pieds, la plus grande profondeur étant vers le côté sud-est ; la profondeur moyenne est de huit pieds. Des années s'écouleront encore avant qu’on exploite cette tourbe qui brûle très bien et offre un combustible puissant, mais l'abondance du bois dans cette partie du pays fera retarder cette industrie dans laquelle les capitalistes ne trouveraient aucun profit. Si surtout le chemin de fer du Nominingue ouvre les cantons du Nord à l'exploitation du bois, pendant de longues années cette industrie forestière offrirait à l'industrie tourbière une concurrence ruineuse,
Il y a plusieurs mines dans la paroisse de St-Jérôme, mais le défaut de capitaux n’a pu encore en permettre l'exploitation. Sur la rive Nord- Ouest de la rivière du Nord, non loin du village, est une riche mine de fer que l’on avait commencé à exploiter, il y a quelques années. Une autre mine, que l’on pensait être d'argent, a aussi été travaillée, mais les ressources n’ont pas permis de réaliser les espérances qu'elle offrait.
Pour les savants, réproduisons des rapports de Logan les lignes suivantes :— é
‘“ À St-Jérôme of a trouvé, du côté de l’ouest de la rivière, une bande de calcaire cristallin ; on l’a suivie le long des bords de la rivière sur une distance d’un mille et demi, ayant la direction N. 32° E: elle est
d’une longeur d'environ 200 verges.. La roche du côté de l'Est est composée en grande partie d'un feldspath triclinique ; mais comme elle renferme un mélange considérable d’autres minéraux, il ne parait pas aussi marqué que l’anorthosite de Morin.
‘ Les minéraux ont un arrangement réticulé, comme c'est aussi le cas pour le gneiss orthose porphyroïde. Des bandes plus ou moins foncées sont parallèles les unes aux autres, et les nuances sont produites par une quantité plus ou moins grande d'un feldspath verdâtre à grains fins, qui se changent à l'air en un blanc opaque ; ce feldspath se rencontre en noyaux entourés d'un réseau plus foncé, consistant en pyroxène vert foncé et de fer oxidulé, avec de petits amas de grenats d’un rouge jaunâtre. Dans ce mélange, de petites et de grandes masses de labradorite, quelques unes de deux ou trois pouces de diamètre, sont disséminées irrégulièrement, et il se trouve dans quelques endroits des veines irrégulières ou ségrégations composées d’orthose rouge clair et de quartz translucide incolore.
‘“ Du côté oriental de la rivière on rencontre une roche d’un caractère semblable, mais on voit aussi une masse interstratifiée de gneiss rouge hornblendique, dont le fedspath est de l'orthose. La largeur de la masse est de 200 verges, et elle est marquée de bandes plus foncées que dans d’autres endroits, cela étant dû à la présence d’une plus grande quantité de hornblende ; on observe dans la roche de la pyrite de fer et du molybderie.
‘“ A l’ouest de cette masse de gneiss orthose des bandes plus petites, d'une nature semblable, semblent alterner avec celles qui contiennent un feldspath triclinique, indiquant un passage entre l’anorthosite et le gneiss orthose. Des lits de quartzite sont aussi interstratifiés, et quelques uns de ceux-ci sont tellement remplis de petits grenats qu’ils forment une roche grenatique”.
Les bois sont variés à St-Jérôme: chêne, hêtre, orme, érable, épinette, pruche, sapin ; mais les terres à bois sont déjà rares. La plupart de celles qui avaient été conservées ont été dépouillées lors de l’ouverture du chemin de fer à cet endroit, et aujourd’hui les bois descendent pour la plupart des paroisses environnantes.
Aussi la chasse y est elle rare. Il n’existe plus que des rats musqués, quelques visons voleurs, des belettes meurtrières. La perdrix même s'éloigne traquée qu’elle est par les chasseurs de la ville.
Il n’y a même plus de ces tourtes si abondantes autrefois. Il y a de ça quelque quarante ans, elles étaient tellement abondantes qu’elles infestaient le pays. Par milliers et milliers elles passaient du sud au nord où elles se rendaient au printemps pour faire leur ponte. Qui les conduisait là? Qui les en a retirées? Alors on les tuait par quantité désastreuse ; on en mangeaït, on en vendait et on en gaspillait. On chassait
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