‹ Combat pour l'individuChapitre 45 sur 87 · Rémy de Gourmont, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Rémy de Gourmont, loc. cit., p

neur la sélection sexuelle. Dans les tournois de la chevalerie le prix était décerné par les dames. Aujourd'hui encore, les survivances actuelles des mœurs chevaleresques : le point d'honneur et le duel attestent la puissance ici du suffrage féminin. La crainte de paraître lâche aux yeux d'une femme est la pire des perspectives.

Gela se voit jusque chez les mondains bourgeoisants que Sudermann met en scène. Dans son entretien avec le jeune Lothaire Brandt, où il est question des duels du jeune snob, Lenore Mîihling dit : « Ah ! je ^sais. Nous sommes là pour offrir le laurier au vainqueur ^.. » Cela ne confirme-t-il pas la justesse de notre assimilation de l'honneur et de la fonction vexillaire dans la série biologique ? Est-ce autrement que le mâle fait étalage de ses ornements et déploie ses parades de force et de bravoure devant la femelle?

Cette fonction vexillaire de Thonneur a déployé ses effets tant que les plantes humaines ont désiré croître et s'épanouir.

Le besoin de distinction^ essence de la Beauté, a agi dans les groupes humains tant qu'il y a eu un riche fond de sève humaine.

Aujourd'hui, est-ce l'effet d'une dégénérescence provisoire ou définitive ? La plante humaine semble chercher son salut et son bonheur dans Yabsence de distinction^ dans l'uniformité des tons, des teintes et des couleurs. L'absence de distinction, l'absence d'originalité, voilà la loi vitale de nos sociétés grégaires.

Un plat mimétisme social s'impose à la plante humaine qui veut végéter parmi les autres. Qu'elle se garde bien de se parer de couleurs voyantes, de trancher sur les tons ambiants, de donner une impression tropicale luxuriante et fière au sein de nos végétations sociales rabougries et tirées au cordeau.

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