Revue Philosophique, août
2. Nous n'entendons pas dire que toute philosophie optimiste est nécessairement un mensonge. — Il ne peut être question de mettre en doute la sincérité du haut optimiste intellectualiste d'un Spinoza par exemple. Nous voulons parler de cet optimisme de commande qui est une des habiletés de la tactique sociale et qui resterait mensonger, môme dans Ihypothése où une certaine métaphysique optimiste serait vraie.
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faibles. Gomme le jeune homme ne se range jamais dans celte catégorie, il s'élancera vers Faction avec la présomptueuse confiance dont la société aime à le voir animé*. c( La difficulté de se pénétrer de la vérité sur le monde, dit Schopenliauer, est encore augmentée par cette hypocrisie du monde dont je viens de parler et rien ne serait utile comme de la dévoiler de bonne heure à la jeunesse... La parade sociale et les magnificences dont elle s'entoure sont pour la plupart de pures apparences, comme des décors de théâtre, et Tessence de la chose manque. . . Ainsi des vaisseaux pavoises, des coups de canon, des illuminations, des timbales et des trompettes, des cris d'allégresse, etc., tout cela est l'enseigne, l'indication, l'hiéroglyphe de la joie; mais le plus souvent la joie n'y est pas; elle seule s'est excusée de venir à la fête ^ » — Schopenhauer appelle philistin l'homme qui se laisse duper par ces apparences et qui prend au sérieux la parade sociale. « Je voudrais définir les philistins en disant que ce sont des gens constamment occupés et le plus sérieusement du monde d'une réalité qui n'en est pas une^ » — Ajoutons que le philistin est très attaché aux illusions dont on l'a nourri. S'il rencontre quelque philosophe ou quelque romancier qui, par une vision plus aiguC de la réalité, met à jour la faiblesse de son plat optimisme, il s'en écarte avec horreur, semblable à ce philosophe écossais dont parle Tainc et qui recula épouvanté, quand il vit que sa famille ellemême allait disparaître dans le gouffre du nihilisme de David Hume \
1. Voir sur ce point Schopenhauer, Aphorismes sur la Sar/esse clans la Vie, p. 154.