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lui donner un avis en vertu duquel le ministre n’aura
plus à lui soumettre que les demandes d'autorisation que lui-même voudra bien accorder! On voit le jeu. Un particulier veut fonder une école, il prétend y appeler des Sœurs. Si la couleur de leur robe plaît à M. Combes, il dit au Conseil d'Etat: «Je vous autorise à autoriser. » Si c’est le contraire, si, par exemple, elles ont des robes blanches, M. Combes met la demande dans sa poche. Jamais il n’a été question de cela à la Chambre, dans la discussion de cette loi des associations, où, cependant, il s'est dit certaines choses plutôt raides. Mais le Parlement ne pèse pas plus que les tribunaux ; le Conseil d'Etat est là pour arranger les lois après coup, suivant le caprice de MM. les Ministres.
Et voilà comment, pour notre école, ce n’est même
plus la permission du Conseil d'Etat, c’est le bon plaisir de M. Combes qu'il nous faudra attendre. Tel est le dernier mot, le terme, l'aboutissement de toutes les déclamations contre le régime de l'arbitraire, dont on nous rebat les oreilles depuis trente ans !
La conclusion pratique, évidemment, cest que, si
nous voulons une école tout de suite, nous serons forcés
de prendre des laïques. C’est ce qu’on appelle respecter la liberté de conscience ! Or les institutrices laïques brevetées, il faut d’abord les trouver ; ce n’est pas si. facile: nouvelle perte de temps. Puis quand enfin, après tous ces sacrifices, on en sera là, quand la déelaration d'ouverture sera faite, il restera les délais légaux : encore un mois. ou
En attendant, que deviendront les enfants? On imagine comme il est commode pour des paysans, pour des cultivateurs, avec les travaux des champs, ici surtout avec le commerce des légumes, de les garder, de
les instruire à la maison! Je sais bien que les agents
de la préfecture disent aux braves gens, en ricanant odieusement : « Eh bien ! envoyez-les à l’école laïque. » Ah! par exemple, ceux qui ont essayé cetle plaisanterie-là ont dû comprendre, à l’air dont certains les ont regardés dans les yeux, qu’elle ne prendrait pas.
Voilà donc où nous en sommes: l’école fermée et.
provisoirement confisquée, l'ouverture d’une école libre entravée par tous les moyens. l’enseignement chrétien supprimé de faitdans la commune, les parents
placés entre leur conscience qui leur défend d'envoyer
leurs enfants à l’école laïque et leur devoir qui leur commande de les faire instruire. Est-ce que j'exagère en disant que c’est un crime ? Il ne s’agit pas ici du Concordat, de l'existence des congrégations, il s'agit des droits les plus élémentaires des simples citoyens, de la propriété privée et de la liberté de l’enseignement. M. Combes a eu beau essayer de donner le change et de déplacer la question, elle est là, pas ailleurs : ce sont ces droits élémentaires qu'il a violés : c'est là-dessus qu'il devra répondre, quand on l'en accusera à la tribune, devant la Chambre, et ce ne sera
peut-être pas aussi facile qu'au comice agricole de
Matha, près Saint-Jean-d'Angely.
J'ai cité l'exemple de Roscoff, parce que je l’ai sous
les yeux : mais c’est la même chose partout où ont été exécutés, par l’inexplicable et inutile soumission des victimes ou malgré leur légitime et féconde résistance, la circulaire sans autorité de M. Combes et les décrets illégaux de M. Loubet. Partout, c’est-à-dire dans des