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milliers de communes, la liberté de l’enseignement primaire, garantie par la loi, est arbitrairement, violemment suspendue, soumise au bon plaisir du Conseil d'Etat ou du ministre de l’intérieur. C’est encore la même chose dans les communes — et celles-là se comptent aussi par milliers — où les écoles de filles viennent d’être laïcisées. Laïcisées comment? Pour obéir à la loi, et, par conséquent, ‘suivant une règle
générale ? Pas le moins du monde. Au hasard des fantaisies, des rancunes préfectorales : ici, contre un maire trop indépendant: là, contre une congrégation qui déplaît. Tout à côté de moi, j'en connais deux où l'arrêté de laïcisation le dit. l'avoue en toutes lettres !
Est-ce au moins avec l’assentiment d’une partie de la population ? Pas davantage: les maires, les adjoïnts, les conseils municipaux en masse protestent, donnent leur démission : toute la commune les soutient, les maires, les adjoints révoqués, les conseils démission naires, seront unanimement réélus, on le sait parfaitement: n'importe, on passe outre, et cela s'appelle un régime démocratique! Si encore on y mettait les formes, les précautions commandées par l'intérêt, par le droit le plus essentiel des familles, en leur laissant le temps nécessaire à l'ouverture d’une école libre ! Mais non : on laïcise sans crier gare, à la veille dela rentrée! je dis à la veille, et ce n'est pas une formule; je sais des communes où l'arrêté de laïcisation a été notifié au maire et aux religieuses le ro septembre, alors que la rentrée était le 195. Elle a eu lieu, en effet, pour la nouvelle institutrice, que l'inspecteur d'académie est venu installer, maïs pas pour les élèves ! Celles-là, Les familles les gardent, et c’est leur droit absolu, en attendant que l’école libre soit prête.
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