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Vous me rappelez avec une affectueuse ee
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que je vous ai PERTE de collaborer aux « Annales »
article.
Cela cs bien vrai, . ; l'est aussi i que je suis
quelques lignes, c’est que j'ai peur de ne .
savoir. la langue de la Jeunesse. ; ge
Angélique à raison, voyez-vous, a Thomas Diafoirus : « Les anciens, monsieur, sont es anciens et nous sommes les gens de maintenant ».
Cela est très profond et on ne trouvera pas mi pour expliquer la peine qu'ont souvent à s’entenc les générations successives. LE
Les vieux, cependant, ont une utilité, qui est de
m'avoir rien à dire de nouveau.
Je crois que c’est une fonction qu'il faut conserver :
il paraît bien qu’elle ait sa raison d’être chez tous les” peuples, puisque les Japonais, qui sont aujourd’hui à la mode, ont, pour l'exercer, un conseil tout exprès.
Mais elle me semble particulièrement utile chez
ceux que tourmente cette sorte de fièvre démocra- __ Lisante, par quoi se manifeste dans le corps social le mal révolutionnaire. Entendez-moi bien : Je ne veux
pas dire que les anciens n'aient rien à apprendre du
__ temps. des évènements et des hommes. Je suis bien
éloigné de le penser : car l’âge, entre autres choses,
m'a fait connaître que la vie, la vie publique comme à Ja vie intime, est, pour chacun, un perpétuel appren- | tissage. : ; | : Edouard Détaille, parlant l’autre jour aux lauréats des Beaux-Arts prêts à partir pour Rome, leur disait :
« Restez jeunes sans ambitionner d’être appelés « Cher
= Maître ». Le véritable « Cher Maître » est celui qui : reste élève jusqu'à la fin de ses jours, sachant qu'il a toujours à apprendre ». Dans la même séance, le secrétaire perpétuel de l'Académie des Beaux-Arts,
M. Henri Roujon, ajoutait à ces paroles l’autorité d’un exemple illustre : il faisait l'éloge funèbre de Gérôme
et, louant son labeur infatigable, il racontait que, vers la fin de sa vie, à un ami qui lui demandait ce
qu'il avait fait ce jour-là : « J'ai appris » répondit ce
“Maître comblé de gloire et d'années.
C’est la forte expression d’une pensée qui s'impose
‘à quiconque avançant dans la vie, veut y soutenir sa marche et non point y traîner ses pas. Chaque tournant du chemin lui découvre des horizons ignorés.
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