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Mais est-ce vraiment marquer le constant effort, que de s’'empresser aux choses nouvelles ? Je crois au PORTE que, plus on apprend, moins on est entrainé
à dire du nouveau.
Chateaubriand, RES en 1791 de Saint- Malo pour l'Amérique, écrivait : « Je cherche du nouveau » Il avait vingt-deux ans : à était passionnément avide d'aventures, d’impressions et de poésie : quand iüil revint, rapportant À {ala,il était mür pour la gloire, et l’œuvre qui la lui donna fut l’apologie du vieux christianisme, renié par les contemporains.
Avez-vous remarqué le trait principal de ce Congrès de Strasbourg, dont, l’été dernier, l’écho fit battre nos cœurs d’une si forte émotion faite de regrets amers, de généreuse envie et de sincère admiration ? Quelqu'un, à l’une des premières séances, rappela une maxime de Windthorst : « Point n’est besoin de dire toujours du nouveau. [l faut répéter très souvent les choses vraies. » Cela m'a beaucoup frappé. De fait, ce Congrès magnifique, où se révéla une vie catholique si intense, où éclatèrent pour nous tant et de si douloureuses leçons, resta fidèle au conseil du grand homme : il n’entendit que des paroles très connues. il ne vota que des résolutions très anciennes. Paroles et résolutions semblèrent n’avoir qu'un objet, « répéter comme disait Windthorst., des choses vraies. » :
Or ce n'est pas un petit mérite ; car, dire des choses vraies est plus difficile qu'on ne pense.
Chacun sans doute y prétend et les docteurs en nouveauté comme les autres : d’où vient, sans doute, le ton doctrinal et l'accent de prédication, qui distinguent leurs discours.
Les vérités nouvelles sont ainsi devenues un des
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plus grands périls de notre temps. Sous prétexte d’ac-
corder la science et la foi, d’affranchir les esprits, d'élargir les idées, de conquérir les intelligences, elles ont envahi les Hivres et les journaux, les tribunes et les chaires. En tous les sujets, dans les questions sociales comme dans les matières de foi, ce goût de la nouveauté facile s’est donné carrière : ni l’autorité de
la tradition, ni celle des dogmes chrétiens, ni la divi-
nité même de Jésus-Christ n’y ont échappé. Cette passion pour tout ce qui parait nouveau est, d’ailleurs, un mal connu, symptôme précurseur des grands troubles historiques.
Vous vous rappelez comme Bossuet en dans l'oraison funèbre de la reine d'Angleterre. IL décrit « l’état déplorable des catholiques anglais » dans ce
temps de la persécution. « L'erreur et la nouveauté se
faisaient entendre dans toutes les chaires, et la doctrine
ancienne qui, selon l’oracle de l'Evangile, doit être
prèchée jusque sur les toits pouvait à peine parler à l'oreille. » |
Il cherche la raison profonde de ce désordre des esprits, et ce n’est pas dans les disputes théologiques, dans les querelles liturgiques qu'il la découvre.
« Quelque chose de plus violent se remuait dans le fond des cœurs : c'était un dégoût secret de tout ce qui
a de l'autorité, et une démangeaison d'innover sans fin. » Que voilà bien notre élat présent !
-A cette « démangeaison » il n’y a qu'un remède, qui
est la vérité vraie, la vieille vérité, la vérité intégrale.
Hoc opus, hic labor est!
Louis Veuillot, à qui il faut toujours revenir, parce
qu'il a vu jusqu’au fond de à âme de son siècle, écrivait, il ) a quarante ans : ; EF « Les âmes sont malades, et d’une terrible maladie : se «€ La fatigue et la terreur de la vérité. » On dirait que le diagnostic est d'hier. T5 Ainsi que parle l’Ecclesiaste : « Une génération passe ee | et une génération vient, mais la terre toujours reste debout. a ; :.-# Oui, cela est vrai aujourd’hui comme hier : la même maladie tourmente les générations contaminées au ber- "4 ceau par le poison révolutionnaire. La vérité les choque et les irrite, les lasse et les épouvante lour à tour, parce qu’elle est une condamnation et'une règle, la condamnation de l'erreur fondamentale sur laquelle repose tout l'édifice moderne, la règle de toute action, destinée à construire sur ses ruines un édifice nouveau. i Mais qu'est-ce que la vérité? L’interrogation de Pilat a traversé les siècles. L'accusé divin voulut en souffrir l'orgueilleux défi, afin, sans doute, qu'apparût, comme une leçon pour tous les temps, la funeste complicité qui unit le doute outrageant et la haine cruelle. +4 Mais, pour y répondre, chaque fois qu'elle rénai- 274 irait sur Îles lèvres des hommes, Il à institué son Eglise. 4 C'est elle qui définit et qui garde la verre et voilà ce. qui révolle notre temps. Se À la rigueur veut-on bien admettre que l'Eglise a 4 quelque autorité en fait de religion, pourvu que Ta 4 religion, dans ses rapports avec la société soit consi- Re dérée, comme Chateaubriand dit que Louis XVII: «un élixir propre à l’amalogame des drogues, de quoi se compose la royauté. » Ne Si l'Eglise voulait bien se borner à amalgamer, pour | empêcher l'abus que PORRPL EE en faire les imprus
|COMBATS | D’ HIER Lu D AUJOURD HUI
de les dune de ae on os permettrait de se .
mêler des affaires publiques.
| Mais le terrible est qu'elle a une doctrine intégrale,
R qui n’est pas seulement un ensemble de croyances religieuses, mais une règle politique et une loi sociale.
mi >: - Cette doctrine est ancienne : elle est cependant Cope |
Ée. jours nouvelle et c'est pourquoi je pense qu'il faut s'y