‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 19 sur 124 · À. DE MUN · texte numérisé non relu

À. DE MUN

Dans l’état d’excitation où ce douloureux débat avait,

il y a cinq ans, jeté tous les esprits, on comprend sans peine quelle puissance une calomnie aussi grave put avoir sur l'opinion. Je m’y suis arrêté un moment, en raison du retentissement qu'ont eu, je le sais, de l’autre côté du détroit, ces diffamations passionnées. Elles ne furent d'ailleurs, en quelque sorte, que l’une des formules adoptées, afin de rendre plus sensible à la masse inattentive, l’accusation générale qui servait à couvrir toute la campagne entreprise contre les congrégations. Cette accusation tient en une seule phase : « Les religieux fomentent l’opposition politique contre La République. »

… I faut savoir quelle action une semblable parole peut exercer, dans un pays comme le nôtre, centralisé à l'excès, façonné au joug des pouvoirs, ignorant des conditions les plus simples de la liberté, pour comprendre à quel point elle est redoutable.

Toute la tradition alavique de la Révolution se réveille dès qu'elle est prononcée : c’est avec elle qu'il y a un siècle on mettait «hors la loi» et on jetait à l’échafaud les victimes les plus innocentes. Pour être moins sanguinaire dans ses effets, elle n’en a pas moins gardé toute sa funeste puissance. .

Rien, cependant, ne la justifiait ici. Les religieux ne font pas, d’une manière générale, de politique active : s’il en est parmi eux qui ne sont pas attachés de cœur et de conviction à la République, la plupart la respectent comme le gouvernement établi, tous ne lui demandent que la paix religieuse.

Il serait facile, si ce n’était abuser des lecteurs, d'établir cette affirmation par des faits nombreux. Un seul pouvait à cette époque paraître la contredire. Une

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