FUNÉRAIRE
et administratifs, jusqu'à l’organisation définitive que
le comité de secours présentera incessamment à l’assemblée ». |
Les Sœurs ne refusèrent pas le concours demandé par leurs persécuteurs ; mais la Convention les expulsa définitivement et, pendant la Terreur, la loi de 1792 reçut pour elles son application par la déportation, l’échafaud et la fusillade.
Six ans plus tard, au commencement de l'an IX, le
ministre de l’intérieur Chaptal rappelait à Paris leur dernière supérieure générale, la sœur Marie-Antoinette Deleau, et mettait à sa disposition la maison hospitalière des orphelines de la rue du Vieux-Colombier. Aussitôt, de toutes parts, on réclama des Sœurs et le 23 germinal an IX, trois mois avant le Concordat, un décret du Premier Consul les chargea « de l’assistance et du soulagement des pauvres malades de chaque arrondissement, de l’assistance des enfants en bas âge et de la distribution des linges, lits, habits, meubles et autres choses qui, par l’usage de la bienséance, ne
peuvent être dirigées que par elles ». À ce moment, les”
Sœurs de charité avaient déjà, malgré la loi de 1792, 260 établissements, et le Premier Consul ne fit que consacrer une situation de fait, lorsque, par l'arrêté du 24 vendémiaire an XI. il les autorisa à.la fois :
1° À se consacrer, comme par le passé, au service des malades dans les hospices et dans les paroisses, et à l'instruction des pauvres filles ;
2° À porter leur costume accoutumé.
Ainsi, la loi de 1592, malgré son texte, n’avait pas plus supprimé définitivement les congrégations séculières que celle de 1790, malgré le sien, n’avait supprimé les ordres religieux. La force des choses les avait abrogées
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en fait, avant même que le temps ne les eût fait oublier. Le gouvernement de la Terreur, seul, avait essayé de les appliquer, en décrétant, pour leur donner une sanction, la proscription et la mort. Encore n’y avaitil pas complètement réussi, témoins les directrices des maisons d’orphelines de la Légion d'honneur, reconnues, patronnées par l'Empereur, qui n'étaient autres que les Sœurs de la Mère de Dieu, créées, au xvir° siècle, par M. Olier, le fondateur de Saint-Sulpice, pour recueillir Îés orphelines de la grande misère de 1649 ; malgré la loi de 92, leur couvent traversa sans encombre toute la Terreur, et, fermé seulement en l’an V sur une dénonciation calomnieuse, fut rouvert presque aussitôt par M de Lézeau, une ancienne religieuse de la Visitation ! | On pourrait en citer bien d’autres, car je ne sais rien de plus frappant, rien qui témoigne mieux l’inépuisable fécondité de la vie catholique que l’histoire religieuse de ces années tragiques, pendant lesquelles les congrégations dispersées, dissoutes, condamnées, renaissaient de toutes parts, à côté des tribunaux révolutionnaires ; tant il est vrai que ni la violence ni la menace ne peuvent tarir les sources de la foi et réduire les âmes en esclavage ! La persécution les enfantait elle-même par le besoin de se rapprocher dans ce péril commun, pour prier d’abord, pour subvenir ensuite aux besoins des pauvres et des malades que laissaient sans secours la destruction des œuvres de charité, pour donner asile aux prêtres proscrits, pour offrir un refuge à ceux qui recherchaient dans le mystère le secours de leur sacerdoce. Ainsi, naquit, à Amiens, en 1799, du dévouement de deux humbles femmes, la congrégation des Sœurs de Notre-Dame ;
ainsi, la même année, à Poitiers, l'Association du
Sacré-Cœur, fondée par la généreuse initiative de M'° Geoffroy qui, se rencontrant sous le porche de la cathédrale, avec trois de ses amies. peu de temps avant la fermeture des églises, leur dit ces seuls mots : « Que pensez-vous ? On supprime les communautés : si nous en formions une ? » De cette parole héroïque sortit la petite communauté qui, cinq ans plus tard, en 1800, devenue une véritable congrégation, donna naissance, en plein Paris, à la fondation de Picpus. Ainsi encore
ce grand ordre de Saint-Joseph de Cluny, qui peuple
aujourd’hui nos missions, qui a fait tant de merveilles à la Guyane, où il commença l'œuvre de la Hbération des noirs, et qui fut fondé, en 1803, par cette célèbre
M"° Javouhey, connue de tous ceux à qui l’histoire des
colonies est familière.
On a dit, on a écrit, on répèle sans cesse que jusqu'au décret impérial du 18 février 1809, qui place les
congrégations hospitalières de femmes sous la pro-
tection de’« Madame mère » et réglemente leur organisation, aucune congrégation n'avait été officiellement rétablie. |
Je viens de montrer le contraire pour quelques-unes d’entre elles, autorisées dès le commencement du Consulat. Mais il y a plus. Napoléon, avec son habituelle recherche de la centralisation puissante, avait consulté Portalis sur les moyens de réunir en une seule toutes les associations religieuses vouées à la charité. Dans sa réponse, qui forme son rapport du 13 prairial an XII (1805), Portalis détourne respec-
tueusement l’empereur d’un projet si contraire à la
nature des choses : à ce propos, il énumère Îles nombreuses congrégations existantes et autorisées ; il
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