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série. 6. HA £a Là
Quelques mois plus tôt, les souverains de l’Europe avaient traversé Paris en fête! M. Jules Simon, lui aussi, s'étant endormi sous un ciel serein, fut réveillé par l'orage ; et nous hélas ! avec lui. Qui donc a dit
qu'on ne recommence pas l’histoire ?
En rentrant, je trouvai les journaux du soir. L'affaire de Ploërmel remplissait les télégrammes, douze cents hommes mobilisés pour prêter main-forte à un agent de confiscation ; une maison particulière assiégée, forcée, prise d'assaut; de pauvres Frères jetés dans la rue, l’un d'eux, demi-mort de phtisie, expirant d'émotion dans ce tumulte ; une foule irritée, menacée d’un monstrueux conflit, et, comble de douleur! sept officiers, placés par l’infâme politique entre le devoir militaire et le cri de leur conscience, brisant leur épée pour se délivrer de l’horrible alternative ! Cruel épilogue de cette journée remplie par tant de funestes méditations !
Ainsi, voilà où nous en sommes, où nous a jetés le gouvernementcriminel qui tienten ses DAS E honneur, peut-être le destin de la France !
Dans le grand drame qui s’ouvre pour le monde, il n’a rien à nous dire, il ne sait rien : une seule chose l’intéresse, et ce n’est pas la guerre d’Asie, c’est La guerre religieuse. Elle est son unique passion, sa seule raison d’être ; tout lui est sacrifié, la politique extérieure et la paix intérieure, la concorde civile et la force militaire : elle est au fond de tout, des alliances nouvelles et des outrages infligés à l’Alsace!, du désordre de l’armée et
1. Allusion à l'arrêté expulsant de France comme « sujet allemand » M. l'abbé Delsor, député alsacien au Reichstag.
du déchirement des âmes : c'est pour elle. et par rte qu'à l'heure où toutes les nations se recueillent dans
l'attente, nous ne pouvons, nous, offrir à nos voisins, à nos amis, à nos ennemis, que le spectacle, réjouissant ne
: pour ceux-ci, douloureux pour ceux-là, d'un pays livré “ | par son gouvernement à la plus inepte, à la plus odieuse des discordes, dont Îles chefs ne s'occupent qu'à, l’abaisser, de leurs propres mains, en brisant à la fois, sa force militaire et son unité morale. Jusques à quand?
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