L'EXPULSION DES SOŒEURS DE ROSCOFF
En présence de l'émotion grandissante, soulevée dans le Finistère par les mesures tyranniques de M. Combes, les représentants catholiques de ce département firentauprès du ministre une dernière tentative pour en obtenir le retrait, et Jui adressèrent la lettre suivante :
Morlaix, 31 juillet.
Monsieur LE PRÉSIDENT DU CONSEIL,
. Comme représentants du département du Finistère, nous avons le devoir de vous faire connaître publiquement la situation créée dans le département par l’odieuse campagne que vous avez commencée contre les écoles de sœurs. À peine vos projets ont-ils été connus, que, dans toutes les communes menacées, la population tout entière, riches et pauvres, hommes et femmes, paysans, ouvriers et marins, s'est spontané- ment soulevée dans un élan d'indignation dont votre préfet a dû vous rendre compte.
Devant cette fière et énergique attitude, vous avez déjà reculé, en effaçant de vos listes de proscription une partie des écoles condamnées, et en avouant vous-même, par le décret qu'il vous faut maintenant
COMPATS RES PIS
arracher à M. le Président de la République, l'abus de pouvoir que vous aviez commis.
La population, elle, n’a pas fait un pas en arrière ;
elle demeure résolue à défendre les victimes qui restent
désignées. En nous associant, comme c'était notre devoir, à ces légitimes protestations, nous n'avons cessé de recommander à tous le calme, la sagesse, le respect
de la légalité. Nous continuons à le faire chaque jour,
à multiplier nos efforts pour prévenir les violences. Mais nous devons vous le dire hautement, les esprits sont ardemment surexcités par votre folle et coupable entreprise. Si, contrairement à nos conseils et à nos efforts, vos provocations entraînent une résistance violente, si d'irréparables malheurs en étaient la conséquence, vous en porteriez la responsabilité devant le pays et devant l’histoire.
C'est à vous d’aviser pendant qu'il en est temps encore. | Henri DE CHAMAILLARD. sénaleur : viceamiral pe CUVERVILLE, sénateur ; comte Albert pe Mux, député ; G. Miossec, député ; Emile ViLzrers, député.
or même temps, ils faisaient SDpEe à la fermeté et au calme de la population :