AOÛT
L'autre matin, je sortais de la vieille église de Roscoff. dont le sombre vaisseau semble, dans son pieux recueillement, garder la trace des générations qui vécurent, entre ses lourds piliers, la simple histoire de leur âme. |
Au milieu de la nef, le cercueil vide, peint en noir avec une croix blanche, reposait, comme de coutume, sur les tréteaux : ilest là, loujours, suivant l’usagedes églises bretonnes, attendant le mort prochain, ou le service presque quotidien pour ceux d'hier. À quoi bon le déplacer ? Sa vue n’offusque ni n'attriste personne. On sait bien que toute vie finit là, comme elle commence aux fonts baplismaux qui s'élèvent à côté du portail. :
Entre ce bassin de pierre grise et cette bière de bois noir, toutle mystère de l’homme apparaît...
Il y a plus de choses au ciel et sur la terre, Horatio, que n’en peut rêver votre philosophie !
Mais, de ces choses troublantes, le peuple, robuste et chrétien, n’a point ici l'esprit inquiet. Il vit avec elles dans la familière confiance que lui enseigne sa foi.