‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 60 sur 124 · CAN NN ES · texte numérisé non relu

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que je donne à mes amis.

faim, on a, par un trait d’infinie délicatesse, confié la direction des cultes.

Cela est vrai, et c'est précisément le fin du fin. Les vieux comme moi se sentent, avec quelque gaiété, rajeunir à cette vue. [Il y a vingt ans, on ne faisait pas mieux ; on appelait cela « l’opportunisme » et il fallait voir de quel ton les radicaux traitaient cette

manière de se moquer du peuple.

Je n'ai pas encore lu le programme du Cabinet, mais je sais ce qu’il y a dedans. Entre autres choses, et en très bon rang, il y a la séparation de l’Église et de L'État, ex æquo avec l'impôt sur le revenu : je n’en doute pas, mais je dis comme nos compères de tout à l’heure Ouf ! on peut respirer !

Cependant, ayant un moment soufflé, comme il est

bien permis à des gens qui n’ont plus M. Combes sur

l'estomac, ne nous endormons pas ! C’est le conseil

Au contraire, prenons, par l'événement, conscience

de notre force. Sous la mise en scène obligée, COnSI-

dérons, en effet, la réalité. # Fidèle à la méthode qui prévaut depuis vingt-six ans et fausse, dans ce pays, toute la vie parlementaire, M. le Président de la République n’a point demandé, dans la crise, l'avis des sénateurs et des De catholiques. | Il est convenu qu'ils ne comptent que lorsqu'on pointe les bulletins, ce qui est bien, il est vrai, quelque chose, par quoi ils pèsent d’un poids assez lourd dans la balance.

Mais si on ne consulte pas les catholiques, on les entend tout de même, sans oser l'avouer, et voilà

leur force. C’est leur avis qui, en faisant peur aux

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députés du « bloc », a fini par renverser M. Combes ! C'est leur avis dont s’est enhardi M. Loubet, jusqu'à

mettre au panier le testament du démissionnaire par persuasion ! Et c’est encore leur avis que M. Rouvier écoutera demain, en ayant l’air de se boucher les

oreilles ! | :

Or, si la question religieuse tient, dans la politique, une si grande place, si la séparation de l'Église et de l'État est sur la tête des ministres une menace si formidable, et pour ceux qui les soutiennent un si rude embarras, c’est donc que la vie catholique est encore dans la nation plus intense qu’on n’en convient, et que, lors même qu’elle sommeille, on a peur de son

réveil.

Telle est, à mes veux, là moralité de la crise minis-

térielle.

*k Xx *

A la Chambre, les députés agiront au mieux, suivant les circonstances, les incidents et les actes du nouveau Cabinet. On ne peut leur demander davan-

tage, et je sais un groupe de quatre-vingts votants,

entre lesquels je m’honore de compter, qui pourra, s’il marche avec esprit politique, entente et discipline, paraître de quelque valeur à M. Rouvier.

Mais dans le pays, les catholiques ont autre chose à faire et de plus intéressant. Qu'ils continuent à s'organiser sur le terrain constitutionnel, avec une ardeur renouvelée, une résolution fortifiée et une

confiance affermie, sans perdre leur temps en vaines

réjouissances sur la mort de M. Combes, ni en curiosités plus vaines encore sur les secrets desseins de M. Rouvier.

ou “+ bat penser jour et nuit. ee ui

M. Combes, qui n'y manquait point, nourrissait | contre l'Action libérale populaire, une de ces haines, que seule engendre la peur. Dans ses discours, il ne se lassait point de parle» d'elle comme du plus grand. danger que pussent. rencontrer lé & bloc. » et lui. om TE, ‘Sy connaissait : l'événement ne lui a point donné tort. La leçon, peut-être, servira à ses successeurs. Faisons, en tout cas, qu ‘elle nous serve à nous-mêmes. Le se à FRANCE

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