‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 76 sur 124 · MESSEIGNEURS ?, MESDAMES, MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSEIGNEURS ?, MESDAMES, MESSIEURS

Je revois aujourd'hui, avec un vif sentiment de reconnaissance envers ceux dont la bienveillante SymM-, pathie m'y appelle une fois de plus, votre vieille cité, gardienne des frontières sacrées, qui, debout dans sa martiale attitude, porte en elle une âme si vibrante aux généreuses pensées, et comme façonnée, par le spectacle familier de ses monuments, au culte du beau dans les lettres et dans les arts.

Tout à l'heure, en entrant ici, quand mes yeux ont rencontré ce grand auditoire, aujourd'hui comme -

1. Profitant d’une amélioration dans l’état de sa santé, M. le Comte de Mun avait accepté l'invitation pressante des Membres de l’Association. Mais l'expérience fut défavorable, et ce fut le ne nier grand discours qu’il prononça.

. Mgr Fulbert-Petit, archevèque de Besançon, es de Beau-

an évêque nommé de Carcassonne.

ho . COMBATS D'HIER ET D'AUJOURD HUI

alors si prompt à m’encourager de son chaleureux accueil, j'ai pu croire que rien n’était changé depuis cinq ans, puisqu'à cette même place je salue encore le vénérable prélat, dont l’hospitalière bonté a daigné favoriser ce congrès comme déjà celui de 1898, puisqu'aussi l'honneur m'est encore une fois donné, d’élever la voix devant l’orateur ! à qui cette ville a pris la glorieuse habitude de dresser la tribune, d’où il fait entendre à la France intellectuelle, des paroles si fortes, si courageusement décisives, el si justement retentissantes. :

J'ai pu croire que rien n'était changé et cependant,

Messieurs, depuis cinq ans, quel chemin parcouru ! quelle voie douloureuse, je ne dis pas seulement pour les catholiques, mais pour tous ceux qui veulent encore que la France demeure chrétienne, pour tous ceux même qui demandent seulement que le nom de chrélien n'y devienne pas un litre de proscription.

C'est au lendemain de ce congrès de 1898, je m'en souviens bien, qu'éclata tout à coup, comme un signal, la première bombe lancée à la Chambre contre l’enseignement libre ! et depuis !! ah! je ne ferai pas ce

lamentable récit ! notre calice de honte est trop pro-

fond et trop rempli, pour que je l’épuise devant vous,

et, du reste, que vous dirais-je que vous ne sachiez ?

quelle parole trouverais-je, quelle flétrissure me viendrait aux lèvres, qui. ne soit déjà sur les vôtres ? Car, comme moi, vous vivez de cette souffrance quotidienne, et j'en suis sûr aussi, en citoyens vraiment dignes de leurs droits, vous êtes prêts, — ce qui vaut mieux que les colères stériles et les. indignations de

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