‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 9 sur 124 · MEET · texte numérisé non relu

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A la suite des évènements du 12 août, une instruction judiciaire fut ouverte contre un certain nombre de paysans roscovites. M. de Mun écrivit aussitôt à M. le sous-préfet de Morlaix pour l’aviser que, si les paysans contre qui une instruction était ouverte devaient être poursuivis, la responsa-

bilité de leur attitude dans la matinée du 12 août lui appar-

tenait tout entière, qu'il était décidé à la revendiquer devant

le tribunal où ils le citeraient comme témoin et à demander

en conséquence à êlre poursuivi avec eux. Une ordonnance de non lieu intervint peu après.

La session du conseil général du Finistère devant s'ouvrir le 18 août, M. de Mun proposa que, de tous les points du département, des députations fussent envoyées à Quimper, afin de porter au conseil les protestations de la population et

de faire appel à son intervention en faveur des écoles chré-

tiennes. La proposition, reproduite par toute Ia presse, fut accueillie avec enthousiasme.

Le jour venu, à deux heures, malgré la pluie qui tombait à torrent, vingt mille personnes étaient rassemblées à Quimper. Formées sur la place de la cathédrale en une longue colonne, dont MM. de Chamaillard, sénateur, de Mun et Villiers, députés, prirent la tête, elles se mirent en marche, dans le plus grand ordre ét précédées du drapeau tricolore, pour traverser la ville et se rendre à la préfecture. Malgré les tentatives d’une centaine de révolutionnaires qui, brandissant un drapeau rouge, tentérent de rompre leurs rangs, mais furent immédiatement repoussés, elles parcoururent les rues et le quai de l’Odet, au milieu des applaudissements de la foule entassée aux fenêtres des maisons. Une immense et continuelle clameur de Vivent les Sœurs ! Vive la liberté ! montait vers le ciel.

Aux abords de la préfecture, la ne fut arrêtée par les

gendarmes et la troupe. M. de Mun, recommandant le calme

aux manifestants, fit porter une lettre à M. de Kerjégu, président du conseil général, pour demander que le conseil reçut en séance une délégation des pères et mères de famille. Un instant après, le président lui fit répondre que la délégation ne pouvait, aux termes du règlement, être reçue pendant la séance, mais qu'elle serait admise à y assister et qu'aussitôt la séance levée, le bureau lui donner ait Un dans une salle voisine de celle des séances.

M. de Mun, ayant exhorté les manifestants à l’attendre, sans se livrer à aucune violence, se rendit avec quelques personnes immédiatement choisies, à l'invitation du président. ne

Le conseil était saisi, par un certain nombre de ses membres, d’un vœu demandant la liberté et la réouverture des écoles libres. Après une longue discussion et malgré

l'opposition du préfet, M. Collignon, ce vœu fut voté par.

35 voix contre 2.

La séance ayant été levée aussitôt, le bureau se rendit dans la salle voisine pour recevoir la délégation.

M. de Mun la présente, et, au nom de toutes les Énile

chrétiennes du Finistère, proteste avec émotion contre les mesures illicites et violentes prises par le Gouvernement à l'égard des écoles de Sœurs : il invoque contre ces mesures l'appui du conseil général. M. de Kerjégu répond en donnant connaissance du vœu que le conseil vient de voter,

M. de Mun remercie et s'engage à retourner vers la foule

pour le lui communiquer et l’inviter à se disperser avec tranquillité. Sorti de la préfecture, il est, aussitôt après avoir

franchi le barrage de troupes, environné par une partie des

manifestants qui rebroussent chemin avec lui, l’entrainent vers la place de la cathédrale, où la grande masse de la foule s’est portée pour l’attendre.

Quand il y parvint, non sans peine, elle était noire de monde ; de cette immense assemblée populaire en plein air, S Cloates des cris de colère et d'indignation.

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ÈS AR © COMBATS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI Soulevé entre leurs bras par quelques habitants de Roscoff | -qui l’entouraient, M. de Mun put, de cette tribune improvisée, annoncer à la foule le vote émis par le conseil général, . en réponse à l'éclatante manifestation des familles finisté- “1 riennes, Une enthousiaste acclamation accueillit ses paroles. En quelques mots il engagea la population à reprendre le chemin de la gare et des bourgs voisins, sans se laisser arrêter par les tentatives possibles des révolutionnaires

Ù ameutés dans les rues et à l'entrée des routes. [ put ensuite, 13 ; non sans peine, se dégager de l’étreinte où l’enfermait cette 4 foule émue, et aller chercher un peu de repos après cette journée d’extrème fatigue. La manifestation se prolongea 5 encore assez tard dans la soirée, au milieu des colères 4 < impuissantes de quelques bandes avinées. Elle eut, dans Fe toute la France, un grand retentissement. 4 ‘4 He ne.

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