‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 3)Chapitre 20 sur 97 · SE PI PE TR PES ETES NS RACE LE · texte numérisé non relu

SE PI PE TR PES ETES NS RACE LE

DÉNNEDER SE R MR er EE REC 21 ANAL ARTE 54e ee À Le PQ TR ER RON ER ee FAR EAST Et rte AU CE : Er ed VERTE PPDA E er = SR - Æ $ A -S

Le

ET we =

COMBATS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI or:

la patrie ; il s’agit de les protéger contre les pères de famille assez osés pour se plaindre de leurs provoca-

tions. On prendra pour cela (les mesures nécessaires ».

Elles tiennent en seul article : Quiconque aura retiré des mains de son enfant un livre de classe outrageant pour ses croyances, ou l’aura empêché d’assister à la

leçon du maître qui les insulte ; quiconque aura, par

un discours ou par un écrit, encouragé les parents à

- cette juste résistance, sera puni d'amende et de prison.

Ce sera le commencement : après cela, si les parents veulent tout de même prouver qu'ils avaient raison, ce n’est plus à l’instituteur qu'ils devront s’en prendre, c'està l'État, à l'État impersonnel, mystérieux et puissant anonyme, aussi irresponsable que les monarques les plus absolus. Un nouveau projet de loi offre aux pères de famille celte amère justice. Jamais la tyrannie pédagogique ne s'était aussi brutalement affirmée.

M. Doumergue avait cela dans les mains vendredi, pendant-qu'il blämait si chaudement l’instituteur de la Drôme. Celui-là conseille de fusiller les ministres : pas de pitié. Les autres insultent Dieu et l’armée : l'État les protège. C'est la revanche des Loges maçonniques.

L’exposé des motifs où le ministre essaye de justifier sa proposition est un réquisiloire contre les évêques et les curés, qui dénoncent aux familles les livres attentatoires à leur foi, contre les parents qui prétendent surveiller l’enseignement donné à leurs enfants. |

Eh ! bien, oui, en effet, il y a des évêques, il y a des curés qui ont rempli ce devoir essentiel de leur charge : il faut les en remercier très hautement. Bientôt, j’espère, l’épiscopat se lèvera tout entier contre l’odieuse violation des consciences enfantines.

Oui, aussi, il y a des associations de pères de famille,

constituées légalement, qui se sont donné pour mission de surveiller les livres et les lecons. IT faut les en féliciter publiquement. Bientôt, j'espère, la France en sera couverte.

Assez longtemps, nous avons subi la conspiration savamment organisée contre l’enfance. [Il est temps, plus que temps hélas ! que les pères de famille de Viévigne trouvent des imilateurs.

Car le mal est ancien, et les lecons d’athéisme, les discours antipatriotiques ne font qu’en révéler la plaie profonde. |

J’ose dire que le plus grand péril qui menace l'âme française n'est pas là. Bien plus grave, parce qu’elle frappe moins les regards, est l’entreprise, soigneusement dissimulée, qui se poursuit, depuis vingt-cinq ans, contre l’idée chrétienne, contre la tradition nationale, par le livre et la leçon, corrects en apparence, composés, en réalité, avec un soin perfide, de manière à fausser les esprits, au moyen d’omissions voulues et de faits dénaturés.

M. de La Guillonnière, conseiller général de Maineet-Loire, écrivain très distingué, vient de publier sur les « Livres scolaires » une remarquable brochure, dont j'ai l'intention de faire bientôt une analyse plus complète parce qu'elle soulève, au point de vue du devoir des catholiques et de l'avenir des écoles chréliennes, une question de la plus haute gravité. Îl y donne, à propos des ouvrages destinés aux écoles primaires, les détails les plus précis et les plus significatifs. Le manuel de M. Albert Bayet, répandu à

plus de soixante mille exemplaires, y est en particulier l’objet d'une étude très documentée. « Nous savons, scientifiquement, dit ce manuel, que les hommes meurent, mais nous ne savons pas, scientifiquement, ce qu'ils deviennent après leur mort... Nous ne savons pas, scientifiquement, s’il existe un Dieu, ou si, au contraire, il n’en existe pas. »

C'est le modèle du genre : on pourrait multiplier les exemples. Sous prétexte d’écarter tout ce qui n’est pas scientifiquement démontré, on apprend aux enfants à mettre en doute l'existence de Dieu. |

M. Doumergue, dans son exposé des motifs, dit : « La neutralité scolaire n’est ici qu'un prétexte ! » Nous allons voir.

En 1882, au lendemain de la promulgation de fa loi scolaire, une circulaire ministérielle en donnait ce commentaire : « L’instituteur apprend aux enfants à ne pas prononcer légèrement le nom de Dieu. IT associe

étroitement dans leur esprit, à l’idée de la Cause pre-

mière et de l'Être parfait, un sentiment de respect et de vénération et il habitue chacun d’eux à environner du même respect cette notion de Dieu. »

Voilà ce qu’on nous a promis. Aujourd'hui, « Dieu est un porte-monnaie bien garni ».

On est arrivé au blasphème par une marche habile el progressive. D'abord l’expurgation des livres classiques, tour à tour odieuse et ridicule: puis Îles manuels : les premiers à peu près respectueux de la neutralité, et bientôt mis de côté, les autres, ouvertement hostiles au catholicisme, franchement antichré-

tiens, approuvés, répandus dans toutes les écoles ; enfin, la mise au point des livres scolaires. J'ai cité, ici même, la déformation du Tour de France, Dieu partout effacé, les monuments religieux supprimés, les souvenirs sacrés de notre histoire abolis. Un père de famille m'’écrit à ce propos : « Je n’y croyais pas, j'ai pu me procurer la première édition et la dernière, et je suis écœuré et indigné de ce que j'ai constaté. »

Voilà la conspiration ! Peu à peu, sans bruit, avec ces livres transformés, avec ces manuels dont une abominable imagerie commente les textes perfides, on façconne des cerveaux d’enfants ignorants de Dieu et de la France chrétienne. M. Doumergue appelle cela «des ouvrages simplement empreints de large libéralisme et de tolérance éclairée. »

Mon correspondant comprendra, maintenant, j'espère, que malgré la belle indignation du ministre contre l'instituteur de la Drôme, j'aie refusé d’approuver ses déclarations.

Page 1