‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 3)Chapitre 26 sur 97 · V. — PÉRISSENT LES COLONIES · texte numérisé non relu

V. — PÉRISSENT LES COLONIES

Il y a huit jours les journaux annoncçaient que la

population de l’île Saint-Pierre, l’une de celles qui forment près de Terre-Neuve notre petit archipel de

Saint-Pierre et Miquelon, exaspérée par la fermeture de l’école libre et la condamnation de ses directeurs, s'élait portée en foule devant la maison du gouverneur, en poussant des cris de colère et en arborant le drapeau américain.

La nouvelle, répandue dans les couloirs de la Chambre, y jeta quelque émotion. Des demandes d’interpellation furent déposées : le gouvernement demanda

que la discussion en füt ajournée jusqu'à ce qu’il eût

reçu les informations nécessaires.

En attendant, j'apporte les miennes, que j'ai immédiatement puisées aux sources les plus sûres ; cette

histoire du drapeau américain m'avait, en effet, paru

douloureusement stupéfiante. J’ai voulu savoir, et ce que j'ai appris m'a indigné, non pas contre les pauvres gens de là-bas, mais contre la manière dont on les traite ici.

Au premier bruit de l'affaire, les radicaux ont crié à l’antipatriotisme ; on assure même qu’au ministère des colonies on a osé répéter cette outrageante accusation. Nous allons voir où est le patriotisme.

Page 1