I. — L'INTERPELLATION SUR LE MAROC t
« Quand on est en présence de populations semibarbares, et de gouvernements irréguliers et impuissants, 1l faut savoir prendre son parti de certains maux inévitables. »
C’est en ces termes que M. Guizot écrivait, le 23 avril 1846, au maréchal Bugeaud, irrité de voir le Maroc demeurer le foyer toujours allumé des insurrections algériennes, et offrir à l'insaisissable Abd-el- Kader une retraite que le traité de 1845 rendait inviolable. Ces paroles pourraient servir de préface aux interpellations annoncées pour demain.
Je voudrais qu'avant de rouvrir la discussion sur les affaires marocaines, on fit aux députés une petite lecture d'histoire. Il y a soixante ans que la question est posée exactement dans les mêmes termes qu'aujourd'hui. |
La victoire de l'Isly était demeurée presque stérile. Le roi Louis-Philippe était pressé de sortir « du guêpier