‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 3)Chapitre 39 sur 97 · II. — LE DISCOURS DE M. DELCASSÉ · texte numérisé non relu

II. — LE DISCOURS DE M. DELCASSÉ

J’ai applaudi vendredi ! le discours, très éloquent, de M. Delcassé et je l’ai félicité lorsqu'il est descendu de la tribune. Je dirai tout à l'heure pourquoi. Auparavant je voudrais, en deux mots, faire sur ce discours dont l’écho va se prolonger tout à l'heure à la Chambre, quelques réserves que je crois nécessaires. M. Delcassé ne s’est pas borné à l’exposé de la question marocaine, il l’a rattachée à la politique générale; et elle est devenue sous sa main, le piédestal du monument que, cédant à la naturelle tentation d’une revanche longtemps attendue, il a voulu dresser à la gloire de sa diplomatie.

La Chambre a salué ce panégyrique d’une surprenante ovation. «Puisque vous l’applaudissez si fort, pourquoi l’avez-vous abandonné ? » a crié M. Jaurès, et l’apostrophe a semblé foudroyante.

On aurait pu la retourner à M. Jaurès lui-même, et lui dire : « Puisque vous ne l’applaudissez pas, pourquoi approuviez-vous sa politique? » : la réplique eût sans doute appelé quelque gène sur le visage de messieurs les ministres, passablement troublé depuis un moment par l’intempestive harangue de M. Delcassé.

Car enfin toute cette politique extérieure, qui, depuis dix ans, a lancé notre pays dans des voies nouvelles,

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