janvier
en l'éloignant peu à peu de l’allié, la veille acclamé, est-ce que les socialistes ne l’ont pas saluée comme un affranchissement ? Est-ce que ce rêve des alliances occidentales, revenant, après un demi-siècle, nous hanter comme Île destin, ne berce pas encore leur sommeil pacifiste ? Et quelle est donc, à l’heure présente, la poli-" tique de M. Clémenceau ? Que dira ce soir M. Pichon, de sa propre diplomatie, quand il voudra répondre à son prédécesseur, sinon ce qu'il a dit lui-même? Pourquoi M. Jaurès, pourquoi M. Clémenceau n'applaudissaient-ils pas, hier, leur éloquent précurseur?
C'est sur cette politique commune à M. Clémenceau età M. Delcassé que je tiens à m'expliquer. Je le ferai discrètement, car il est difficile, quand on n’est pas dans le secret des affaires, de parler avec certitude des opérations diplomatiques. |
Lorsque la politique française, brusquement déplacée de son axe, fut, en passant par Fachoda, conduite jusqu à Londres, les actes successifs qui l’engagèrent furent entourés d’un mystère dont l'obscurité commence à peine à s’éclairer. Nul ne savait, très peu savent encore aujourd'hui quelles illusions ou quelles certitudes bordaient ces chemins cachés, quels mirages ou quelles visions précises en formaient l'horizon. Le doute subsiste, dans la brume où nous marchons, sur les projets que nous valut cet accord imprévu.
J'écrivais jeudi que ie contrat fut inégal. Nous avons payé comptant en Égypte et à Terre-Neuve, ici au prix d’une glorieuse ettoujours vivante tradition, là au prix