IUT. — EXPLICATIONS ET RESPONSABILITÉS
Depuis que la défaite d’Abd-el-Aziz est venue com-
pliquer encore l'affaire marocaine, j'ai reçu d'excellents
amis, des lettres émues, où ils me disent, sous des formes diverses, tous à peu près la même chose « Eh! bien, voilà où nous a menés celte entreprise que vous avez soutenue de vos votes et de votre plume, Qu'est-ce que vous dites aujourd’hui ? »
Tout simplement, je dis aujourd’hui ce que je disais hier : rien n'était plus légitime, plus nécessaire que notre intervention au Maroc ; rien n'était plus dangereux que de l’engager comme on l'a fait.
Dès le premier coup de canon de Casablanca, j'ai écrit cela ici même, en demandant qu'on donnât au général Drude les moyens et la liberté de frapper un coup décisif. C'était déjà une faute, peut-être imposée par les circonstances, de prendre la question marocaine du côté de l'Atlantique ; au moins fallait-il agir vite et fort, et porter aussitôt toute l’action sur la frontière algérienne. On n'a fait ni l’un ni l’autre : de là tout le mal,
Une autre cause, plus profonde, que j'ai dite aussi, l’a aggravé ; c'est celle qui pèse sur toute notre poli-
tique ; c’est la peur des interpellations et la crainte des
complications extérieures.