‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 3)Chapitre 46 sur 97 · IV. — LA PEUR DE M. JAURES · texte numérisé non relu

IV. — LA PEUR DE M. JAURES

Ilne se peut rien imaginer de plus triste que la séance de lundi dernier, où fut achevée, à la Chambre, par un vote de confiance dans le gouvernement, l’interpellation sur le Maroc. IL est vrai, Denys Cochin prononça un discours admirable de raison, de verve et d'esprit français. Avant lui, dans la précédente séance, Jules Delafosse, avec son ordinaire clairvoyance, avait, une fois de plus, parlé la langue du sens commun patriotique. Ce fut, dans cette tristesse, une consolation de les applaudir.

Mais, avant Cochin, M. Jaurès avait parlé, et comment rendre l’impression d’'horrible malaise qui remplissait la salle pendant que tombait la tumultueuse avalanche ? |

La paix, « la paix certaine, définitive et profonde ! » L'étourdissante harangue tient tout entière dans ces quatre mots, jetés, comme un appât, aux crédules aspirations de l’âme populaire. Mots funestes, dont il ne reste dans les cœurs, quand la brutalité des faits en a dissipé l’aveuglante poussière, que le germe des irrémédiables défaillances.

Les «surgissements d'énergie » que M. Jaurès nous promet, pour le jour des injustes agressions, ne s'en-

Page 1