‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 3)Chapitre 62 sur 97 · I. — RIEN N'Y FAIT · texte numérisé non relu

I. — RIEN N'Y FAIT

Il y a trois semaines, tous, sans distinction d'opinions et de croyances, quelles que fussent les blessures de nos âmes, les ressentiments de la veille, les inquiétudes du lendemain, nous n'avons pas hésité à nous grouper, à l'heure du péril, comme il y a trente-huit ans, derrière ceux qui tenaient le drapeau de la France.

Un momentil sembla que quelque chose était changé dans notre pays, que l'orage passager avait assaini l'atmosphère, et qu’un air plus pur, chassant les souvenirs amers, apportait avec lui des promesses de concorde et d'union. On crut qu’en face de l’Europe pleine de bruits menaçants, personne n'oserait plus troubler l'harmonie sainte des cœurs patriotes.

L'affaire de Laon a renversé ces fragiles espoirs. Cinq officiers en pleine aclivité, un colonel, deux lieutenants-colonels, un chef de bataillon et un capitaine, ont été durement frappés, arrachés à leur troupe, éloignés de la frontière. Quel crime a pu motiver un si rude châtiment ? Il faut ici être très précis. Les faits sont plus éloquents que les paroles.

Tous les dimanches, à onze heures, il y a, à Laon,

une messe à la cathédrale ; ces cinq officiers ont cou-

lume d'y assister. Dans l'intention de les justifier, quelques journaux ont observé qu'ils y allaient en

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