‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 3)Chapitre 64 sur 97 · IV. — FRANCE TOTALE · texte numérisé non relu

IV. — FRANCE TOTALE

La semaine dernière, à la Chambre, dans la séance où fut discutée la révocation de l’amiral Germinet, M. Clemenceau prononça des paroles qui ne doivent pas tomber dans l'oubli : « Au lendemain de nos désastres, dit-il, j'attendais, moi, bien Jeune encore, quelque chose comme une immense réaction d'énergie nationale, qui nous aurait aidés à refaire la France totale... La lutte des partis nous à divisés: nous n'avons pas pu nous réunir dans ce grand effort de relèvement national que j'avais rêvé... » Regrets tardifs et remords douloureux, accusations inquiètes et reproches amers, tout sans doute, en l'esprit de celui qui les laissait échapper, se heurtait confusément dans ces paroles imprévues. Les hommes de mon âge n'ont pu les entendre sans frémir au plus intime de leur cœur. Ah ! les grands espoirs, les élans généreux de notre jeunesse, qui donc les a brisés ? Le rêve auguste de la France totale, qui donc l’a laissé s’évanouir ?

« La lutte des partis nous a divisés ! » dit M. Clemenceau. Oui, ilest vrai: c’est la fatalité de notre histoire. Mais, si profondes que fussent entre nous les divisions politiques, elles étaient impuissantes, alors comme aujourd’hui, à rompre le faisceau patriotique, formé sur les champs de bataille ; il suffisait des

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