‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 3)Chapitre 79 sur 97 · IX. — EXCURSION SOCIALE · texte numérisé non relu

IX. — EXCURSION SOCIALE

C’est une commune doléance, chez les conservateurs, de dire que le péuple n’a plus de religion; je voudrais, là-dessus, leur suggérer quelques réflexions, que je rapporte de mes excursions sociales dans les faubourgs et la banlieue de Paris. |

L'autre dimanche, je suis allé me promener à Ivry, la ville suburbaine où mon collègue Coutant règne, gouverne et baptise. En sortant de Paris, tout de suite, je me suis trouvé à cent lieues du boulevard, dans un pays étrange : un enchevêtrement de baraques et de cabanes, en bois ou en plâtre, couvertes en car-

ton bitumé, serrées, sur des rangs et des rangs de pro-

fondeur, à droite et à gauche de la route, pendant deux kilomètres au moins. C’est la « zone » qui commence

au talus de la fortification.

Toute une population vit là, entassée. Qui lui parle de Dieu ? Le curé demeure très loin, dans [vry-Centre, car cette ville de 35.000 habitants est partagée en trois régions, dont chacune est elle-même une ville. Matériellement, ni le curé ni ses vicaires ne peuvent s’occuper de la « zone ». Le temps manque, la distance empêche.

Ce peuple n’a pas de prêtre, pas d'église, pas de chapelle. L'église d’Ivry, toute petite, reste charmant

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